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Dessalement : un marché de plusieurs milliards attire les opérateurs australiens

La venue annoncée d’une délégation d’entreprises australiennes au Maroc intervient dans un contexte de montée en puissance rapide des investissements hydriques, structurés autour d’un programme national qui mobilise plus de 143 milliards de dirhams sur la période 2020–2027. Le dessalement s’impose désormais comme un pilier central de cette stratégie, avec des projets industriels de grande envergure et une ouverture croissante aux opérateurs internationaux.

LA VÉRITÉ


Les discussions engagées avec l’Australie s’inscrivent dans une dynamique diplomatique active. L’ambassadeur d’Australie au Maroc, Damien Donovan, s’est rendu au siège du ministère de l’Équipement et de l’Eau pour échanger sur les perspectives de coopération technique et industrielle. Cette séquence précède l’arrivée annoncée d’une délégation d’entreprises australiennes spécialisées dans les technologies de l’eau, intéressées par les appels d’offres en cours dans le dessalement et l’irrigation.

Le positionnement australien repose sur une expertise reconnue dans les infrastructures hydriques. Le pays dispose de grandes stations de dessalement dans des villes comme Perth, Sydney ou Melbourne, avec des technologies avancées en membranes, en optimisation énergétique et en gestion des réseaux. Ces compétences correspondent aux besoins actuels du marché marocain, marqué par une exigence accrue en matière de performance et de maîtrise des coûts.

Au Maroc, la stratégie nationale prévoit une transformation rapide du mix hydrique. D’ici 2030, 60 % de l’eau potable devrait provenir du dessalement, contre environ 25 % aujourd’hui. La production globale est appelée à atteindre 1,7 milliard de mètres cubes par an, portée par un portefeuille de projets en cours de réalisation sur l’ensemble du territoire.

Le projet le plus structurant reste celui de Casablanca, situé dans la province d’El Jadida. Cette future station, dont la capacité atteindra 300 millions de mètres cubes par an, bénéficiera à près de 7,5 millions d’habitants. Elle sera réalisée en partenariat public privé pour un investissement global estimé à 6,5 milliards de dirhams. La première phase, prévue fin 2026, produira 200 millions de mètres cubes par an, avec une extension programmée à 822 000 mètres cubes par jour à l’horizon 2028, incluant 100 millions de mètres cubes supplémentaires dont 50 millions destinés à l’agriculture.

Dans les provinces du Sud, les projets de Laâyoune et de Dakhla accompagnent le développement économique régional, tandis que la station d’Agadir, déjà opérationnelle, combine alimentation en eau potable et irrigation agricole. Ce modèle mixte devient une référence, avec une intégration directe des besoins agricoles dans les infrastructures hydriques.

Le rôle de OCP s’inscrit dans cette dynamique industrielle. À Jorf Lasfar, l’unité de dessalement opérée par OCP Green Water affiche une capacité de 200 millions de mètres cubes par an. Elle alimente Casablanca Sud à hauteur de 60 millions de mètres cubes par an, El Jadida à hauteur de 30 millions, et couvre les besoins industriels du complexe à hauteur de 65 millions. Cette infrastructure illustre l’intégration entre production industrielle, autonomie hydrique et sécurisation de l’approvisionnement urbain.

L’un des axes majeurs du programme repose sur l’intégration des énergies renouvelables dans les stations de dessalement. L’objectif est de réduire le coût du mètre cube produit et de limiter la dépendance énergétique, dans un contexte où l’énergie représente une part significative des coûts d’exploitation. Plusieurs projets sont conçus pour fonctionner en partie grâce au solaire et à l’éolien.

L’intérêt des entreprises australiennes s’explique par l’ampleur des investissements engagés, la stabilité du cadre contractuel et la visibilité offerte par les appels d’offres. Le marché marocain s’impose comme l’un des plus structurés du continent africain dans le domaine du dessalement, avec des projets de grande capacité, des montages financiers maîtrisés et une planification à long terme.

Cette séquence marque une phase d’ouverture renforcée aux opérateurs internationaux, dans un secteur où les enjeux techniques, financiers et énergétiques convergent vers une industrialisation accélérée des infrastructures de l’eau.


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