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Chronique: Crise et malaise dans l’enseignement

Quel métier reflète le plus de difficultés actuelles de la profession d’enseignant que le nombre en augmentation régulière de dépression chez ceux qui l’exercent.

Tout y concourt : l’ école d’aujourd’hui apparaît de plus en plus comme un lieu de conflits multiples au centre desquels sont pris ,de façon sommaire,des enseignants dont les idéaux professionnels se trouvent bafoués par les faits.

Comment imaginer qu’un métier aussi noble ,ancien et nécessaire à la société,porteur de valeurs sûres et enrichissantes puisse induire chez ceux qui l’exercent des symptômes de maladie,de « mal-être », de « malaise  » ,voire même de « crise ».

Cependant, nombreux sont les enseignants qui souffrent de difficultés psychologiques: migraine,nervosité,dépression, mauvaise humeur, insomnie …

C’est ainsi que les arrêts de travail , les congés de maladie, les absences, les retards augmentent chaque année.

Ce malaise apparaît d’abord plus manifeste chez les instituteurs que chez les professeurs universitaires.

Ses conséquences possibles sont une altération de la qualité du travail accompli et des résistances accrues à tous les changements de programmes des élèves.

L’école d’antan,lieu d’apprentissage à respecter, est devenue un lieu de contestation dans lequel l’enseignant tend à perdre son statut de maître pour prendre celui de « personne à combattre », qu’il soit pour les autres l’éducateur  » maladroit » qui néglige ou se  » fiche » de la personnalité de l’enfant ou qu’ il soit considéré comme un instrument social contesté pour n’avoir à propser qu’un système dans lequel l’avenir des jeunes apparaît incertain.

Les lieux de l’enseignement se présentent donc comme des lieux de focalisation de l’angoisse, de consommation des agressivités des uns et des autres alors qu’ une société en pleine mutation exigerait que l’enseignant soit surinvesti et considéré comme le témoin de l’extrême valorisation des professions dites  » intellectuelles » et  » techniciennes » don toutes les nations ont aujourd’hui besoin.

L’on assaille l’éducation et l’enseignement de critiques.De tous bords l’on déplore les résultats qui sont en baisse sur les décennies précédentes .

Du coup , l’on remet en question les systèmes, et même les éducateurs, sans toujours admettre que la crise dans l’éducation est le reflet d’une crise de société encore plus qu’une crise de la pédagogie , et que certaines erreurs comme le négligence de l’enseignement primaire remontent à loin.

Parmi les grands problèmes de l’éducation: la difficulté d’intégrer le monde contemporain dans l’enseignement et de répondre aux besoins réels de la société.

L’école et l’université ne répondent pas à ces besoins et ne permettent pas aux jeunes de trouver du travail.

Placés au centre de ce malaise et ayant à supporter ces responsabilités , les enseignants paient en termes de souffrances un tribut bien plus lourd que d’autres professions.

Ils deviennent coléreux, agressifs, déprimés au cours de l’exercice de leur métier.

Mais comme tout professionnel , le bon enseignant est finalement celui qui résiste à toutes ces souffrances et qui réussit à surmonter toutes ces difficultés.Et c’est cette résistance qui est honorable et qui l’aide à réussir dans sa mission.

.Il devient prioritaire de se demander en quoi le système éducatif peut garantir la formation des élèves, autrement dit, en quoi les acquisitions cognitives, les capacités opérationnelles, les différentes compétences peuvent – elles être réalisables dans des situations de vie ?.

La question fondamentale aujourd’hui n’est pas de savoir combien d’élèves ont été scolarisés, combien d’enfants ont suivi des enseignements magistraux scolaires combien cela a coûté au pays…?

Mais plutôt de savoir combien d’élèves ont acquis des compétences opérationnelles?. Et quelles compétences ?

L’école nouvelle n’est pas une école où on fait ce qui nous plaît, elle est une école où ce qu’on fait plaît et le métier du maître est d’interesser les enfants.

L’école est l’affaire de tous: parents d’élèves, enseignants, apprenants, employeurs, acteurs de développement, partenaires extérieurs, ong, responsables politiques…

Il faut redonner confiance aux acteurs de terrain, aux décideurs institutionnels en leur permettant d’exercer un certain pouvoir en leur milieu immédiat.

Ce n’est pas l’école , lieu d’éducation, d’ouverture à l’universel, qui est mise en cause , mais davantage son mode d’organisation, de gestion et ses objectifs bien entendu.


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