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Distinction internationale : Jouahri confirmé parmi les meilleurs

Global Finance accorde la note A- à Abdellatif Jouahri et le maintient parmi les 25 gouverneurs de banques centrales les mieux évalués en 2026. Le wali de Bank Al-Maghrib est le seul gouverneur d’Afrique du Nord à obtenir cette note.


Abdellatif Jouahri figure une nouvelle fois parmi les dirigeants de banques centrales les mieux notés par Global Finance. Dans son classement publié le 8 septembre, le magazine américain lui attribue la note A-, aux côtés des gouverneurs ayant obtenu les évaluations A+, A et A-. Ce groupe réunit 25 responsables monétaires sur près de 100 pays, territoires et unions monétaires examinés.

Global Finance ne fixe pas un rang allant de 1 à 25. Le magazine distingue un groupe de gouverneurs ayant obtenu ses 3 meilleures notes. Celle de Jouahri passe de A en 2025 à A- en 2026, tout en le maintenant dans la catégorie supérieure du classement mondial.

Publié chaque année depuis 1994, le « Central Banker Report Cards » évalue les responsables des banques centrales selon leur capacité à maîtriser l’inflation, préserver la stabilité de la monnaie, gérer les taux d’intérêt, accompagner les objectifs de croissance et maintenir l’indépendance de leur institution face aux pressions politiques. La notation s’étend de A+ à F.

Le résultat attribué au wali de Bank Al-Maghrib intervient après une séquence monétaire particulièrement délicate. Face à l’accélération de l’inflation en 2022 et 2023, la Banque centrale avait relevé son taux directeur jusqu’à 3%. L’apaisement progressif des prix lui a ensuite permis d’engager 3 baisses successives, en juin et décembre 2024 puis en mars 2025, ramenant le taux à 2,25%.

Depuis cette dernière réduction, Bank Al-Maghrib privilégie la stabilité. Lors de son Conseil du 23 juin 2026, elle a maintenu le taux directeur à 2,25%, en tenant compte des tensions sur les marchés de l’énergie et des conséquences possibles du conflit au Moyen-Orient. La Banque centrale a alors révisé ses prévisions pour retenir une inflation de 1,5% en 2026 et de 2,1% en 2027.

Les données disponibles confirment une inflation globale contenue. En juillet, l’indice des prix à la consommation a diminué de 0,6% sur un an, sous l’effet principalement du recul des prix alimentaires. Cette évolution ne supprime cependant pas les hausses cumulées durant la période inflationniste précédente. Pour les ménages, le niveau atteint par les prix continue de peser sur les dépenses courantes, même lorsque leur progression annuelle ralentit.

La gestion de Bank Al-Maghrib repose ainsi sur un arbitrage entre stabilité des prix et financement de l’activité. Une baisse trop rapide des taux pourrait stimuler la demande au moment où les prix de l’énergie restent exposés aux tensions internationales. Un maintien prolongé à un niveau élevé renchérirait le crédit destiné aux ménages et aux entreprises. Le taux de 2,25% traduit, à ce stade, la volonté de conserver une marge d’intervention en fonction des données économiques.

La conjoncture agricole a également modifié les prévisions. Après les précipitations importantes et une récolte céréalière estimée à 90 millions de quintaux, Bank Al-Maghrib prévoit une croissance de 5,2% en 2026, contre 4,9% en 2025. Elle anticipe ensuite un rythme de 3,1% en 2027, sur l’hypothèse d’une campagne agricole moyenne. L’écart entre ces 2 années rappelle le poids toujours élevé de l’agriculture dans les variations de la croissance marocaine.

La stabilité extérieure constitue un autre élément favorable à l’évaluation du gouverneur. Les recettes du tourisme, les transferts des Marocains résidant à l’étranger, les exportations automobiles ainsi que les ventes de phosphates et de leurs dérivés soutiennent les entrées de devises. Les réserves de change devraient rester suffisantes pour couvrir plus de 6 mois d’importations, malgré l’alourdissement possible de la facture énergétique.

La politique de change reste conduite progressivement. Le Maroc a élargi en 2018 puis en 2020 la bande de fluctuation du dirham, tout en conservant un régime encadré. Bank Al-Maghrib poursuit la préparation technique du marché, des banques et des entreprises avant toute nouvelle étape. Cette prudence protège la monnaie contre des mouvements brusques, mais prolonge également une transition engagée depuis plusieurs années.

La note A- récompense aussi la continuité institutionnelle. À la tête de Bank Al-Maghrib depuis 2003, Abdellatif Jouahri a dirigé la politique monétaire pendant la crise financière internationale, la pandémie, la poussée inflationniste mondiale et les fortes variations des prix de l’énergie. Ses prises de parole après les réunions du Conseil ont renforcé la place de la Banque centrale dans le débat économique, avec des explications régulières sur les décisions prises, les prévisions et les risques identifiés.

Le passage de A à A- intervient dans un environnement marqué par une remontée des risques énergétiques, une croissance mondiale incertaine et des choix de taux devenus plus complexes pour les banques centrales. Cette variation d’un cran maintient Abdellatif Jouahri parmi les responsables monétaires ayant obtenu les meilleures évaluations internationales.

Les prochains arbitrages porteront sur l’évolution du taux directeur, la transmission de ses baisses au coût du crédit, la solidité du secteur bancaire, la poursuite de la réforme du régime de change et la protection de la stabilité des prix face aux chocs importés.


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