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De la BADEA à la BAD : Un leadership éprouvé, un bilan à l’échelle continentale

Par Hamza Abdelouaret


Dans la course à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), les discours ne suffisent pas. Ce sont les bilans concrets qui crédibilisent une ambition. Et c’est précisément ce que met en avant Sidi Ould Tah : une expérience réussie à la tête de la BADEA, où il a su transformer une institution relativement discrète en acteur financier africain solide, dynamique et orienté vers l’innovation.

Une transformation profonde en moins d’une décennie

Nommé en 2015 à la direction de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), Sidi Ould Tah hérite d’une structure à l’époque peu connue du grand public, bien qu’active depuis les années 1970. Dès sa prise de fonctions, il engage une réforme institutionnelle complète, alliant vision stratégique et efficacité opérationnelle.

Résultat : entre 2015 et 2023,

  • les actifs de la BADEA ont augmenté de 75 % ;
  • le niveau des créances douteuses est tombé à moins de 0,5 %, un record sur le continent ;
  • et les engagements annuels ont doublé, atteignant en 2023 un niveau historique, avec des projets dans plus de 40 pays africains, dans des domaines aussi variés que l’énergie, l’agriculture, la santé, les PME ou les infrastructures.

Un modèle de partenariat Sud-Sud réussi

Sous sa direction, la BADEA a aussi renforcé son identité de pont entre le monde arabe et l’Afrique subsaharienne. Il a multiplié les accords avec les grandes institutions financières du Golfe (Fonds saoudien, Fonds koweïtien, Banque islamique de développement…), mobilisant des ressources nouvelles et facilitant des financements conjoints sur des projets à fort impact.

Cette approche partenariale constitue aujourd’hui l’un de ses principaux arguments pour la BAD : sa capacité à rallier des alliés stratégiques hors du cercle traditionnel des bailleurs occidentaux.

Cohérence, rigueur et résultats : des qualités de gouvernance saluées

Dans un contexte de défiance croissante envers les institutions financières internationales, Sidi Ould Tah a su instaurer un style de gouvernance fondé sur :

  • la clarté des processus décisionnels,
  • une gestion rigoureuse des ressources,
  • la mise en œuvre d’outils de suivi-évaluation transparents et orientés résultats,
  • et une proximité renforcée avec les États membres bénéficiaires.

Ce mode de gestion lui a valu d’être désigné à plusieurs reprises comme personnalité de l’année dans des classements spécialisés (Financial Afrik Awards, African Banker…), consacrant la crédibilité de son action sur le terrain.

Une candidature sur la continuité et le changement

Fort de ce parcours, Sidi Ould Tah ne prétend pas “réinventer” la BAD, mais accélérer sa mue en s’inspirant de ce qui a fonctionné à la BADEA. Il propose de transposer à l’échelle continentale :

  • une approche orientée sur les résultats,
  • un dialogue franc et régulier avec les États,
  • une stratégie d’ouverture sur les capitaux du Sud global,
  • et une gestion modernisée, pilotée par l’impact.

Son message est clair : l’Afrique a besoin d’un leadership opérationnel, crédible, et expérimenté. Pas d’un apprentissage en cours de mandat. Et sur ce point, son bilan parle pour lui.

 

L’élection à la présidence de la BAD, un enjeu continental : Rendez-vous le 29 mai à Abidjan

L’élection du futur président de la Banque africaine de développement se tiendra le 29 mai 2025, au siège de l’institution à Abidjan. Elle intervient dans un contexte où les attentes autour de la BAD sont de plus en plus fortes, à mesure que les défis africains se complexifient.

Parmi les candidats en lice, Sidi Ould Tah, ancien président de la BADEA, se distingue par une vision articulée autour de la souveraineté financière, de l’efficacité institutionnelle et d’un développement ancré dans les réalités humaines. Sa candidature a récemment reçu le soutien officiel de plusieurs pays africains, dont la Mauritanie, le Bénin et la Côte d’Ivoire. D’autres soutiens sont en discussion avec des États du Maghreb, de l’Afrique de l’Ouest et des partenaires du Golfe.

À quelques semaines du scrutin, les équilibres restent ouverts. Mais une chose est certaine : cette élection pèsera lourd sur les orientations de la BAD dans les années à venir, et donc sur les trajectoires économiques de tout le continent.


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