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Covid-19 : une étude marocaine inédite retrace quatre années d’évolution du virus

Des chercheurs de l’Institut Pasteur du Maroc dévoilent les mutations clés du coronavirus et leurs impacts sur la santé publique

LA VÉRITÉ


Une équipe de chercheurs de l’Institut Pasteur du Maroc a publié la première étude complète retraçant l’évolution du Covid-19 dans le Royaume entre 2021 et 2024. Parue dans la revue npj Viruses du groupe scientifique Nature, cette recherche a été menée avec le Centre Hospitalier Universitaire Ibn Rochd de Casablanca et soutenue par les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies. Elle repose sur une analyse génomique de 235 échantillons marocains, offrant une surveillance en temps réel inédite, contrairement aux études précédentes fondées sur des bases de données internationales.

De l’Alpha à l’Omicron : la dynamique des variants


Dès 2021, les variants Alpha et Delta dominaient, représentant chacun 38 % des cas, tandis qu’Omicron apparaissait déjà dans 21 % des échantillons. À partir de 2022, Omicron et ses sous-lignées ont pris le dessus, jusqu’à représenter 100 % des cas. La chercheuse principale, Dr Oumaima Bouddahab, a révélé que la sous-lignée JN.1.45 détectée en 2024 comportait 89 mutations, illustrant une remarquable capacité d’adaptation.

Un rôle central pour le Maroc


Les analyses démontrent que le Maroc a occupé une position stratégique dans la circulation du virus, avec des flux identifiés vers l’Europe, l’Afrique subsaharienne et l’Asie, notamment lors des vagues Omicron. Cette centralité impose un renforcement des mécanismes de surveillance sanitaire aux frontières.

Delta, plus virulent – Omicron, plus contagieux


Selon l’étude, Delta a causé les formes les plus graves tandis qu’Omicron s’est distingué par sa rapidité de transmission. Près de 79 % des patients présentaient des symptômes, principalement dans la tranche 20-40 ans. Le Pr Hicham Charoute rappelle que la baisse de gravité n’annule pas le risque : la forte contagiosité continue de menacer les personnes vulnérables.

Adapter les vaccins face aux mutations


Les mutations majeures, telles que E484K et N501Y, réduisent l’efficacité vaccinale. Les chercheurs recommandent des mises à jour régulières des formules, à l’image des vaccins bivalents testés en Israël.


L’équipe propose la mise en place de centres permanents de surveillance génomique dans les aéroports et ports, le développement de plateformes vaccinales flexibles et un renforcement de la coopération régionale avec l’appui de l’OMS.

Cette étude pionnière confirme que la surveillance génomique est un outil stratégique, indispensable pour anticiper de futures pandémies et protéger durablement la santé publique.


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