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Demandes de renseignements pour enquêtes financières parallèles en hausse de plus de 300%

LA VÉRITÉ


Le nombre des demandes de renseignements adressées par les autorités chargées de l’application de la loi à l’Autorité nationale du renseignement financier (ANFR) en vue de mener des enquêtes financières parallèles, a augmenté de plus de 300 %, a indiqué mardi à Rabat, le président de l’ANFR, Jawhar Nfissi.

S’exprimant à l’ouverture de l’atelier régional du groupe d’action financière du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord (GAFIMOAN) sur « les enquêtes financières parallèles dans le domaine de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme », M. Nfissi a souligné que ces demandes d’informations étaient destinées à soutenir des enquêtes financières parallèles concernant des actes criminels, tels que le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Il a, dans ce sens, salué l’engagement positif et efficace du conseil supérieur du pouvoir judiciaire, de la présidence du Ministère public, et de l’ensemble des autorités chargées de l’application de la loi, à travers le renforcement de la coopération nationale dans le domaine des enquêtes, et le développement des mécanismes de travail par le biais de l’adoption de textes réglementaires et de guides.

M. Nfissi a relevé que les enquêtes financières parallèles constituent un appui aux efforts des autorités judiciaires et sécuritaires chargées de la surveillance, de l’investigation et du suivi et qui ont prouvé leur efficacité au fil des années. Ces enquêtes consolident les mécanismes et les dispositifs en vigueur dans ce domaine pour approfondir l’enquête et cerner les tenants et aboutissants des activités criminelles, outre l’établissement de la structure organisationnelle, et la définition des rôles et des principaux acteurs.

Il a également mis en avant l’importance de l’analyse financière des renseignements réalisée par l’ANFR au cours des dernières années, parallèlement aux autres enquêtes menées par les autorités compétentes, notant que l’analyse financière a permis de dévoiler de nombreux crimes liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme, tout en déterminant leur étendue et leur relation avec d’autres activités illégales, et des personnes et entités suspectes.

Le président de l’ANFR a relevé que le Maroc, grâce aux Hautes Directives de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, ainsi qu’à la mobilisation des autorités gouvernementales, judiciaires, et celles chargées de l’application de la loi et de la supervision des secteurs financiers et non financiers, et des associations professionnelles, s’est engagé de manière positive dans les efforts internationaux et dans la coopération avec les différents partenaires en vue de lutter contre les diverses formes de criminalité, démontrant ainsi l’efficacité des stratégies sectorielles adoptées par les autorités compétentes.

Pour sa part, la directrice du bureau de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) au Maroc, Siham Al Figuigui, a mis en avant l’importance des enquêtes financières parallèles dans la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, notant que ces enquêtes permettent d’identifier les sources de revenus illicites, et de les saisir, tout en contribuant à l’identification des structures financières et économiques des activités criminelles.

Ces enquêtes permettent également de faire face aux réseaux criminels transfrontaliers, de recueillir des informations sur les crimes commis et de poursuivre les personnes impliquées, a-t-elle poursuivi.

Cet atelier de formation revêt une importance notoire, puisqu’il constitue une étape importante dans le renforcement des efforts de lutte contre les crimes financiers, a-t-elle estimé.

De son côté, Secrétaire Exécutif du GAFIMOAN Suliman Al Jabrin, a indiqué que les résultats de l’évaluation mutuelle de certains pays du GAFIMOAN ont révélé certaines « lacunes » dans l’efficacité des enquêtes financières parallèles, soulignant que 56 % des pays évalués avaient un faible niveau d’efficacité, tandis que 44 % avaient un niveau moyen.

A cet égard M. Al Jabrin a estimé la nécessité de fournir aux autorités des États membres les connaissances spécialisées dont elles ont besoin pour s’acquitter de leurs responsabilités et accomplir leurs missions en matière d’enquêtes financières parallèles.

Par ailleurs, le responsable a salué les progrès durables et significatifs du Maroc dans le domaine de la lutte contre le blanchiment de capitaux et les crimes financiers, mettant en relief l’efficacité de la participation et du soutien du Maroc au GAFIMOAN depuis sa création en 2004.

 


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