Coopération UE-UA-Maroc : le Royaume s’affirme comme le laboratoire central entre deux continents
Signature à Bruxelles : le Maroc et l'Union européenne scellent un pacte scientifique historique pour l'avenir méditerranéen. 28 millions d'euros mobilisés pour faire germer une agriculture durable et souveraine. Rabat accélère vers un statut de partenaire privilégié pour transformer son horizon technologique.
LA VÉRITÉ
Ce vendredi 27 mars 2026, à Bruxelles, le ministre Azzeddine El Midaoui a officialisé la prolongation de la participation du Maroc au programme de recherche PRIMA pour la période 2025-2027. Signé en présence de la Commissaire européenne Ekaterina Zaharieva, cet accord stratégique consolide l’alliance scientifique entre le Royaume et l’Union européenne face aux défis climatiques et alimentaires de la Méditerranée.
Partenariat PRIMA reconduit
L’accord prend la forme d’un échange de lettres diplomatiques. L’Ambassadeur du Maroc auprès de l’UE, Ahmed Reda Chami, et le Directeur Général de la Recherche à la Commission Européenne, Marc Lemaitre, ont apposé leurs signatures sur ce document important. Ce geste n’est pas une simple formalité administrative, c’est un véritable pont de savoir jeté par-dessus la mer Méditerranée. Par cette signature, le Maroc réaffirme son rôle de pilier dans la coopération scientifique régionale. Les universités, les entreprises et les centres de recherche marocains conservent ainsi leur accès aux financements européens.
Concrètement, le bilan du programme PRIMA depuis 2018 ressemble à une montagne de succès partagés. Les équipes marocaines ont déjà participé à 152 projets sur les 304 financés globalement. Sur le plan comptable, cette collaboration a mobilisé une enveloppe totale de 28,4 millions d’euros. Le financement se répartit de manière équilibrée entre la Commission Européenne, qui a injecté 13,6 millions d’euros, et le Maroc, qui a contribué à hauteur de 14,8 millions d’euros au profit de ses propres chercheurs.
Eau et agriculture durable
Le programme PRIMA agit comme une boussole technologique pour la région. Il soutient des projets collaboratifs qui s’attaquent à des géants : le manque d’eau et l’insécurité alimentaire. Ces défis sont des incendies que seule la recherche peut éteindre. En se focalisant sur l’agriculture durable, les partenaires visent à transformer les terres arides en laboratoires d’espoir.
En marge de la cérémonie, Monsieur le Ministre a rencontré Madame la Commissaire Zaharieva pour une réunion bilatérale intense. Ils ont discuté des perspectives de développement de la recherche et de l’innovation. Les deux parties ont salué la densité exceptionnelle de leurs relations actuelles. Si le passé était fait de promesses, le présent se construit désormais sur une coopération active, notamment à travers le programme Horizon Europe.
Vers un statut associé
L’ambition marocaine ne s’arrête pas à la signature de contrats. Le ministre El Midaoui a mis sur la table des dossiers structurants pour l’avenir de l’enseignement supérieur. Les discussions ont porté sur l’accompagnement de la nouvelle loi n°59-24, une véritable architecture législative pour la recherche scientifique marocaine.
Toutefois, la fluidité de la connaissance nécessite de briser les chaînes de la bureaucratie. C’est pourquoi le Maroc plaide pour une facilitation de l’octroi de visas au profit des enseignants-chercheurs et du personnel administratif. Une muraille administrative qui s’effrite permettrait une circulation plus libre des idées. Par ailleurs, les négociations pour que le Maroc devienne un « pays associé » aux programmes-cadres européens ont été relancées. Ce statut ferait du Royaume un partenaire de premier rang, presque un membre de la famille scientifique européenne.
Innovation et coopération triangulaire
Le futur s’écrit également à travers la création de centres d’excellence et de Cités d’Innovation. Ces hubs technologiques doivent devenir les moteurs de la croissance économique régionale. Le soutien européen sera ici déterminant pour transformer les idées en brevets et les brevets en emplois.
La vision marocaine dépasse le cadre strictement bilatéral. Le Royaume souhaite renforcer la coopération triangulaire entre l’Union Européenne, l’Union Africaine et le Maroc. En agissant comme un trait d’union entre deux continents, le Maroc se positionne comme le laboratoire central des priorités communes africaines et européennes. Cette dynamique transforme la Méditerranée en un espace commun de recherche où l’innovation ne connaît plus de frontières.
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