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    Par:  

    Wahiba RABHI

  • 16 octobre 2021  à 15:11
  • Temps de lecture: 5 minutes
  • SOCIÉTÉDon et transplantation d’organes: Une course contre la montre

    Don et transplantation d’organes: Une course contre la montre
    Don et transplantation d'organes

    Des milliers de Marocains nourrissent l’espoir de se faire transplanter un rein, un foie, un cœur… Pour beaucoup, c’est une question de vie ou de mort, au moment où le nombre de donneurs, estimé en tout et pour tout à moins de trois par million d’habitants, est loin de couvrir les besoins. Une situation encore plus critique depuis la pandémie de la Covid-19, qui tire lentement à sa fin.

    “L’infection par la Covid est une contre-indication pour le don d’organes à partir d’un donneur en état de mort encéphalique”, explique à la MAP Dr Trabelssi Mohammed El Hassane, médecin spécialiste en santé publique.

    Le chemin à parcourir avant d’obtenir une greffe est long, parfois ardu. Chaque jour, des hommes, des femmes et des enfants meurent faute d’avoir bénéficié d’une transplantation à temps, alors que la médecine aurait été en mesure de leur éviter la faucheuse.

    “Quand une greffe est vitale pour un sujet atteint d’une maladie organique chronique en phase terminale, plusieurs tests sont effectués au patient, précédemment inscrit sur une liste d’attente officielle. Le délai est, malheureusement, parfois très long et le patient risque de mourir avant de pouvoir en bénéficier”, déplore Dr Trabelssi, coordonnateur du dossier greffe à la Direction des hôpitaux et soins ambulatoires au ministère de la Santé et figure de proue de l’Observatoire mondial du don et transplantation auprès de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

    Alors que le Maroc a été précurseur dans ce domaine – la première greffe rénale à l’échelle maghrébine a été réalisée en 1985 au sein de l’hôpital Ibn Rochd de Casablanca-, jouit d’une expertise médicale et d’un cadre législatif parmi les plus robustes, les chiffres enregistrés jusqu’ici au niveau des huit centres hospitaliers marocains agréés laissent perplexes.

    On compte seulement 735 transplantations rénales, l’activité la plus courante, impliquant plus de quarante enfants, quatre greffes cardiaques, 28 greffes de foie et environ 5.000 greffes de cornées, en plus d’un millier d’autogreffes et de 40 greffes réalisées d’un donneur à un receveur génétiquement identiques.

    En ce qui concerne la transplantation de tissus humains, l’activité a été mise à l’arrêt depuis le deuxième trimestre de 2020 en raison de la pandémie. Les interventions n’ont pas dépassé la vingtaine cette année.

    Le nombre de donneurs potentiels inscrits auprès des tribunaux de première instance ne dépasse pas, quant à lui, 1.500 personnes. La majorité, voire la totalité des dons sont recrutés sur le champ au niveau des hôpitaux suite au décès constaté in situ par les équipes médicales et grâce au travail des personnes chargées de la coordination qui approchent les familles des défunts, souligne Dr Trabelssi.

    D’après ce spécialiste, ces chiffres restent “en deçà des attentes” malgré le travail fait par les professionnels de santé, certains obstacles rendant difficile le développement du domaine, en l’occurrence le manque de donneurs au sein des familles, la méconnaissance de la question (aspects médicaux, religion, loi…) auprès du grand public pour les donneurs en état de mort cérébrale et le manque d’information des professionnels de santé eux-mêmes sur le donneur vivant.

    A cela s’ajoute le coût des prestations pré-greffe relativement inabordable, de traitement médical et de suivi clinique, en plus du traitement immunosuppresseur à vie visant à éviter le rejet de l’organe greffé, poursuit-il.

    La situation est sérieuse à plus d’un titre. Elle interpelle tout un chacun. La Journée nationale de sensibilisation et d’encouragement au don d’organes et de tissus humains, célébrée chaque 17 octobre, est justement l’occasion de rendre hommage aux familles de donneurs, d’inviter à une réflexion sur le sujet et de sensibiliser à l’importance du don auprès des professionnels du secteur eux-mêmes, du grand public et de l’État, fait observer Dr Trabelssi.

    “Les Marocains ne sont pas suffisamment conscients des enjeux réels de cet acte humanitaire, qu’est le don, car il persiste encore des zones d’ombre”, martèle-t-il.

    Citant l’étude ARTEMIS réalisée en 2015, il précise que 64,1% des personnes interrogées ignorent que la loi marocaine autorise la greffe à partir d’un donneur intrafamilial vivant et 62,2% ne savent pas que l’Islam n’y oppose aucune objection, alors que d’un donneur en état de mort encéphalique, 55,2% ignorent que la loi autorise la greffe et 54,4% ignorent que l’Islam ne l’interdit pas.

    Il ressort également de cette enquête que seulement 16,7% de la population disposent d’un donneur familial, dont 66,7% des cas sont des femmes.

    Selon Dr Trabelssi, il est important d’exprimer clairement sa position vis-à-vis du don et de mettre en place un registre de refus au lieu d’un registre de donneurs, considérant ainsi que toute personne est consentante au don d’organes et de tissus après sa mort dès lors qu’elle n’a pas signifié, de son vivant, son refus d’un tel prélèvement.

    Si le don d’organes n’est pas obligatoire, il est, en revanche, du devoir de tout un chacun de prendre le temps d’y réfléchir sereinement.. pour sauver une autre vie. Dieu n’a t-il pas dit, dans son Livre sacré, “Quiconque sauve une vie a sauvé l’Humanité entière” (Sourate Al Maida) ?

    Qu’à cela ne tienne, ceux et celles qui auraient décidé de franchir le pas pour donner une chance, une ultime, à leurs prochains dont la vie vacille en attendant une greffe, n’auront qu’à s’inscrire dans le registre national des donneurs.

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