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École marocaine: Réforme du système éducatif et régionalisation avancée

LA VÉRITÉ / MAP


La régionalisation avancée, véritable chantier stratégique, est au cœur des préoccupations de toutes les politiques publiques nationales. Son ambition première consiste à stimuler le développement équitable et équilibré de tous les territoires, à promouvoir le développement social et à garantir la décentralisation et le transfert de compétences.

En effet, l’article 140 de la Constitution du Royaume stipule que « Sur la base du principe de subsidiarité, les collectivités territoriales ont des compétences propres, des compétences partagées avec l’État et celles qui leur sont transférables par ce dernier. Les régions et les autres collectivités territoriales disposent, dans leurs domaines de compétence respectifs et dans leur ressort territorial, d’un pouvoir réglementaire pour l’exercice de leurs attributions ».

Ainsi, la régionalisation avancée apportera sans nul doute une contribution déterminante au développement économique et social du Maroc et stimulera la mise en place de la réforme du système éducatif, qui constitue la clé de voûte du développement de l’école marocaine.

Le ministère de l’éducation nationale, du préscolaire et des sports affirme que la réforme de l’éducation et de la formation place l’apprenant, en général, et l’enfant, en particulier, au centre de la réflexion et de l’action pédagogiques.

Dans cette perspective, l’école se doit d’offrir aux élèves du Maroc les conditions nécessaires à leur éveil et à leur épanouissement, qu’importe leur village, ville, commune ou région.

A ce sujet, le conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a mis en avant, dans sa nouvelle vision stratégique de la réforme du système éducatif 2015-2030, les acquis réalisés par l’école marocaine, notamment la mise en place des structures institutionnelles pour une gouvernance décentralisée, ayant abouti à une autonomie relative des universités et au développement des académies régionales.

Dans ce sens, le conseil souligne la nécessité de garantir une égalité des chances en matière d’apprentissage entre les différentes catégories de populations cibles et dans toutes les régions et les institutions éducatives, tout en prenant en compte les spécificités des différentes régions du Royaume.

S’agissant de l’enseignement supérieur, le CSEFRS a relevé l’importance d’ouvrir des filières d’études en arabe, en français, en anglais et en espagnol dans le cadre de l’autonomie des universités, en tenant compte des besoins en formation et recherche et des besoins liés à la régionalisation.

Approché par la MAP, le chercheur en sciences politiques à l’université Moulay Ismail de Meknès Abdelmalek Ihazrir a relevé que la régionalisation avancée illustre l’importance de la notion de territoire dans la stratégie de développement, à l’heure où le concept de « centralité » s’estompe.

L’idée serait que le pouvoir local puisse disposer d’une marge de manœuvre suffisamment large, afin de prendre les décisions favorables au développement de la région tout en prenant en compte leurs spécificités.

S’agissant du système éducatif, il s’agit de « mettre en place une nouvelle architecture scolaire, adaptée au nouveau mode d’apprentissage territorialisé », a-t-il relevé, poursuivant que la mise en réseau des établissements scolaires en fonction des spécificités régionales et locales est également de mise.

La région constitue donc « un siège de développement des talents » grâce à la combinaison harmonieuse des efforts des partenaires de proximité, a-t-il déclaré.

Ainsi, la régionalisation avancée et le renforcement du système éducatif marocain constituent la pierre angulaire du rapport de la commission spéciale sur le modèle de développement. En effet, la Commission appelle à accélérer le processus de régionalisation avancée avec une déconcentration effective et une levée des réticences qui la retardent. La déconcentration doit être synonyme de subsidiarité, de modularité, d’interministérialité, de proximité et d’animation mobilisatrice des énergies dans les territoires.

S’agissant de l’enseignement, il est essentiel de doter les académies régionales d’éducation et de formation de véritables pouvoirs de décision et d’une réelle autonomie dans le cadre d’une déconcentration affirmée, à même de leur assurer un meilleur ancrage dans leur territoire d’intervention et une prise en compte des spécificités locales dans les politiques d’enseignement, peut-on lire dans le rapport.

L’aboutissement de la régionalisation avancée nécessitera une consolidation des ressources financières des collectivités territoriales, leur diversification, et leur mutualisation au niveau intercommunal ainsi qu’un renforcement de leurs ressources humaines.

A rappeler que l’examen des moyens favorisant l’accélération de la mise en œuvre du chantier royal de la régionalisation avancée fut au centre d’une réunion récemment tenue à Rabat.

Cette réunion, tenue en présence des représentants des départements ministériels qui ont signé le Cadre d’orientation pour la mise en oeuvre de l’exercice des compétences des régions, ainsi que des présidents et Walis des régions, a été l’occasion de faire le point sur différentes questions prioritaires et participatives devant favoriser la mise en oeuvre efficiente de ce chantier royal.

A cette occasion, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Chakib Benmoussa, a fait un exposé autour de la vision stratégique du système de l’éducation nationale.


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