Maroc – USA : Washington accélère ses ventes, le déficit se creuse
Les échanges de biens entre le Maroc et les États-Unis prennent une nouvelle dimension en 2026. À fin juillet, les exportations américaines vers le Royaume ont bondi de 25,2%, tandis que les ventes marocaines progressent à un rythme plus modéré

La Vérité
Le commerce entre le Maroc et les États-Unis connaît une nette accélération depuis le printemps. Selon les dernières données du U.S. Census Bureau, les exportations américaines vers le Royaume ont atteint 4,069 milliards de dollars sur les sept premiers mois de 2026, contre 3,253 milliards sur la même période de 2025, soit une progression de 25,2%.
Le mois de juillet illustre particulièrement cette dynamique. Les ventes américaines au Maroc ont atteint 686,3 millions de dollars, leur niveau mensuel le plus élevé dans la série disponible du Census Bureau. Elles dépassent ainsi les 637,1 millions enregistrés en juin et les 647,4 millions d’avril.
Du côté marocain, les exportations vers les États-Unis progressent également, mais beaucoup plus lentement. Les achats américains de produits marocains se sont élevés à 1,236 milliard de dollars entre janvier et juillet, contre 1,083 milliard un an auparavant, soit une hausse d’environ 14%.
Cette différence de rythme élargit mécaniquement le déficit commercial du Maroc vis-à-vis des États-Unis. Sur les sept premiers mois de l’année, le solde atteint 2,833 milliards de dollars en faveur de Washington, contre 2,171 milliards un an plus tôt. L’écart s’est donc accru de plus de 660 millions de dollars en une année.
Cette évolution ne signifie pas pour autant que les exportations marocaines reculent. Elles continuent au contraire de progresser. Mais la vitesse à laquelle les produits américains entrent sur le marché marocain est aujourd’hui supérieure à celle des ventes marocaines vers les États-Unis.
La composition des échanges permet de mieux comprendre cette relation. Les États-Unis disposent d’une présence importante dans des secteurs stratégiques pour le Maroc, notamment l’énergie, l’aéronautique, les équipements et les produits chimiques. De l’autre côté, le Royaume exporte notamment des engrais, des équipements électriques et électroniques, des véhicules et des produits issus de l’agroalimentaire.
L’évolution de 2026 intervient après une année 2025 déjà marquée par un important déséquilibre. Les États-Unis avaient exporté pour 5,53 milliards de dollars de biens vers le Maroc, contre 1,86 milliard de dollars d’importations en provenance du Royaume, soit un excédent américain de 3,67 milliards.
Pour Rabat, cette dynamique pose donc une question économique qui dépasse les seuls chiffres du commerce bilatéral : comment augmenter davantage la valeur et le volume des exportations marocaines vers le marché américain alors que les importations américaines accélèrent ?
Le potentiel existe pourtant. Le Maroc dispose d’une offre compétitive dans les engrais, l’automobile, l’aéronautique, l’électronique et plusieurs filières agroalimentaires. L’enjeu consiste désormais à transformer cette présence en parts de marché plus importantes et à renforcer la capacité des entreprises marocaines à accéder durablement au marché américain.

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