Déficit commercial : +15,5 % à fin août 2025
Les importations explosent, les exportations peinent, le tourisme et les IDE compensent partiellement
LA VÉRITÉ
Le Maroc connaît une aggravation manifeste de son déficit commercial à fin août 2025, sous l’effet d’une forte hausse des importations combinée à une progression modeste des exportations. Néanmoins, le tourisme, les services et les IDE constituent des boucliers importants qui limitent les dommages économiques.
Renforcer la production nationale destinée à l’export, réduire la dépendance énergétique et miser sur les secteurs à forte valeur ajoutée pour rééquilibrer la balance extérieure dans les prochains mois doit être la priorité des autorités économiques du pays.
Dès les huit premiers mois de 2025, le Maroc affiche un creusement préoccupant de son déficit commercial qui s’élève à 225,29 milliards de dirhams (MM DH), soit une augmentation de 15,5 % par rapport à la même période en 2024. L’Office des Changes révèle que les importations grimpaient de 8,4 %, tandis que les exportations n’augmentaient que de 3,8 %. Cette divergence réduit le taux de couverture des importations à 57,6 %, contre près de 61 %, un an plus tôt.
Cependant, les données montrent des signaux positifs. Le secteur des services continue d’apporter une respiration financière : l’excédent de la balance des services progresse de 10,3 %, atteignant 102,04 MM DH. Le tourisme joue un rôle moteur, avec des recettes en devises en hausse de 14,3 %, soit 87,59 MM DH, ce qui illustre une reprise vigoureuse après les perturbations internationales.
Par ailleurs, les Investissements Directs Étrangers (IDE) affichent une croissance spectaculaire de 47,6 %, pour un montant net de 22,95 MM DH, traduisant une confiance accrue des investisseurs étrangers dans l’économie marocaine. En revanche, les transferts des Marocains Résidant à l’Étranger (MRE) reculent légèrement de 0,6 %, mais demeurent à un niveau globalement élevé (81,7 MM DH).
Le Maroc reste vulnérable à l’évolution des prix internationaux de l’énergie et des matières premières. Ces variables externes pourraient peser fortement sur la facture des importations. De plus, la faiblesse relative de la croissance des exportations requiert des stratégies pour améliorer la compétitivité et diversifier les marchés.
Suivez les dernières actualités de Laverite sur Google news