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Chine : Le réchauffement climatique s’accélère, la planète retient son souffle

Alerte rouge climat en Chine : Une crise sans précédent. Inondations, sécheresses, canicules... Quels sont les enjeux pour le géant asiatique ?

LA VÉRITÉ


La Chine, géant asiatique, se trouve au cœur d’une transformation climatique sans précédent. Selon un rapport alarmant publié par l’Administration météorologique chinoise le vendredi 27 juin 2025 à Beijing, le pays connaît un réchauffement nettement supérieur à la moyenne mondiale. Cette accélération s’accompagne d’une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, menaçant déjà écosystèmes, infrastructures et populations. Comment ce pays, première puissance économique et premier émetteur de gaz à effet de serre, gère-t-il cette course contre la montre climatique ?

Accélération inquiétante et records battus

Depuis les années 1990, le territoire chinois se réchauffe à un rythme plus rapide que la moyenne planétaire. En 2024, la température moyenne annuelle et l’élévation du niveau des mers côtières y ont même atteint des records historiques. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où, à l’échelle mondiale, 2024 a enregistré la température moyenne de surface la plus élevée depuis le début des relevés météorologiques en 1850. Plus spécifiquement, le continent asiatique, en raison de sa vaste masse terrestre, se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde, exacerbant les impacts locaux. La Chine a ainsi vu des records de température mensuels tomber à plusieurs reprises en 2024, notamment en avril, mai, août, septembre et novembre, signe d’une aggravation des vagues de chaleur.

La multiplication des phénomènes extrêmes

L’intensification des événements climatiques extrêmes est devenue une réalité palpable entre 1961 et 2024 en Chine. Le pays fait face à une recrudescence notable des épisodes de forte chaleur et de précipitations intenses. Le niveau global des mers le long du littoral chinois s’élève également à un rythme accéléré, tandis que les glaciers de l’ouest du pays fondent de plus en plus rapidement. Les conséquences sont dévastatrices. En juin 2025, des pluies diluviennes dans la province du Guizhou ont causé la mort de six personnes et l’évacuation de dizaines de milliers d’autres. Par ailleurs, l’année 2024 a été marquée par une sécheresse prolongée affectant 4,76 millions de personnes et endommageant des centaines de milliers d’hectares de cultures. La fonte des glaces dans l’Himalaya, combinée aux chaleurs extrêmes, contribue également à des inondations catastrophiques, comme celles observées au Kazakhstan, les pires depuis 70 ans.

Causes profondes et défis majeurs

Cette hausse des températures est attribuable aux activités humaines, principalement les émissions de gaz à effet de serre, et aux variations naturelles des systèmes climatiques comme le phénomène météorologique El Niño, a expliqué Xiao Chan, directeur adjoint du Centre chinois du climat. La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, est responsable de 30 % des émissions globales, en grande partie à cause de sa dépendance persistante au charbon, qui représente 60 % de son mix énergétique. Malgré des avancées significatives dans les énergies renouvelables, Pékin a atteint ses objectifs solaires et éoliens avec six ans d’avance, les émissions pourraient paradoxalement continuer à croître jusqu’en 2030, date prévue pour le pic. Les impacts socio-économiques sont déjà manifestes. Des projets de barrages hydroélectriques, comme celui de Longpan au Yunnan, menacent des dizaines de villages de disparition, alimentant des tensions sociales liées à la perte des terres agricoles. Sans mesures d’atténuation, les pertes de PIB pourraient atteindre 0,5 à 2,3 % dès 2030, particulièrement dans les villes côtières vulnérables, qui abritent 20 % de la population et génèrent 33 % du PIB. Pékin vise la neutralité carbone pour 2060, mais son plan repose sur des technologies encore incertaines, telles que la capture de CO2 ou l’hydrogène. La Banque Mondiale estime que 14 000 à 17 000 milliards de dollars d’investissements seront nécessaires d’ici 2060 pour décarboner des secteurs clés comme l’électricité et les transports.

La course contre la montre

Ce rapport souligne l’urgence pour la Chine de renforcer ses capacités d’adaptation, notamment en développant des systèmes d’alerte précoce et des infrastructures résilientes, tout en accélérant sa transition vers une économie bas-carbone. Cependant, les contradictions entre les impératifs de croissance économique et les objectifs climatiques, ainsi que l’ampleur colossale des investissements requis, annoncent des défis majeurs pour les décennies à venir. La Chine, bien que leader dans les énergies vertes, continue de soutenir des centrales à charbon à l’étranger, une ambiguïté qui suscite des critiques internationales.


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