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De l’influence à l’action : comment la jeunesse méditerranéenne redéfinit la diplomatie à Assilah

Assilah s'érige en capitale de la jeunesse régionale avec le lancement de la 6e Académie méditerranéenne des jeunes. Le FOMEJE mobilise 120 talents autour de la diplomatie multidimensionnelle pour ériger les jeunes en véritables acteurs des politiques publiques. L'innovation numérique et la coopération internationale s'imposent comme les nouveaux leviers d'influence et d'autonomisation pour les participants.

LA VÉRITÉ


La ville d’Assilah accueille, depuis le vendredi 10 juillet 2026, la sixième édition de l’Académie méditerranéenne des jeunes. Organisé par le Forum méditerranéen des jeunes (FOMEJE), cet événement rassemble 120 participants autour de la thématique de l’autonomisation par la diplomatie multidimensionnelle. L’objectif est de transformer les jeunes de simples bénéficiaires de droits en acteurs influents des politiques publiques, en s’appuyant sur l’innovation numérique et la coopération régionale.

 

Une plateforme d’échange internationale et pluridisciplinaire

Lancée officiellement vendredi soir, cette sixième édition de l’Académie méditerranéenne des jeunes se tient sous le thème : « Des droits à l’influence: autonomiser les jeunes à travers la diplomatie multidimensionnelle ». L’événement, piloté par le Forum méditerranéen des jeunes (FOMEJE), réunit un contingent diversifié de 120 jeunes issus des différentes régions du Maroc, ainsi que de plusieurs pays de l’espace euro-méditerranéen et du monde arabe.

La particularité de cette session réside dans son ouverture internationale. Le forum accueille notamment des participants du programme d’échange maroco-jordano-finlandais, soutenu par le programme ERASMUS de l’Union européenne. Parallèlement, un volet maroco-égyptien est intégré à l’événement, fruit d’un partenariat entre l’ambassade d’Égypte à Rabat, la Bibliothèque d’Alexandrie et le FOMEJE. Cette diversité de participants est complétée par la présence d’experts, d’universitaires et de représentants institutionnels et associatifs, favorisant un dialogue intergénérationnel et technique.

 

L’autonomisation : du concept à la pratique politique

Le cœur des débats repose sur une vision intégrée de la place de la jeunesse dans la société actuelle. Selon Yassine Isbouia, président du FOMEJE, le choix de la thématique de cette année répond à une volonté de dépasser la simple reconnaissance théorique des droits des jeunes. Il s’agit désormais de viser une « autonomisation effective » en érigeant la jeunesse en partenaire incontournable du cycle des politiques publiques, de leur élaboration à leur évaluation.

Cette approche s’inscrit, d’après les organisateurs, dans le cadre de la vision stratégique de SM le Roi Mohammed VI, qui place le capital humain et la jeunesse au centre des priorités nationales pour la construction du Maroc de demain. L’ambition est de renforcer la position du Royaume en tant que carrefour de dialogue et de coopération internationale.

 

La diplomatie multidimensionnelle à l’heure du numérique

L’un des piliers de cette édition est le concept de « diplomatie multidimensionnelle ». Contrairement à la diplomatie traditionnelle limitée aux relations officielles entre États, ce modèle englobe des vecteurs d’influence variés : culturels, économiques, numériques et associatifs.

Les participants sont invités à débattre de thématiques contemporaines majeures, telles que la gouvernance des droits à l’ère numérique, l’intelligence artificielle et la souveraineté digitale, l’innovation et l’entrepreneuriat économique, la sécurité humaine et la consolidation de la paix et en fin le rôle de la culture et des médias comme leviers de « soft power ».

Pour soutenir cette transition vers une influence active, le FOMEJE a annoncé le lancement d’initiatives incitant les jeunes à produire des contenus numériques responsables. L’objectif affiché est de transformer les jeunes de consommateurs passifs en producteurs de contenus valorisant l’identité culturelle et artistique. À cet effet, le « Prix d’Assilah de la créativité numérique » a été instauré, récompensant les meilleures contributions numériques sur la ville d’Assilah et sur les activités de l’Académie.

 

Assilah, capitale de la jeunesse et carrefour diplomatique

Le rôle de la ville d’Assilah comme centre névralgique de la culture et de la jeunesse a été largement souligné lors de l’ouverture. Jumana Ghunaimat, ambassadrice de Jordanie au Maroc, a rendu hommage à l’action de feu Mohamed Benaissa dans le développement de la ville en tant que pôle culturel du monde arabe et islamique. Elle a affirmé qu’Assilah s’impose aujourd’hui comme une véritable « capitale de la jeunesse ».

Sur le plan diplomatique, les représentants de la Jordanie et de l’Égypte ont insisté sur la nécessité de coupler la diplomatie officielle à une « diplomatie des jeunes ». L’ambassadeur d’Égypte au Maroc, Ahmed Nehad Abdel-Latif, a rappelé que l’investissement dans la jeunesse constitue le socle de l’avenir. Il a notamment cité l’exemple du Salon culturel égypto-marocain comme modèle de diplomatie culturelle et intellectuelle réussi.

 

Un programme axé sur l’acquisition de compétences

Pour concrétiser ces ambitions, le programme de l’Académie prévoit une série d’activités pratiques étalées sur plusieurs jours. Les participants prendront part à des laboratoires de politiques publiques pour apprendre à transformer, des idées en projets concrets, des ateliers de formation interactifs menés par des experts et des sessions de réseautage et de coopération internationale.

Ces espaces sont conçus pour offrir aux jeunes les outils nécessaires pour naviguer dans les structures de gouvernance actuelles et exercer une influence positive au sein de leurs communautés respectives.


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