CNUCED 2026 : Face aux crises globales, le Maroc esquisse une nouvelle feuille de route pour le multilatéralisme
Le Maroc appelle au consensus à Genève pour l'adoption de la première résolution du Conseil du commerce. Face à une conjoncture mondiale incertaine et au poids de la dette, la diplomatie marocaine fixe cinq priorités stratégiques. Rabat met en avant la ZLECAf et un financement climatique équitable.

Intervenant le 14 septembre 2026 à Genève lors de l’ouverture de la 73ème session du Conseil du commerce et du développement de la CNUCED, le Maroc a appelé la communauté internationale à préserver le principe du consensus pour l’adoption de sa toute première résolution. Dans une conjoncture mondiale fragilisée par les tensions géopolitiques, les crises énergétique et alimentaire ainsi que le poids de la dette, la diplomatie marocaine a exposé cinq priorités stratégiques afin de consolider la coopération multilatérale et le soutien aux nations en développement.
Un appel au consensus dans une conjoncture mondiale incertaine
L’ambassadeur et représentant permanent du Royaume du Maroc auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, Omar Zniber, s’est exprimé lundi 14 septembre 2026 lors du débat général du Conseil du commerce et du développement (CCD). Le diplomate a souligné la nécessité de maintenir des méthodes de travail transparentes et inclusives afin de faciliter l’aboutissement des négociations. Le Conseil du commerce et du développement exerce les fonctions d’organe directeur de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) entre les réunions quadriennales et se rassemble annuellement à Genève.
Les travaux de cette 73ème session s’ouvrent dans un contexte international complexe. Les tensions géopolitiques actuelles exacerbent les crises énergétique et alimentaire, tandis que le poids de la dette et les effets du changement climatique pèsent sur les économies en développement. Dans son rapport d’ouverture, le Secrétaire général par intérim de la CNUCED, Pedro Manuel Moreno, a mis en évidence l’impact des perturbations dans le détroit d’Hormuz sur l’approvisionnement énergétique et la sécurité alimentaire des nations les plus vulnérables.
Intégration africaine et dynamisation des échanges Sud-Sud
Pour répondre à ces défis majeurs, la représentation marocaine a structuré son intervention autour de cinq axes prioritaires. La préservation du principe du consensus constitue la première condition requise pour renforcer le rôle du Conseil dans l’examen des grandes questions économiques. La deuxième priorité concerne le soutien direct aux initiatives régionales d’intégration en Afrique. Le Maroc met en avant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en tant que moteur de l’intégration économique continentale. Le Royaume rappelle également l’importance stratégique de l’Initiative Royale pour l’Afrique Atlantique, impulsée par le Roi Mohammed VI pour favoriser le désenclavement des États du Sahel, ainsi que le projet du Gazoduc Africain Atlantique.
La troisième priorité énoncée par le diplomate porte sur l’intensification du partenariat commercial Sud-Sud. Le Maroc préconise de s’appuyer sur le Système global de préférences commerciales entre pays en développement (GSTP). Cet instrument doit permettre d’établir des échanges plus stables et résilients en élargissant la coopération au-delà des seules mesures tarifaires.
Réforme du financement du développement et solidarité climatique
La quatrième priorité défendue par le Maroc concerne la prise en compte des difficultés propres aux pays à revenu intermédiaire. La diplomatie marocaine soutient à ce titre l’initiative internationale « Au-delà du PIB ». Le revenu par habitant ne reflète pas la vulnérabilité réelle de ces États face aux chocs économiques, sanitaires ou climatiques. Le système d’attribution des financements concessionnels exige ainsi un ajustement adapté aux risques réellement encourus.
Le cinquième et dernier axe met l’accent sur la mobilisation accrue, prévisible et équitable des financements climatiques en faveur des nations en développement. Omar Zniber a réaffirmé la pleine coopération du Maroc pour mener les travaux du Conseil dans un esprit de compromis et garantir le succès de cette session.

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