Échec du Putsch à Cotonou : Le Bénin Rétablit l’Ordre Constitutionnel après une Matinée sous Tension
Une mutinerie éclair à la télévision nationale a été rapidement neutralisée par la Garde républicaine, alors que le pays approche d’une transition politique délicate
LA VÉRITÉ
Le Bénin a connu un réveil brutal ce dimanche matin, marqué par un frisson d’inquiétude qui a traversé la capitale économique, Cotonou. Les autorités béninoises ont toutefois annoncé avoir rétabli le calme et le contrôle total de la situation après une tentative de coup d’État. Un groupe de militaires mutins a brièvement occupé les locaux de la Radiodiffusion Télévision du Bénin (RTB), interrompant les programmes habituels pour proclamer la destitution du président Patrice Talon. La réaction des forces loyalistes a été immédiate, et l’entourage du chef de l’État a rapidement confirmé que ce dernier se trouvait en lieu sûr, mettant fin aux rumeurs les plus alarmistes.
Une Réponse Ferme des Institutions
Peu de temps après l’incident, le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, est intervenu via une allocution télévisée pour rassurer la nation. Il a précisé que les Forces armées béninoises avaient contenu la rébellion et sécurisé l’ensemble des institutions républicaines. Dans un message de fermeté, il a appelé la population à reprendre ses activités en toute normalité, insistant sur la capacité de l’État à faire face à toute tentative de déstabilisation. Selon les informations relayées par la presse locale, ce sont les unités d’élite de la Garde républicaine qui ont mené l’opération de neutralisation à la RTB et dans les zones stratégiques, bien que certains responsables de l’opération armée auraient réussi à prendre la fuite, laissant planer une part d’ombre sur les ramifications de ce complot.

Vigilance Diplomatique et Sécuritaire
L’événement a immédiatement suscité des réactions prudentes au sein de la communauté internationale présente à Cotonou. L’ambassade de France a signalé des tirs entendus dans le périmètre du Camp Guezo, une zone militaire sensible située à proximité de la résidence présidentielle, recommandant à ses ressortissants la plus grande prudence et le confinement temporaire. De son côté, l’ambassade des États-Unis a déclaré suivre la situation de très près. Malgré ces tensions palpables, aucun affrontement grave ni bilan humain lourd n’ont été confirmés par les autorités béninoises à ce stade.
Un Contexte Politique en Ébullition
Cette tentative de déstabilisation intervient à un moment charnière pour le Bénin, à quelques mois seulement de la fin du second mandat de Patrice Talon, prévue pour avril 2026. La Constitution interdit au président sortant de se représenter, ouvrant la voie à une transition de pouvoir. Si le bilan économique de Talon est salué par de nombreux partenaires internationaux pour ses réformes structurelles, il contraste vivement avec les critiques de l’opposition et de la société civile. Ces derniers accusent le pouvoir d’avoir affaibli la vitalité démocratique du pays, notamment par l’exclusion du principal parti d’opposition des prochaines échéances électorales, ce qui a considérablement intensifié les tensions politiques ces derniers mois.
La rapide normalisation de la situation ce dimanche met en lumière la solidité apparente des institutions béninoises, une exception notable dans une région ouest-africaine marquée récemment par plusieurs ruptures de l’ordre constitutionnel. Toutefois, cet épisode, aussi bref soit-il, agit comme un avertissement sur la fragilité latente du climat politique béninois à l’approche d’une échéance présidentielle historique.
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