De la vision à l’action : la GGC 2026 veut transformer l’économie du continent
L’Institut Amadeus mobilise 1 500 décideurs pour définir une nouvelle architecture d’exécution de la croissance africaine. Actualisation de la Feuille de Route de Rabat : Un tournant opérationnel pour transformer les financements en projets structurants et durables. Dix chantiers prioritaires lancés pour garantir la souveraineté économique du continent face aux crises mondiales.
LA VÉRITÉ
Le coup d’envoi de la Global Growth Conference (GGC 2026) a été donné les 20 et 21 mai à Rabat, sous l’égide de l’Institut Amadeus. Réunissant plus de 1 500 décideurs internationaux, cet événement marque un tournant stratégique avec la mise à jour de la « Feuille de Route de Rabat », visant à transformer les financements en projets concrets et durables pour le continent africain.
Un rassemblement de haut niveau pour l’avenir de l’Afrique
Organisée par l’Institut Amadeus sous le thème « Structurer la croissance : Transformer l’incertitude en opportunité », la GGC 2026 a rassemblé une audience diversifiée et influente au cœur de la capitale marocaine. Plus de 100 intervenants de haut niveau, incluant des ministres des Affaires étrangères venus d’Afrique, d’Asie et des Caraïbes, ont pris la parole devant des représentants de plus de 50 pays.
Le sommet a également mobilisé des dirigeants d’institutions financières, des gestionnaires de fonds souverains, des banques de développement ainsi que des experts internationaux. Selon le communiqué de l’Institut Amadeus, l’enjeu majeur de cette édition était de franchir une étape décisive : passer du simple financement de la croissance à la mise en place d’une véritable architecture d’exécution.
Réagir à la fragmentation géopolitique mondiale
Le contexte international actuel, marqué par une instabilité croissante, a largement pesé sur les débats. Les intervenants ont souligné la nécessité pour l’Afrique de s’adapter à un monde fragmenté par les tensions géopolitiques, notamment le conflit en Iran et ses répercussions mondiales. À cela s’ajoutent les rivalités commerciales, la sélectivité accrue des capitaux et les pressions climatiques qui imposent une redéfinition des priorités.
Face à ces défis, la GGC 2026 a porté une conviction centrale : la mobilisation des financements ne suffit plus. Le continent doit désormais structurer les conditions permettant de transformer ces capitaux en « plateformes productives » et en chaînes de valeur régionales afin de garantir une croissance souveraine et résiliente.
La Feuille de Route de Rabat 2026 : un outil opérationnel
L’un des points d’orgue de la conférence a été la mise à jour opérationnelle de la Feuille de Route de Rabat, adoptée initialement lors de l’édition 2025. L’Institut Amadeus précise qu’il ne s’agit pas d’un nouveau document, mais d’une version optimisée pour être « plus directement mobilisable, plus mesurable et plus orientée vers l’exécution ».
Cette démarche s’inscrit dans la Vision Multidimensionnelle de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, valorisant la position du Maroc comme un « hub de confiance » et de stabilité. Le Royaume se positionne ainsi comme une interface stratégique entre l’Afrique, l’Europe, l’espace atlantique et le Sud global.
Cinq axes stratégiques pour la souveraineté économique
Les travaux de la conférence se sont articulés autour de cinq piliers fondamentaux destinés à défendre les intérêts africains dans un environnement de concurrence normative accrue.
- Souveraineté économique : Mieux protéger les intérêts du continent face aux guerres commerciales et à la fragmentation des échanges.
- Finance et investissement : Orienter les capitaux vers des projets structurants en mobilisant la finance mixte et les fonds souverains.
- Réindustrialisation : Renforcer la transformation locale et l’intégration régionale pour créer davantage de valeur ajoutée.
- Énergie et ressources : Utiliser la transition énergétique et les minerais critiques comme des leviers de compétitivité et de souveraineté.
- Le Maroc comme plateforme : Valoriser le rôle du Royaume en tant que pôle d’influence et de projection économique au service du Sud global.
Dix chantiers prioritaires pour une exécution immédiate
Pour concrétiser ces ambitions, la Feuille de Route actualisée identifie dix chantiers opérationnels. Parmi les mesures phares figurent la création d’un pipeline africain de projets structurants, la mise en place d’un mécanisme de garantie pour le partage des risques, et le lancement d’une initiative intitulée « Énergie pour la production ».
D’autres projets, tels que le développement de corridors « eau-énergie-agriculture » et la création d’un arc de croissance sahélo-atlantique — dans le prolongement de l’Initiative Royale Atlantique — témoignent de la volonté d’intégration régionale. Un Observatoire de la croissance sera également instauré pour assurer la veille stratégique.
Un dispositif de suivi rigoureux jusqu’au Forum MEDays
La GGC 2026 ne souhaite pas s’arrêter au stade des recommandations. Pour garantir le passage à l’action, une gouvernance de suivi a été instaurée. Elle comprend un comité de pilotage stratégique, un secrétariat opérationnel et des coalitions sectorielles qui utiliseront un tableau de bord annuel pour mesurer les progrès.
Ce dispositif permettra d’évaluer précisément le niveau de maturité des projets, les emplois créés et les blocages levés. Selon les organisateurs, une première note de progrès sera présentée lors du Forum MEDays 2026, prévu à Tanger du 25 au 28 novembre prochain, afin d’assurer une continuité entre les travaux de Rabat et les perspectives stratégiques futures.
Le document complet détaillant cette mise à jour opérationnelle est désormais accessible sur le site officiel de l’Institut Amadeus.
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