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Drame à Safi : 21 Morts dans des Crues Éclairs d’une Violence Inouïe

La cité atlantique se réveille sous le choc ce lundi après un « dimanche noir » marqué par des torrents de boue qui ont dévasté la médina et relancé l'urgence de l'adaptation climatique

LA VÉRITÉ


La ville de Safi est en deuil. Ce qui devait être une simple journée pluvieuse s’est transformé, dimanche, en une tragédie nationale. Une crue soudaine, d’une brutalité rare, a balayé des quartiers entiers de la cité côtière, laissant derrière elle un bilan provisoire particulièrement lourd : 21 personnes ont perdu la vie, emportées par les eaux ou piégées dans des bâtiments inondés. Les autorités locales qualifient déjà cet épisode comme l’un des plus meurtriers liés aux intempéries que le Royaume ait connus au cours de la dernière décennie, marquant les esprits par la rapidité avec laquelle les éléments se sont déchaînés.

Une Ville Submergée en Moins d’une Heure

Le drame s’est noué en un laps de temps effroyablement court. En l’espace d’une heure à peine, la province a subi des précipitations orageuses d’une intensité extrême. Les systèmes de drainage, saturés instantanément, n’ont pu contenir des écoulements torrentiels qui ont envahi les rues, transformant les artères de la ville en rivières de boue furieuses. Des images apocalyptiques ont inondé les réseaux sociaux : elles montrent des véhicules charriés comme des jouets, des conteneurs à la dérive et des flots noirâtres s’engouffrant avec violence dans les habitations et les commerces, particulièrement au cœur de la vieille médina, zone vulnérable par excellence.

Secours et Désolation

Face à l’urgence, la mobilisation a été totale. Les éléments de la Protection civile, appuyés par les forces auxiliaires, ont dû déployer des embarcations pneumatiques pour secourir des habitants prisonniers de la montée des eaux. Sur le plan sanitaire, 32 blessés ont été évacués en urgence vers l’hôpital provincial Mohammed V. Si la majorité a pu regagner son domicile après des soins, le traumatisme psychologique reste vif au sein de la population.

Ce lundi matin, alors que le niveau des eaux a reflué, Safi offre un visage de désolation. Au moins 70 habitations et locaux commerciaux ont été ravagés par la boue, et une dizaine de véhicules détruits jonchent encore les rues. Les infrastructures ont également souffert, avec l’endommagement de tronçons routiers stratégiques qui paralysent encore partiellement la circulation. Les opérations de déblaiement et de recherche d’éventuelles victimes disparues se poursuivent sans relâche.

Le Paradoxe Climatique Marocain

Ce drame remet brutalement en lumière la vulnérabilité des zones urbaines face aux soubresauts du climat. Les experts soulignent que l’automne, période de transition habituelle, devient le théâtre de phénomènes extrêmes exacerbés par le réchauffement global. La combinaison de températures restées élevées et d’une atmosphère chargée en humidité crée un mélange explosif, favorisant ces « bombes de pluie ». C’est le paradoxe cruel d’un Maroc qui, assoiffé par des années de sécheresse chronique, se voit meurtri par l’excès d’eau qu’il attendait tant.

Alors que la Direction Générale de la Météorologie (DGM), qui avait émis des bulletins d’alerte dès samedi, prévient que de nouvelles perturbations sont possibles dans les prochains jours, la catastrophe de Safi relance impérativement le débat sur la résilience des infrastructures urbaines et la gestion des risques naturels majeurs.


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