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Du dossier ukrainien à la Somalie, la cohérence diplomatique du Maroc

Par Yassine Andaloussi


La position exprimée par le Maroc à propos de la Somalie s’inscrit dans une continuité diplomatique parfaitement assumée et lisible. En réaffirmant son attachement à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie et en rejetant toute reconnaissance du Somaliland, le Royaume ne fait pas un choix conjoncturel mais confirme une ligne de conduite fondée sur des principes constants. Cette posture n’est ni circonstancielle ni opportuniste. Elle reflète une vision structurée des relations internationales dans laquelle la souveraineté des États demeure un socle non négociable.

Ce positionnement fait écho à l’attitude adoptée par le Maroc lors du déclenchement de l’opération militaire russe en Ukraine. À ce moment déjà, Rabat avait refusé toute lecture binaire du conflit, privilégiant une approche fondée sur le respect du droit international, la préservation des équilibres et la non-ingérence. Le Royaume avait ainsi évité l’alignement automatique, tout en réaffirmant son attachement au principe de l’intégrité territoriale, pierre angulaire de la stabilité internationale. Cette constance se retrouve aujourd’hui dans le dossier somalien, ce qui démontre une cohérence stratégique rare dans un contexte international marqué par les revirements et les calculs tactiques.

En soutenant l’unité territoriale de la Somalie face aux tentatives de légitimation du Somaliland, le Maroc défend une lecture claire du droit international, mais aussi une vision politique profondément ancrée dans son propre vécu historique. Le refus de toute reconnaissance d’entités séparatistes constitue une ligne rouge diplomatique, non seulement par solidarité avec les États concernés, mais aussi par cohérence avec sa propre cause nationale. Cette position renforce la crédibilité du Maroc lorsqu’il plaide pour le respect de son intégrité territoriale, car elle repose sur une application universelle du principe et non sur une lecture sélective dictée par les intérêts du moment.

Au-delà du cas somalien, cette prise de position révèle une diplomatie marocaine de plus en plus affirmée, qui ne se contente plus de suivre les équilibres imposés par les grandes puissances. Elle traduit une volonté d’autonomie stratégique, où les décisions sont prises en fonction d’une vision nationale claire et d’une lecture lucide des enjeux africains et internationaux. En refusant d’avaliser toute dynamique séparatiste, le Maroc s’inscrit dans une logique de stabilité continentale, consciente des effets domino que pourraient entraîner certaines reconnaissances unilatérales.

Cette constance diplomatique confère aujourd’hui au Royaume une crédibilité particulière sur la scène internationale. Elle montre que le Maroc n’est ni dans l’alignement mécanique ni dans l’ambiguïté calculée, mais dans une posture d’équilibre fondée sur des principes durables. À travers le dossier somalien comme auparavant dans le contexte ukrainien, Rabat affirme une souveraineté diplomatique assumée, fondée sur le respect du droit, la défense des États et le rejet des recompositions territoriales imposées par la force ou par opportunisme politique.


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