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Commémoration de la tragédie de Grenfell à Londres: La communauté marocaine se mobilise

LA VÉRITÉ / MAP


Fidèle à sa tradition de munificence, la communauté marocaine a travaillé d’arrache-pied pour contribuer au succès d’une série d’événements, tenus à Londres, à l’occasion du cinquième anniversaire de l’incendie de la Grenfell Tower.

La tour résidentielle de 24 étages accueillait les foyers de plusieurs familles marocaines résidant dans la capitale britannique. Elle s’est embrasée le 14 juin 2017, lorsqu’un feu s’est déclaré dans un studio du quatrième étage, avant de dévorer le reste de la tour via le bardage extérieur. Ce drame a coûté la vie à 72 personnes, dont 11 Marocains.

Un service commémoratif a été organisé, mardi matin à l’abbaye de Westminster, avec la participation d’éminentes personnalités, alors que la cloche de l’édifice emblématique a sonné à 72 reprises, en hommage aux 72 victimes de l’incendie.

Noureddine Aboudihaj, fondateur de l’association « Grenfell Trust » pour le soutien psychologique et moral des rescapés de cet incendie tragique, a indiqué que l’organisation de ce service dans un lieu si hautement symbolique, « représente le point culminant de cinq années de combat pour faire en sorte que les 11 Marocains morts dans cet incendie ne soient jamais oubliés ».

« C’est également l’occasion de rappeler l’importance d’offrir aux survivants le soutien nécessaire pour se remettre de cette tragédie », a-t-il ajouté dans une déclaration à la MAP.

Un silence de 72 secondes a par la suite été observé au centre commercial de Westfield, à une dizaine de minutes de la tour, avant que les noms des victimes ne raisonnent à travers les haut-parleurs du Mall où un mémorial a été dressé à l’initiative de l’association « Grenfell Speaks ».

Son fondateur, Faisal Metalsi, a expliqué à la MAP que l’association a vu le jour au lendemain de l’incendie, dans le but de porter la voie des victimes de ce drame. « En tant que Marocain, j’ai ressenti le besoin d’agir pour que la mort de membres de notre communauté ne soit pas veine », a-t-il souligné avec émotion.

Dans un premier temps, Grenfell Speaks (GS) servait de plateforme pour faciliter l’organisation des aides aux victimes et leur rassemblement, a-t-il relevé, notant qu’au fur et à mesure, « on a commencé à relayer les histoires des sinistrés et de leurs familles et à diffuser des streaming en direct couvrant les événements organisés en soutien à la cause, avec notamment l’ensemble des marches silencieuses tenues à travers la ville ».

Sur les réseaux, GS a commencé à utiliser l’émoji du cœur vert pour toutes les informations relatives à Grenfell et progressivement ce logo a fini par s’imposer comme symbole de la quête de justice des victimes avec le hashtag « Forever in our hearts » (à jamais dans nos cœurs).

« Les publications de GS ont dépassé les 25 millions de vues sur les réseaux sociaux et nous ambitionnons aujourd’hui de créer des archives, afin de raconter l’histoire des Marocains et de toute la communauté qui veut aller de l’avant », a détaillé Faisal.

Cinq ans après les faits, aucune poursuite n’a été engagée, alors que l’enquête officielle a pointé du doigt de « graves lacunes » dans la réponse de la brigade des pompiers, ainsi que l’usage par le promoteur de matériaux extrêmement inflammables sur la façade de la tour. Le revêtement a, d’ailleurs, été désigné comme « principale cause » de la propagation rapide du feu, en raison de sa non-conformité avec la réglementation de prévention des incendies.

C’est l’une des raisons pour lesquelles Grenfell Speaks et nombre d’autres associations continuent de porter la voie des victimes, qui peinent à faire le deuil tant que justice n’a pas été rendue.

En soirée, un service multiconfessionnel à la mémoire des victimes, ainsi qu’une marche silencieuse en partance de la tour, marquée par une apparition du prince William et de son épouse Kate, ont également été organisés dans le quartier londonien de North Kensington où des cœurs verts ornent chaque coin de rue.

L’incendie, le pire d’un immeuble d’habitation depuis la seconde guerre mondiale au Royaume-Uni, continue de faire couler beaucoup d’encre dans le pays, alors que les conclusions définitives de l’enquête tardent à venir et que plusieurs familles évacuées n’ont toujours pas eu droit à des solutions permanentes de relogement.

De plus, plusieurs milliers de Britanniques continuent de vivre dans des immeubles recouverts d’un revêtement du même type que celui de la tour Grenfell, une donne qui fait redouter le pire et qui accentue la pression sur l’exécutif afin d’accélérer la mise en œuvre des recommandations initiales de l’enquête, en dépit de leur coût faramineux.


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