[ after header ] [ Mobile ]

[ after header ] [ Mobile ]

Crise à Sebta : Le CNDH dénonce les fake news et l’ingérence numérique

Rapport du CNDH sur la crise migratoire à Sebta : manipulation en ligne, ingérence étrangère et bilan humanitaire passé au crible

LA VÉRITÉ


Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) a rendu public ses premiers constats rigoureux concernant la situation critique survenue dans le nord du Maroc et les traversées massives vers l’enclave de Sebta. Loin des lectures simplistes, l’institution nationale lève le voile sur une réalité complexe : un embrasement alimenté par la manipulation numérique, des ingérences extérieures ciblées et des dérives humanitaires inacceptables de part et d’autre de la frontière.

Un bilan humain exigeant la vérité et la transparence

Mis en place en urgence le 29 juillet dernier, le comité de vigilance, de coordination et de suivi du CNDH s’est penché sur l’afflux de près de 41 000 personnes vers Sebta, d’après les chiffres du ministère de l’Intérieur. Au cœur des préoccupations de l’instance figure la divergence criante entre les bilans des pertes en vies humaines : les autorités marocaines recensent 14 décès, tandis que les sources espagnoles avancent un chiffre alarmant grimpant jusqu’à 80 morts.

Face à cette cacophonie chiffrée, le CNDH pose une exigence éthique incontournable : la mise en place d’un mécanisme conjoint, transparent et responsable pour établir la vérité des faits, identifier rigoureusement les victimes et garantir un rapatriement digne, dans le respect strict des traditions familiales.

La genèse d’une crise artificielle : Désinformation et ingérence numérique

L’enquête du Conseil démonte minutieusement la machinerie à l’origine de cette crise. L’escalade des traversées, qui a culminé les 30 et 31 juillet 2026, plonge ses racines dans une manipulation délibérée — notamment la diffusion volontairement erronée d’une décision de la Cour suprême espagnole interprétée comme un blanc-seing à la non-expulsion.

Le rapport met en cause des réseaux criminels et des plateformes en ligne converties en agences de voyage de la détresse, vendant du matériel de natation et coordonnant des déplacements de masse. Plus grave encore, le CNDH documente une ingérence numérique caractérisée : des groupes WhatsApp de coordination ont vu leurs administrateurs s’affairer à effacer des traces en supprimant des numéros étrangers, tandis que des comptes hébergés sous des indicatifs internationaux, notamment algériens (+213), activaient à plein régime les leviers de la désinformation pour pousser la jeunesse à l’exode. Une réalité confirmée par les analyses du renseignement en sources ouvertes (OSINT), pointant l’empreinte de coordinateurs extérieurs dans cette stratégie d’embrasement.

Conditions humanitaires alarmantes et responsabilités partagées

Sur le terrain, le CNDH dresse un réquisitoire sévère contre le traitement réservé aux migrants à Sebta. L’institution dénonce l’abandon de milliers d’individus, dont des femmes et des mineurs, privés d’eau et de nourriture pendant deux jours dans une enclave barricadée, où les commerces ont été poussés à fermer et l’aide humanitaire locale interdite.

Pis encore, le rapport met en lumière une flambée xénophobe menée par des groupes extrémistes locaux, ainsi que des violences physiques et des mauvais traitements imputés aux forces de sécurité espagnoles dans des zones soustraites aux caméras.

Côté marocain, le CNDH fait preuve d’une probité institutionnelle totale en refusant d’éluder les responsabilités. L’instance relait les dérives de certains agents des forces de l’ordre n’ayant pas respecté les principes stricts de nécessité et de proportionnalité. À ce titre, l’affaire de l’agent proférant des menaces, largement relayée en ligne, a été immédiatement transmise par la Commission Régionale des Droits de l’Homme (CRDH) de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma au parquet général pour un suivi judiciaire implacable.

En pointant du doigt les dérives d’une certaine presse en mal de déontologie et l’instrumentalisation politique de la misère humaine, le CNDH en appelle à un sursaut général.


À lire aussi
commentaires
Loading...
[ Footer Ads ] [ Desktop ]

[ Footer Ads ] [ Desktop ]