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    Par:  

    Omar Er-rouch

  • 17 octobre 2020  à 14:42
  • Temps de lecture: 7 minutes
  • SOCIÉTÉDon et Greffe d’organes: Plus qu’un acte de solidarité, un projet sociétal vital

    Don et Greffe d’organes: Plus qu’un acte de solidarité, un projet sociétal vital
    La législation marocaine rend parfois difficile la procédure du don et de la transplantation

    Plus qu’un acte de générosité et de solidarité, le choix humain et altruiste de faire don de ses organes, est un projet sociétal vital auquel toutes les composantes de la société marocaine sont appelées à contribuer pour sensibiliser et encourager davantage cette pratique, qui constitue pour de nombreux patients souffrant de maladies graves, l’unique chance de survie.

    Depuis 1989, seules 1.100 personnes, dont plus de 700 à Casablanca, se sont inscrites aux registres de don d’organes après la mort mis à la disposition des volontaires au niveau des différents tribunaux de première instance du Royaume, un pays où la solidarité et la générosité se trouvent amplement ancrées dans les pratiques de Marocains et très appréciées.

    Par ailleurs, les Centres hospitaliers au niveau national n’ont effectué que 3.927 greffes, dont 90 greffes à partir de donneurs en état de mort cérébrale, selon les statistiques du ministère de la santé publiées en 2019.

    « Le constat est désolant, voire alarmant », s’est indignée Dr. Hasna Soummane, responsable de l’unité de coordination et de la promotion de greffe de tissus au Centre hospitalier universitaire (CHU) Mohammed VI de Marrakech. « Ces chiffres sont dérisoires par rapport à la demande extrêmement forte », a-t-elle confié à la MAP.

    Et de relever que « la vie de milliers de malades se trouve en jeu et que nombreux décèdent alors qu’ils sont sur les listes d’attente de transplantation d’organes », expliquant que le verrouillage de la législation, le coût du processus, la méconnaissance des aspects médicaux et l’absence d’informations sur le sujet pourraient expliquer en partie cette situation.

    « La législation marocaine rend parfois difficile la procédure du don et de la transplantation d’où; la nécessité d’une révision des textes de loi relatifs au don, prélèvement et à la greffe d’organes et de tissus humains », a préconisé Dr. Soummane.

    Le 25 août 1999, le Maroc a promulgué la loi N° 16-98 relative au don, au prélèvement et à la transplantation d’organes et de tissus humains afin de sécuriser tous les cas du processus de don et de transplantation, et éliminer les raisons de la méfiance.

    Cette loi traite de deux formules de don : don et prélèvement d’organes sur une personne vivante, et don et prélèvement d’organes sur une personne décédée. Pour le premier cas, le don d’organes concerne les descendants, les ascendants, les frères, les sœurs, les oncles, et les tantes, ainsi que les conjoints après un an de mariage, tandis que le second concerne les personnes qui ont exprimé, de leur vivant, le souhait de faire don de leurs organes, ou celles qui n’ont pas exprimé d’objections à cet égard, et dont le conjoint, les ascendants ou les descendants n’en expriment aucune opposition.

    Par ailleurs, l’opération de don ne peut être effectuée que dans des hôpitaux publics agrées par le ministère de la Santé, et ce dans le cadre de procédures préventives, dont le fait que le don se fasse devant un juge et en présence de deux médecins, et l’existence de registres et de procédures qui rendent impossible le commerce d’organes humains au Maroc.

    Selon cette loi, « le don ou le legs d’un organe humain est gratuit et ne peut, en aucun cas, et sous aucune forme, être rémunéré ou faire l’objet d’une transaction. Seuls sont dus les frais inhérents aux interventions exigées par les opérations de prélèvement et de transplantation ainsi que les frais d’hospitalisation qui y sont afférents ».

    Toutefois, a expliqué Dr. Soummane, la greffe implique incontestablement de lourdes charges financières. A titre d’exemple, le coût d’une greffe sans complications est évalué à 250.000 dirhams en plus d’un forfait de traitement de 10.000 dirhams /an hors bilans biologique et radiologique.

    Et d’ajouter que le nombre d’heures consacrées à la dialyse en moyenne est de 64 heures par mois, ce qui implique une dégradation de la qualité de vie du patient ainsi que son entourage.

    Pour Dr. Soummane, un autre élément qui ralentit le programme du don d’organes et de la greffe est le manque d’informations destiné au public sur le don et ses retombées positives sur le receveur, sa famille et la société de manière générale.

    « La situation actuelle nous interpelle tous. Il est urgent d’engager un dialogue national impliquant toutes les composantes de la société : politiciens, experts, médecins, juristes, journalistes, représentants de la société civile… en vue de réfléchir à une stratégie nationale pour faire face à ce manque d’entrain pour le don d’organes », a suggéré Mme Soummane, appelant à établir un ‘’plan greffe’’ à l’échelle nationale pour donner un nouvel élan à cet acte médical vital.

    « La célébration, le 17 octobre de chaque année, de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe constitue une opportunité idoine pour sensibiliser davantage sur l’importance de cet acte de générosité et de solidarité qui peut sauver des vies, et attirer l’attention sur le retard énorme qu’accuse le Royaume dans ce domaine », a relevé Dr. Soummane.

    A cet égard, elle n’a pas manqué de saluer les efforts consentis à tous les niveaux pour la promotion du don d’organes au Royaume.

    Sur le plan organisationnel, le ministère de la Santé a lancé plusieurs initiatives, notamment la création d’une banque d’organes et de tissus humains dans les villes de Marrakech et Rabat, ainsi que l’activation de plusieurs institutions, particulièrement le Conseil consultatif de transplantation d’organes humains, les Comités du don d’organes et des tissus humains, les unités de coordination des prélèvements d’organes et de tissus au sein du réseau hospitalier, a-t-elle rappelé.

    Dans ce sens, elle a indiqué que le Conseil consultatif pour la transplantation d’organes et de tissus humains ne cesse d’œuvrer au développement de la loi relative au don, au prélèvement et à la transplantation d’organes et de tissus humains, en formulant de nouvelles propositions pour pallier certains problèmes médicaux soulevés en la matière.

    Tout en rappelant que plusieurs associations ont lancé, depuis des années, de multiples actions dont, l’objectif est de promouvoir le don d’organes au Maroc, Dr. Soummane n’a pas manqué de saluer le travail accompli par l’association REINS, qui a multiplié les initiatives, notamment le lancement de la page Facebook « Réseau marocain du don d’organes », dont l’objectif est d’offrir une plate-forme numérique dédiée aux discussions et aux échanges sur le don d’organes et la greffe au Maroc.

    Force est de constater que, malgré les efforts consentis, certaines appréhensions persistent concernant le don et de la greffe d’organes et, de ce fait, de nombreux patients, qui espèrent une chance de transplantation, meurent faute de donneurs.

    « Il est ainsi urgent de mettre à contribution nos valeurs religieuses et sociales qui prônent la solidarité et l’acte de charité dans toutes ses formes qui ont toujours prévalu dans notre société », a-t-elle estimé en guise de conclusion.

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