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Des démocraties dites traditionnelles usent des droits humains comme armes dans d’obtus jeux politiques

LA VÉRITÉ / MAP


Des démocraties dites traditionnelles usent des droits humains comme armes dans d’obtus jeux politiques, trahissant leur essence même, a déploré vendredi la présidente du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach.

“Nous avons choisi de dialoguer dans un conclave à haute symbolique morale, au moment où certaines démocraties dites traditionnelles usent des droits humains comme armes dans d’obtus jeux politiques, trahissant leur essence même”, a fait observer Mme Bouayach dans une allocution à l’ouverture du pré-forum mondial des droits de l’Homme de Rabat, auquel prennent part un parterre d’institutionnels, d’experts, de professeurs universitaires et de représentants d’organisations nationales et internationales des droits de l’Homme.

Elle a indiqué, à ce propos, que ce pré-forum mondial, organisé par le Conseil National des Droits de l’Homme en collaboration avec le Centre international pour la promotion des droits de l’Homme (CIPDH)-UNESCO, vise le renouvellement de l’engagement aux valeurs communes face aux mutations rapides que traverse le monde, soulignant qu’”une veille permanente est, en effet, nécessaire afin d’examiner les défis, définir les priorités et implémenter les stratégies, puisant dans l’universel pour faire avancer le local”.

La présidente du CNDH a relevé, par ailleurs, que les trois thèmes de débat de cet événement, à savoir la justice transitionnelle et la mémoire, la migration, et le changement climatique sont des thématiques sur lesquelles le Maroc peut se targuer d’une solide et unique expérience.

Les pays dits “émergents”, a-t-elle poursuivi, peuvent beaucoup apporter à ce débat, comme l’ont montré les rencontres lors de la préparation du Pacte Mondial de la Migration, ou lors de son adoption à Marrakech, faisant part de sa préoccupation de voir qu’aucun pays occidental n’a ratifié la convention internationale de protection des migrants et de leurs familles, alors que “nos pays se soumettent volontairement à l’examen et à l’évaluation universelle”.

Elle a, par ailleurs, mis en avant le rythme des actions au sein du groupe du travail sur la migration du réseau Africain des institutions nationales de droits de l’Homme, pour la protection des migrants et de leur famille dans leur droit à la mobilité, notant que les pays du Sud ont franchi plusieurs pas “face aux défis les plus ardus, aux épreuves les plus rudes et aux obstacles les plus difficiles”.

“Nous avons fait ce chemin et nous nous devons de protéger la Mémoire de ces victoires, tout en étant conscients des défis qui nous attendent”, a-t-elle soutenu, soulignant que la contribution des pays du Sud à la conception et à l’élaboration des normes et valeurs universelles “n’est pas un incident d’étape, il est bien la tracée de nouveaux chemins vers l’Etat de droit”.

Pour sa part, le ministre argentin des Relations extérieures, du Commerce international et du Culte, Santiago Cafiero, a salué l’organisation au Maroc de ce pré-forum mondial des droits de l’Homme, se félicitant du choix des thématiques retenus pour cet événement international.

S’exprimant dans une allocution vidéo, M. Cafiero a indiqué que l’objectif principal de ces débats consiste à faciliter un dialogue franc et transparent entre tous les Etats, avec la participation active de la société civile afin d’agir de manière efficace face à des situations d’urgence dans le domaine des droits de l’Homme, ajoutant que les sessions organisées sur deux jours enrichiront énormément les débats à Buenos Aires en mois de mars prochain.

De son côté, la directrice exécutive du Centre international pour la promotion des droits de l’Homme (CIPDH)-UNESCO, Fernanda Gil Lozano, a fait observer que ce pré-forum mondial constitue une opportunité pour jeter la lumière sur les enjeux, défis et perspectives liés aux droits de l’Homme, aux niveaux régional et international.

Elle a, à cet égard, mis l’accent sur la nécessité d’aborder ces questions dans un langage universel qui respecte la différence et garantit la dignité des sociétés, plaidant, à cet égard, pour des efforts concertés entre les gouvernements, la société civile et les individus en vue de renforcer l’engagement commun en faveur des droits de l’Homme, de la justice transitionnelle et du changement climatique.

La responsable argentine a mis en avant, dans ce sens, l’engagement du Maroc sur les questions liées au climat, rappelant la progression du Royaume dans le classement de l’Indice mondiale de performance en matière de changement climatique. Mme Gil Lozano a salué, de même, le contenu de l’allocution prononcée par Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa dans le cadre de la 27ème Conférence des parties à la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP27), et dans laquelle Son Altesse Royale avait affirmé que “les impacts énergétiques, financiers et alimentaires de la crise mondialisée actuelle ne doivent, en aucun cas, détourner l’action des États et des Institutions internationales de l’impératif climatique et des engagements internationaux pris en la matière, notamment sur le plan financier » et qu'”il est grand temps d’agir concrètement et efficacement”.

Tenu en prélude de la 3e édition du Forum mondial des droits de l’Homme qui aura lieu à Buenos Aires en mars prochain, ce pré-forum de deux jours, auquel participent plus de 300 militants et militantes des droits de l’Homme venant de 50 pays, se penche sur les défis et les développements enregistrés au niveau des questions relatives aux changements climatiques, à la justice transitionnelle et la mémoire et à la migration.


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