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Élections au Maroc : la chasse aux fake news est ouverte

Législatives du 23 septembre : le Maroc criminalise désormais la diffusion de « fake news » pour protéger l'intégrité de son scrutin national. L'article 51-bis introduit des sanctions sévères contre la manipulation de l'opinion et la diffamation numérique. Protéger la réputation des candidats sans altérer la liberté d'expression est le double engagement de cette nouvelle avancée législative.


À l’approche des élections législatives du 23 septembre prochain au Maroc, le système électoral intègre de nouvelles règles strictes pour contrer la désinformation numérique. L’introduction de l’article 51-bis criminalise désormais la diffusion de fausses informations et l’usage détourné des nouvelles technologies afin de protéger la transparence du scrutin ainsi que la vie privée des candidats et des électeurs.

 

Un arsenal juridique contre la manipulation numérique

Le Maroc s’apprête à renouveler l’intégralité des 395 sièges de la Chambre des Représentants lors du scrutin national prévu le 23 septembre 2026. Les autorités ont introduit de nouvelles dispositions juridiques au sein du système électoral afin de lutter contre la propagation des fausses informations. Ce nouveau cadre légal vise à réglementer l’usage des technologies de l’information et de la communication durant la période électorale. La loi cible la diffusion d’allégations mensongères, de rumeurs, de faits inexacts ou de documents falsifiés. Ces mesures interdisent également la diffusion de propos ou d’images d’une personne sans son consentement préalable. L’objectif est de protéger le processus démocratique contre les risques de manipulation et de diffamation à l’ère de l’intelligence artificielle.

 

Des peines de prison et de lourdes amendes

La nouvelle législation prévoit des peines sévères pour dissuader les contrevenants. D’après l’article 51-bis, introduit par la loi organique 53.25 modifiant la loi organique 27.11 relative à la Chambre des Représentants, les sanctions pénales sont graduées selon la gravité des actes commis. Les auteurs de désinformation risquent une peine d’emprisonnement allant de deux à cinq ans. Cette sanction s’accompagne d’une amende financière fixée entre 50 000 et 100 000 dirhams. Les autorités justifient cette sévérité par la nécessité de préserver la confiance des citoyens dans la transparence des élections. L’introduction de ces peines s’inscrit en conformité avec les normes internationales relatives aux droits humains en matière de lutte contre la diffamation numérique.

 

Un équilibre entre régulation et liberté d’expression

Cette réforme cherche à concilier l’intégrité du scrutin et le respect des libertés fondamentales. Les nouvelles dispositions s’appliquent sans porter atteinte à la liberté d’opinion et d’expression garantie par la Constitution marocaine. Pour caractériser l’infraction, la loi exige explicitement la présence d’une intention délibérée de nuire ou d’influencer illicitement le vote. Le texte exclut de fait les situations où l’intention malveillante n’est pas formellement établie. Ce mécanisme garantit le respect de la légalité pénale et du principe de proportionnalité, conformément aux standards internationaux et à la jurisprudence constitutionnelle.


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