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Édifices menaçant ruine: Une mise à niveau à Settat

Rachid AOMARI


Forte du succès de ses efforts en matière d’éradication de l’habitat anarchique et sa déclaration en 2017 « Ville sans bidonvilles » dans le sillage du programme national dédié, la ville de Settat s’apprête à franchir un nouveau pallier dans la mise à niveau de son espace urbain à travers une solution radicale au problème des édifices menaçant ruine.

L’état des lieux établi par la commission chargée du recensement de ces bâtiments indique que le chef-lieu de la province éponyme compte plus de 300 constructions de ce genre, dont la menace d’effondrement a sensiblement augmenté tout particulièrement après les dernières pluies qui ont contribué en grande partie à fissurer les murs et les toits de la plus grande partie de ces édifices.

Les autorités provinciales visent, à travers l’opération de démolition de ces bâtisses, à préserver la vie et la sécurité des résidents et à assurer la cohésion du tissu urbain et l’esthétique du paysage urbain de la capitale de la Chaouia.

A ce propos, le chef de la division de l’urbanisme et de l’environnement à la province de Settat, Nabil Al-Aouamla, a souligné que ces bâtiments qui servent d’habitation ou de commerce sont devenus un danger, ce qui nécessite une mobilisation globale pour s’en débarrasser, conformément aux dispositions de la loi N° 94.12 publiée en 2016 et du décret pris pour l’application de ladite loi en 2017.

Dans une déclaration à la MAP, M Al-Aouamla a indiqué que l’accord signé entre le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, et la commune de Settat s’est fixé comme objectif de remédier à la situation, en apportant une assistance technique et matérielle aux exploitants de ces bâtiments, dont 54 ont été démolis jusqu’à présent, ajoutant que ce nombre atteindra la semaine prochaine environ 80 unités.

Concernant les conditions requises pour bénéficier de ce soutien, en harmonie avec les clauses de l’accord tripartite, il a noté qu’il incombe aux résidents de ces habitations délabrées, propriétaires ou locataires, d’en informer les autorités compétentes pour permettre au président du conseil communal de donner les ordres d’évacuation et de démolition, sur la base d’un diagnostic et de l’inspection effectués par le bureau d’études chargé de déterminer l’état du bâtiment et la nature de l’intervention (restauration ou démolition/reconstruction).

Pour chaque bâtiment qui fait l’objet d’un contrat, un montant de 10.000 dirhams sera versé et consacré à l’accompagnement technique des bénéficiaires du programme des bâtiments menaçant ruine, en mettant à profit les services de l’architecte et d’autres professionnels afin de soumettre des demandes de permis de construction ou de restauration, a-t-il poursuivi.

Il a également indiqué qu’une contribution financière de 40.000 dirhams est remise à chaque bénéficiaire en deux tranches, dont 20.000 à la réception du permis de construction auprès du conseil communal de Settat via la plateforme électronique de gestion des permis de construction « rokhas.ma », et la deuxième tranche durant l’opération de construction.

Dans ce cadre, M. Al-Aouamla a formulé le souhait que cet ambitieux programme, pour lequel une enveloppe financière importante a été allouée compte tenu du nombre des bâtiments concernés, soit élargi au reste des villes de la province, comme Ben Ahmed, El Brouj et Loulad, qui comptent des bâtiments menaçant ruine avec la même intensité que le périmètre territorial de la municipalité de Settat qui a été classé en 1965 comme un patrimoine historique à préserver.

Pour sa part, le directeur provincial de l’habitat et la politique de la ville à Settat, Chems Eddine Naciri, a appelé à la conjugaison des efforts en vue d’accélérer l’éradication de ces bâtiments, qui représentent environ 2 pc du total des unités de logement au niveau de la province, dont le nombre s’élève à 22.000.

Compte tenu des spécificités de cette ville ancienne, M. Naciri a fait état de plusieurs contraintes liées notamment au manque de titres de propriété de ces bâtiments et à leur construction sur des terrains appartenant à autrui, ce qui nécessite, estime-t-il, le renforcement de la coopération de la part de tous afin de surmonter cette problématique.

Il a, en outre, indiqué qu’il existe plusieurs obstacles et des difficultés qui peuvent être transcendés pour mener à bien ce projet de développement, grâce aux termes de l’accord en vigueur et aussi à la contribution des parties prenantes, notamment les collectivités locales et le conseil communal de Settat, outre le ministère de l’aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville.

De son côté, Mme Tamou Missou, une bénéficiaire du programme des bâtiments menaçant ruine, a salué l’interaction des autorités locales juste après avoir pris connaissance de l’état détérioré de son habitation héritée de sa famille et dont la construction remonte à plus de 80 ans.

Elle a indiqué que les dernières pluies torrentielles ont fissuré les murs et le toit de sa maison, ce qui a contraint les autorités locales à lancer l’opération de démolition en application du rapport d’inspection, révélant qu’elle entreprend actuellement les procédures nécessaires pour la reconstruction selon les normes urbaines fixées par les autorités compétentes.

Selon la réglementation en vigueur, essentiellement les disposition de lla loi 94.12, le fait de ne pas signaler l’existence d’une habitation menaçant ruine peut exposer son propriétaire à une responsabilité juridique, des sanctions financières pouvant aller jusqu’à 50.000 dirhams et, potentiellement, une peine de prison d’un à trois mois.

Quoi qu’il en soit, les propriétaires et résidents de ces bâtiments dans la ville de Settat font, décidément, preuve d’un esprit de responsabilité et de citoyenneté en s’engageant dans cette initiative, pour ne pas avoir à déplorer des pertes humaines, jugules les risques qui en découlent et préserver l’intérêt supérieur de la la collectivité.


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