CNP : les 14 représentants sont connus
La nouvelle composition professionnelle du Conseil national de la presse est désormais connue. La Commission provisoire chargée d’exercer les attributions du CNP a proclamé, le 16 septembre, les 7 représentants élus des journalistes professionnels et validé les 7 éditeurs désignés pour siéger dans la future instance. Cette étape ouvre la voie à l’installation des structures du Conseil, après une procédure marquée par un désaccord entre la Commission et la Fédération marocaine des éditeurs de journaux sur l’examen des dossiers du collège des éditeurs.

Le scrutin des journalistes, organisé le 15 septembre dans les différentes régions du Royaume, a mobilisé 1.681 votants sur 3.421 inscrits. Le taux de participation s’est établi à 49,14 %. La Commission a comptabilisé 1.529 suffrages valablement exprimés et 152 bulletins nuls. Aucun bulletin n’a été déclaré litigieux dans les procès-verbaux consolidés au niveau national.
Hanane Rahab arrive largement en tête avec 703 voix. Elle devance Abdellah Bakkali, qui en obtient 481, Abdelhak El Adimi avec 455 voix et El Kebir Khachichine avec 437 voix. Mounia Archi est élue avec 281 voix, devant Nadia Hassissou et ses 257 voix, puis Aziza Ghallam avec 253 voix. L’écart entre la première et le deuxième candidat atteint 222 suffrages.
La représentation féminine constitue l’un des traits saillants du résultat. Quatre femmes figurent parmi les 7 journalistes élus. Deux autres siègent dans le collège des éditeurs. La future instance comptera ainsi 6 femmes parmi ses 14 représentants professionnels. Leur présence devra encore se traduire dans la répartition des responsabilités internes et dans les commissions appelées à traiter les cartes professionnelles, les plaintes, la déontologie, la médiation et les questions économiques liées à la presse.
Les profils élus couvrent plusieurs composantes du paysage médiatique. Abdellah Bakkali dirige le quotidien Al Alam. Abdelhak El Adimi travaille à Rissalat Al Oumma. El Kebir Khachichine, journaliste à Al Ahdath Al Maghribia, préside également le Syndicat national de la presse marocaine. Mounia Archi exerce au sein de la Radio nationale, tandis que Nadia Hassissou appartient à la chaîne Tamazight de la SNRT. Aziza Ghallam travaille à Assahra Al Maghribia. Hanane Rahab a également exercé au sein d’Al Ahdath Al Maghribia.
Le second collège répond à une procédure différente. Les journalistes ont choisi leurs représentants par un vote national, alors que les éditeurs ont été désignés par l’organisation professionnelle habilitée, après vérification de leurs dossiers par la Commission. Les 7 sièges reviennent à Bahia Amrani, Souad Mekkaoui, Mehdi Allabouch, Aziz Daki, Driss Chahtane, Mokhtar Laghzioui et Khalid El Hariry.
Ces responsables représentent des publications et des groupes comprenant Le Reporter, Maroc Diplomatique, Les Inspirations ÉCO, Le360, Chouf TV et Al Michaal, Al Ahdath Al Maghribia ainsi que TelQuel. Les 7 noms ont été proposés par l’Association nationale des médias et des éditeurs, puis validés par la Commission après l’examen des documents destinés à établir leur qualité d’éditeur et leur conformité aux conditions légales.
Cette composition intervient dans un contexte de désaccord avec la Fédération marocaine des éditeurs de journaux. Dans son communiqué du 9 septembre, la FMEJ affirme avoir présenté 74 dossiers d’entreprises de presse. Selon sa version, seuls 6 dossiers avaient d’abord fait l’objet de demandes de compléments limitées. Après la transmission de ces éléments, la Fédération indique avoir reçu de nouvelles observations concernant 69 dossiers, assorties d’un délai qu’elle estimait insuffisant.
