[ after header ] [ Mobile ]

[ after header ] [ Mobile ]

Économie Créative : Avec 2,7 % du PIB, le Maroc Franchit un Cap Historique et Vise le Double d’ici 2030

Au FOMICC de Rabat, les acteurs culturels célèbrent un chiffre d'affaires sectoriel de 50 milliards de dirhams et dévoilent la feuille de route pour atteindre les 5 % à l'aube du Mondial 2030

LA VÉRITÉ


L’industrie culturelle marocaine vient officiellement de changer de dimension. C’est le constat majeur dressé lors de l’ouverture de la troisième édition du Forum Marocain des Industries Culturelles et Créatives (FOMICC), qui se tient actuellement au nouvel Institut National de Musique et des Arts Chorégraphiques de Rabat. Les données révélées par la Fondation Hiba et ses partenaires attestent que le secteur pèse désormais près de 50 milliards de dirhams, franchissant ainsi le seuil symbolique des 2,5 % pour s’établir à environ 2,7 % du Produit Intérieur Brut (PIB). Cette performance chiffrée sort définitivement la culture de la sphère du simple divertissement pour la positionner comme un pilier robuste de l’économie nationale.

Une Ambition Chiffrée : Cap sur les 5 %

Si le franchissement de ce palier est salué comme une victoire d’étape, il sert surtout de tremplin à une ambition beaucoup plus vaste. Les travaux du forum ont permis de tracer une trajectoire audacieuse : porter la contribution des Industries Culturelles et Créatives (ICC) à 5 % du PIB à l’horizon 2030. Cet objectif de doublement de la valeur ajoutée ne relève pas de l’incantation, mais d’une nécessité stratégique alors que le Royaume s’apprête à accueillir des événements planétaires tels que la CAN 2025 et la Coupe du Monde 2030. Ces échéances sont perçues par les experts présents comme des accélérateurs de croissance, capables de transformer la créativité marocaine en retombées financières tangibles et en emplois durables.

Le Financement comme Levier de Croissance

Pour passer de 2,7 % à 5 %, le modèle économique du secteur doit cependant opérer sa mue. Les débats ont mis en lumière les limites actuelles, caractérisées par une insuffisance des fonds publics et une frilosité bancaire face aux risques inhérents à la création. Pour combler ce fossé, le FOMICC propose une diversification radicale des sources de capitaux. L’accent est mis sur l’investissement à impact, l’intervention des « business angels » et le développement du crowdfunding. La structuration de montages public-privé plus agiles apparaît également comme une condition sine qua non pour soutenir les entreprises culturelles et leur permettre de changer d’échelle.

L’Export et le Numérique, Moteurs de Valeur Ajoutée

L’atteinte de ces objectifs macroéconomiques repose aussi sur la capacité du Maroc à exporter son « soft power ». La stratégie discutée à Rabat vise à intégrer le « Brand Morocco » dans les chaînes de valeur mondiales, notamment à travers la mode, le cinéma et le design. Parallèlement, le gisement de croissance le plus prometteur réside dans les nouveaux territoires numériques. Le jeu vidéo, l’animation et les arts digitaux, bien qu’encore jeunes, sont identifiés comme les vecteurs les plus puissants pour générer de la valeur ajoutée rapide et capter une audience internationale, contribuant ainsi directement à l’augmentation du PIB sectoriel.

En définitive, cette édition du FOMICC marque la fin de l’ère de l’informel et de l’artisanal pur. En affichant un poids économique de 50 milliards de dirhams, les industries créatives marocaines revendiquent leur place centrale dans le développement du Royaume, prêtes à relever le défi des 5 % pour devenir un levier d’influence et de prospérité à l’horizon 2030.


À lire aussi
commentaires
Loading...
[ Footer Ads ] [ Desktop ]

[ Footer Ads ] [ Desktop ]