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Croissance 2027 : le cadrage budgétaire à 4,1 %, BAM prévoit 2,9 %, HCP projette 3 %

Le ministère de l’Économie et des Finances retient une hypothèse de croissance de 4,1 % pour préparer le PLF 2027. Bank Al-Maghrib anticipe désormais 2,9 %, tandis que le HCP projette 3 %. Derrière ces chiffres, des scénarios différents pour l’agriculture et les activités non agricoles

La Vérité


À quelques semaines de la présentation du projet de loi de finances 2027, trois lectures de la croissance marocaine se dessinent. Le ministère de l’Économie et des Finances fonde son cadrage budgétaire sur une progression du produit intérieur brut de 4,1 % l’an prochain. Bank Al-Maghrib prévoit 2,9 %, selon ses projections du 22 septembre. En juillet, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) avait, pour sa part, retenu 3 % dans son budget économique exploratoire.

La comparaison mérite toutefois une précision : ces trois chiffres ne proviennent ni du même exercice ni des mêmes hypothèses. Le rapport du ministère, publié le 11 septembre, présente un cadrage préparatoire élaboré en juillet et susceptible d’être révisé. Il ne constitue pas le texte définitif du PLF 2027.

Des hypothèses agricoles différentes

Le scénario du ministère repose notamment sur une récolte céréalière de 70 millions de quintaux en 2027. Dans ce cadre, la valeur ajoutée agricole progresserait de 1,2 %. Les activités non agricoles augmenteraient, elles, de 4,3 %. Le ministère envisage une croissance de 4,9 % dans le secteur secondaire et de 4,1 % dans le tertiaire.

Bank Al-Maghrib retient une autre trajectoire. Après une récolte estimée à 93 millions de quintaux en 2026, la Banque centrale fonde son scénario pour 2027 sur un retour à une production moyenne de 50 millions de quintaux. La valeur ajoutée agricole reculerait alors de 7,6 %, malgré une progression attendue de 4 % des activités non agricoles.

Le HCP anticipe également un ralentissement de la croissance en 2027, après le rebond agricole attendu cette année. Son scénario de juillet repose sur l’hypothèse d’une campagne céréalière moyenne.

L’écart entre les trois institutions reflète ainsi, en partie, l’incertitude qui entoure la prochaine campagne agricole. Il concerne aussi le rythme attendu dans le reste de l’économie.

Le budget repose également sur des hypothèses internationales

Pour préparer le PLF 2027, le ministère retient un baril de Brent à 75 dollars, un prix du butane à 500 dollars la tonne et une inflation de 1,6 %. Ces paramètres servent à construire son scénario économique dans un environnement où les prix de l’énergie et la demande extérieure peuvent évoluer.

Le cadrage prévoit par ailleurs une progression de 4,3 % de la consommation finale des ménages et une hausse de 4,6 % de la formation brute de capital fixe en 2027. Ces hypothèses traduisent la place accordée à la demande intérieure et à l’investissement dans les perspectives économiques du ministère.

La Banque centrale a, de son côté, actualisé ses projections le 22 septembre en tenant compte de données conjoncturelles plus récentes. Elle prévoit une croissance de 4,4 % en 2026, suivie d’un ralentissement à 2,9 % en 2027.

Quel scénario pour le PLF définitif ?

Le point central n’est donc pas de désigner une institution qui aurait raison avant que l’année 2027 commence. Il est de comprendre quelles hypothèses le gouvernement conservera lorsqu’il arrêtera le projet de loi de finances.

La croissance intervient dans le calcul des perspectives de recettes et des principaux équilibres budgétaires. Un changement de scénario peut conduire à réexaminer ces projections. Il serait toutefois prématuré d’en déduire un montant précis de recettes supplémentaires ou manquantes sans disposer d’une simulation budgétaire actualisée.

Le rapport ministériel offre un premier cadre de travail. Les dernières projections de BAM et le scénario du HCP apportent, eux, des éléments de comparaison utiles. La prochaine étape sera de vérifier si le cadrage présenté dans le PLF 2027 intègre ces nouvelles données, notamment celles relatives à la récolte céréalière et à l’évolution des activités non agricoles.


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