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Coronavirus: Au soir, Casablanca se met en confinement volontaire

SOCIÉTÉ Z- NEWSLETTER (apm) / 19 mars 2020
Coronavirus: Au soir, Casablanca se met en confinement volontaire

Débordant de vie en temps normal, les principales artères et les lieux de rassemblement à Casablanca sont abandonnés par les habitués et les badauds, qui ont, apparemment, pris la mesure de la gravité de la situation générée par la pandémie du nouveau coronavirus.

Les Casablancais, qui affectionnent la vie nocturne et les bancs des snacks, semblent avoir entendu l’appel des autorités publiques, qui ont incité, mercredi, l’ensemble des citoyens à limiter les déplacements et à privilégier les « l’isolement sanitaire » pour mieux se protéger.

La fameuse place des Nations Unies, épicentre historique de la ville, s’est vidée, pour la première fois, des milliers de promeneurs, de passagers et même de ses « clients », déjà orphelins suite à la fermeture des nombreux cafés, restaurants et laiteries du coin, depuis deux jours.

Une fois n’est pas coutume: Des bus stationnés, non loin de la célèbre coupole Zevaco (Koura Al-Ardiya), ont arrêté le moteur dans l’attente de potentiels passagers. Une scène un peu bizarre car, à ce moment de la journée (début de soirée), les voyageurs se constituaient en longues files d’attente pour rentrer chez eux.

Non loin, les bazars et les boutiques de l’ancienne médina ont baissé le rideau, dissuadant les « récalcitrants » de rebrousser chemin et aller retrouver les leurs autour d’une grande théière.On raconte que des spécialistes conseillent de prendre, autant que possible, des boissons chaudes comme moyen naturel de se prémunir contre le terrible virus. Vrai ou faux, un bon thé à la menthe ou une tisane ne fait de mal à personne.

Au boulevard Zerktouni, à proximité des deux tours du prestigieux « Twin Center », cela ressemble plutôt à une séquence d’un western-spaghetti. Il ne manquait qu’une composition d’Ennio Morricone, dont le pays est terriblement frappé par le coronavirus.L’attitude d’une grande partie des Casablancais est une agréable surprise dans une ville réputée réfractaire et indomptable.

C’est aussi un témoignage d’une prise de conscience du danger qui guette le pays et de la responsabilité, pour tout un chacun, de consentir des sacrifices et contribuer à protéger la collectivité nationale, même par l’isolement.

En harmonie avec l’ambiance générale, « Morocco Mall », le plus grand centre commercial de la ville sis au quartier huppé d’Ain Diab, a annoncé la fermeture de ses portes mercredi à 18H00, tout en assurant la continuité des services vitaux constitués par l’hypermarché et la pharmacie.

De retour vers le centre-ville historique, plus précisément à Bab Marrakech, la vie reprend ses droits autour des étals des légumes et fruits et des caisses à poisson, avec des prix un peu élevés que la normale.

On est encore loin de la flambée, mais la relative hausse des tarifs peut être justifiée par les achats de panique de ces derniers jours.Et pourtant, l’approvisionnement se poursuit comme d’habitude au marché de gros.

Les camions transportant les produits agricoles déchargent leurs cargaisons au rythme habituel, a constaté, jeudi matin, sur place un journaliste de la MAP.Dans les quartiers populaires et périphériques de la métropole, des témoins oculaires font état d’un net recul des mouvements des gens, avec des rassemblements épars au niveau des points de vente des denrées alimentaires.

Les Casablancais, comme le reste des Marocains, semblent avoir globalement bien capté le message des autorités et adhéré aux actions de sensibilisation menées tous azimut tant par les pouvoirs publics que par la société civile et les jeunes internautes, mobilisés dans la vie réelle que dans le monde virtuel. Les brebis galeuses peuvent toujours bêler !

Jamal Chibli.

 

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