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Coronavirus. Qu’est-ce que les « coronabonds » ?

ÉCONOMIE Z- NEWSLETTER (apm) / 26 mars 2020
Coronavirus. Qu’est-ce que les « coronabonds » ?

Face à la crise économique liée au coronavirus, neuf pays de la zone euro appellent à créer des « coronabonds ». Voici ce que cela signifie.

L’expression revient de plus en plus régulièrement dans les sphères européennes. Mardi 24 mars au soir, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a demandé lors d’une visioconférence aux ministres des Finances de la zone euro d’envisager sérieusement l’hypothèse des « coronabonds ».

Ce mercredi, ce sont les dirigeants de neuf pays européens [France, Italie, Espagne, Portugal, Irlande, Grèce, Belgique, Luxembourg, Slovénie] qui ont appelé, dans une lettre adressée au président du Conseil européen, à la mise en place d’une telle mesure. Mais qu’est-ce qui se cache derrière cette expression ? Explications.

Des obligations Chaque année, pour financer leur déficit, les États émettent des obligations, qui sont en fait des promesses de remboursement avec plus ou moins d’intérêt. Ces titres sont mis sur les marchés et peuvent être acquis par des investisseurs publics ou privés comme des fonds pensions ou des fonds d’assurances.

Les obligations générées par les États dépendent de la situation financière de ces derniers. En France, la dette atteint 2 415 milliards d’euros, soit 100 % de son PIB.

En fonction de cela, les agences de notations évaluent les risques de non-remboursement par les États, ce qui fait fluctuer les taux d’intérêt. Une idée ancienne Par exemple, selon La Tribune , l’Italie qui a un taux d’endettement très élevé et qui est notée BBB- par Standard & Poor’s (l’une des trois grandes agences de notation), emprunte aujourd’hui à un taux d’intérêt de 1,69 %.

Au contraire, l’Allemagne dont la dette est plus faible et la note plus favorable (AAA) emprunte à un taux négatif de -0,39 %. Au sortir de la crise économique de 2008, plusieurs pays européens avaient plaidé pour la possibilité d’émettre des « eurobonds ». Des obligations qui n’auraient pas été émises par les États chacun de leur côté mais par l’ensemble de la zone euro.

Cette solution aurait ainsi permis à des pays en difficulté financière comme la Grèce d’emprunter à des taux plus bas que s’ils le faisaient seuls. Finalement et face à l’opposition franche de l’Allemagne et des pays d’Europe du Nord qui critiquaient le laxisme budgétaire des pays du Sud, ce projet n’avait pas abouti.

Pas encore de consensus Depuis plusieurs jours, et alors que la pandémie de coronavirus ébranle fortement les économies de l’Union européenne poussant les États à s’endetter, la question se pose de nouveau. Plusieurs pays comme le Portugal ou l’Italie réclament ainsi des « coronabonds ». Cette fois-ci, ces obligations seraient toutefois circoncises aux dépenses liées au coronavirus.

Questionnée par le journal allemand Der Spiegel , la présidente de la Commission européenne Ursula vont der Leyen n’a pas exclu une telle hypothèse, d’autant que l’Allemagne apparaît cette fois moins catégorique. Mais mardi, le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire a rappelé qu’il n’existait pas encore de consensus en Europe sur le sujet.

Avec ouest-france.fr

 

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