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Du potentiel à l’action : le Maroc concrétise son ambition hydrogène vert

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans le déploiement de l’hydrogène vert. Selon les déclarations de la ministre de la Transition énergétique, Leïla Benali, six regroupements d’investisseurs ont été retenus pour développer sept projets structurants dans les provinces du Sud, ouvrant la voie à une phase industrielle concrète.

LA VÉRITÉ


Le Maroc franchit une nouvelle étape décisive dans la structuration de sa filière de l’hydrogène vert. Après plusieurs années d’annonces, d’études et de positionnement stratégique, le Royaume entre désormais dans une phase concrète avec la sélection de six regroupements d’investisseurs chargés de développer sept projets d’envergure dans les provinces du Sud. Une avancée qui marque le passage d’une ambition affichée à une dynamique industrielle réelle.

L’annonce a été faite par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leïla Benali, confirmant que ces projets s’inscrivent dans le cadre de « l’Offre Maroc » dédiée à l’hydrogène vert. Les provinces du Sud, dotées d’un potentiel exceptionnel en énergie solaire et éolienne, constituent le socle géographique de cette nouvelle industrie appelée à jouer un rôle central dans la transition énergétique mondiale.

À terme, ces projets devraient mobiliser près de 20 gigawatts de capacités en énergies renouvelables, destinées à alimenter la production d’hydrogène vert et de ses dérivés, notamment l’ammoniac vert et les carburants industriels. La production visée dépasserait 800.000 tonnes, principalement orientées vers les usages industriels et l’export, positionnant le Maroc comme un futur hub énergétique à l’échelle euro-africaine.

Plus qu’un simple programme énergétique, cette dynamique traduit une vision stratégique de long terme. L’hydrogène vert est perçu comme un levier de souveraineté énergétique, mais aussi comme un moteur de développement industriel, de création d’emplois qualifiés et de montée en valeur des territoires du Sud. L’enjeu est autant économique que géopolitique, dans un contexte international marqué par la recherche de solutions bas carbone et la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.

Sur le plan opérationnel, l’État a mis en place une architecture institutionnelle dédiée afin d’accompagner les investisseurs. Un comité de pilotage et un comité d’investissement assurent la coordination globale, tandis qu’une commission technique spécialisée travaille sur les aspects fonciers, énergétiques et logistiques. MASEN joue un rôle central dans ce dispositif, en tant que point d’entrée et d’accompagnement des porteurs de projets.

Certains projets ont déjà franchi des étapes importantes. La phase préparatoire du premier projet est achevée, ouvrant la voie à des études techniques avancées. Parallèlement, des acteurs nationaux de premier plan s’engagent. Le groupe OCP, par exemple, développe un ambitieux programme de production d’ammoniac vert, avec un objectif d’un million de tonnes dans un premier temps, et une montée en puissance progressive à l’horizon 2032. D’autres consortiums, associant opérateurs marocains et partenaires internationaux, se positionnent sur la production de carburants industriels et de molécules vertes destinées aux marchés mondiaux.

Cette accélération intervient à un moment charnière. Alors que de nombreux pays multiplient les annonces sans toujours parvenir à concrétiser, le Maroc avance avec méthode, en combinant clarté stratégique, cadre institutionnel structuré et attractivité pour les investisseurs. La réussite de cette filière dépendra désormais de la capacité à respecter les calendriers, à sécuriser les infrastructures et à maintenir une gouvernance efficace.

Avec ces sept projets dans le Sud, l’hydrogène vert n’est plus une promesse lointaine, mais un pilier émergent de son modèle énergétique et industriel.


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