La FMEJ assure avoir déposé des pièces supplémentaires pour près de 60 entreprises dès le lendemain, avec récépissé, avant d’apprendre que seuls 5 dossiers de ses membres avaient finalement été considérés comme conformes. Elle a demandé un délai supplémentaire et la désignation d’un interlocuteur chargé de répondre aux questions relatives aux documents exigés.
Selon la Fédération, les dossiers concernés appartiennent à des titres nationaux, régionaux, arabophones, francophones et numériques. Elle cite notamment Al Alam, L’Opinion, Al Bayane, Bayane Al Yaoume, Al Haraka, Al Ouyoune, Al Ayyam, Ayyam24, Alyaoum24, Al Mountakhab, Le Desk et Yabiladi, ainsi que plusieurs publications du Sahara et de la presse régionale. Elle conteste certains motifs relatifs aux déclarations sociales, au nombre de journalistes employés et aux pièces établissant la régularité des entreprises.
Le 14 septembre, la FMEJ a annoncé le retrait de l’ensemble de ses dossiers du processus de désignation. Elle a indiqué qu’elle ne se considérait pas concernée par la composition qui en résulterait si les décisions contestées n’étaient pas réexaminées et accompagnées de réponses détaillées. Cette position porte sur la procédure suivie pour la désignation des éditeurs et reste distincte du scrutin organisé pour les journalistes professionnels.
La Commission provisoire a répondu que son rôle consistait à vérifier des conditions légales identiques pour tous les candidats. Elle distingue l’admission d’une organisation professionnelle, qui dépend de sa constitution juridique et de sa représentativité, de l’examen individuel de chaque entreprise affiliée. Selon cette lecture, l’acceptation de la FMEJ comme organisation participante n’impliquait pas la validation automatique de l’ensemble des éditeurs présentés.
La Commission précise également qu’un récépissé de dépôt atteste la remise des documents sans préjuger de leur conformité. Elle considère que l’accès au soutien public à la presse ne suffit pas à établir qu’une entreprise remplit les conditions particulières exigées pour participer à la désignation des membres du CNP. Elle affirme enfin que les vérifications relatives au nombre de journalistes, à leur situation sociale et aux documents de la CNSS résultent des textes encadrant la procédure.
Concernant les délais, la Commission estime qu’elle ne pouvait accorder à une organisation professionnelle une prolongation qui n’aurait pas été prévue par les règles applicables à l’ensemble des participants. Elle affirme que les demandes de compléments avaient précisément pour objectif de permettre aux entreprises concernées de régulariser leurs dossiers dans les délais fixés.
Les deux parties présentent ainsi des lectures différentes de la procédure. La FMEJ met en avant le nombre de dossiers déposés, les documents complémentaires transmis et la diversité des publications concernées. La Commission se réfère à l’examen individualisé des pièces et à l’application des mêmes exigences juridiques et réglementaires à chaque éditeur. Elle rappelle que les décisions prises peuvent être contestées devant les juridictions compétentes.
La participation de 49,14 % au scrutin des journalistes apporte un autre indicateur sur cette séquence professionnelle. Près d’un journaliste inscrit sur deux a pris part au vote, dans un contexte marqué par des divergences entre organisations représentatives. Les 7 élus disposent désormais d’un mandat issu des suffrages exprimés à l’échelle nationale.
La Commission considère que la proclamation des résultats et la validation de la liste des éditeurs achèvent une étape essentielle du processus de constitution du CNP. Les prochaines opérations concerneront l’installation officielle de ses structures, la répartition des responsabilités et le démarrage effectif des missions prévues par la loi.
Le fonctionnement de la nouvelle instance permettra d’apprécier la place accordée aux différentes composantes de la profession. La transparence des procédures, la motivation des décisions, l’examen des éventuels recours et l’équilibre dans le traitement des dossiers constitueront des éléments importants pour accompagner cette nouvelle étape du Conseil national de la presse.

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