Chiffres clés 2024 : La finance marocaine plus solide que jamais, selon Bank Al-Maghrib
Le secteur bancaire marocain, un pilier de stabilité et d'innovation en 2024
LA VÉRITÉ
Ce jeudi 24 juillet Bank Al-Maghrib (BAM) a présenté la 21ème édition de son rapport annuel sur la supervision bancaire, couvrant l’exercice 2024. Ce document essentiel, dévoilé à Casablanca lors d’une conférence de presse par Nabil Badr, adjoint au directeur de la direction de la Supervision Bancaire chez BAM, dresse un bilan éloquent des activités de régulation et de contrôle de la Banque Centrale, mais aussi des performances des établissements de crédit et organismes assimilés. L’année 2024 s’est distinguée par une résilience remarquable de l’économie nationale, témoignant de la solidité et de la capacité d’adaptation du secteur financier face aux défis régionaux et mondiaux.
Un écosystème financier en pleine croissance
Le paysage des établissements de crédit sous le contrôle de Bank Al-Maghrib a connu une expansion notable en 2024. En effet, leur nombre est passé de 88 entités en 2023 à 93 en 2024, marquant une augmentation de cinq établissements. Cette croissance s’explique principalement par l’agrément de deux nouveaux établissements de paiement et de trois sociétés de financement collaboratif, également appelées « Crowdfunding », au cours de l’année. De plus, les 93 établissements supervisés se composent de 19 banques conventionnelles, 5 banques participatives, et 29 sociétés de financement. L’ensemble comprend également 6 banques offshore, 11 associations de microfinance, et 18 établissements de paiement. La Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) et la Société Nationale de Garantie et du Financement de l’Entreprise (SNGFE) font également partie de cette liste. Par ailleurs, 4 fenêtres participatives, dont une spécialisée dans la garantie des financements, sont aussi soumises au contrôle de BAM.
Une solidité financière confirmée
Le secteur bancaire marocain a démontré une robustesse exemplaire durant l’année 2024. L’économie nationale a affiché une croissance de 3,8% et une inflation en recul sensible à 0,9%, malgré un environnement international incertain et la succession des années de sécheresse. Dans ce contexte favorable, le crédit bancaire a progressé de 4,6%, et les dépôts collectés auprès de la clientèle ont crû de 9,2%. Le taux des créances en souffrance s’est stabilisé à 8,4% sur base individuelle et 9% sur base consolidée par rapport à 2023. Par conséquent, Bank Al-Maghrib a assoupli sa politique monétaire, réduisant son taux directeur à deux reprises, pour atteindre 2,50%. En outre, les résultats cumulés des banques conventionnelles ont progressé de manière remarquable de 24,1%, ce qui conforte la solidité du secteur. Les banques participatives, de même, ont atteint l’équilibre de leurs résultats après une période de montée progressive de leurs activités. Sur le plan prudentiel, le ratio de solvabilité moyen s’est établi à 16,2%, et le ratio moyen de fonds propres de catégorie 1 à 13,5%, dépassant largement les minima réglementaires.
L’ère de la digitalisation et des risques climatiques
Bank Al-Maghrib a accordé une attention accrue aux risques croissants liés au changement climatique et au développement des services bancaires en ligne. La Banque Centrale a édicté deux nouvelles directives réglementaires pour les institutions bancaires, précisant ses exigences en matière de gestion des risques climatiques. Elle a également contribué à la conception de la stratégie de développement de la finance climat à l’horizon 2030. Pour ce qui est de la digitalisation, Bank Al-Maghrib a entrepris une réforme significative du cadre réglementaire régissant les établissements et services de paiement, ceci afin de dynamiser les paiements numériques. De plus, la Banque Centrale a octroyé des agréments à trois sociétés de crowdfunding, incluant une spécialisée dans le financement par don. Parallèlement, elle a renforcé la surveillance des cyber risques et amélioré la coordination avec la Direction Générale de la Sécurité des Systèmes d’Information.
Renforcer la confiance et la protection des consommateurs
Bank Al-Maghrib a mis en œuvre des mesures concrètes pour promouvoir un usage sécurisé des services bancaires digitaux. Elle a également sensibilisé le public aux actions de prévention contre les risques d’escroqueries financières, démontrant ainsi son engagement continu pour la protection de la clientèle. En matière de protection des consommateurs, la Banque Centrale a intensifié ses contrôles auprès des établissements de crédit pour assurer le respect des exigences réglementaires. Elle a aussi mené des actions concrètes visant à accroître l’accessibilité des services bancaires pour les personnes en situation de handicap. L’objectif est de développer un secteur bancaire moderne et résilient, axé sur la confiance.
Gestion des crises et intégrité financière
L’année 2024 a été marquée par la finalisation de réformes législatives et réglementaires destinées à rehausser l’efficacité du dispositif de gestion de crises bancaires. Ces réformes portent sur la refonte des outils de traitement des difficultés des établissements de crédit. De même, la révision du mécanisme interne d’octroi de liquidité d’urgence en faveur des banques a été achevée. En outre, un projet de loi visant la création d’un marché secondaire des créances non performantes est désormais finalisé. Dans le domaine de l’intégrité financière, Bank Al-Maghrib a contribué à parachever un projet de loi sur les cryptoactifs. L’objectif est d’assurer l’alignement du Royaume avec le cadre normatif international y afférent.
L’empreinte internationale des banques marocaines
Les groupes bancaires marocains ont étendu leur présence à l’étranger, consolidant ainsi leur rôle sur la scène financière internationale. Ils disposent de 51 filiales et 22 succursales réparties dans 36 pays, dont 27 en Afrique, 7 en Europe et 2 en Asie. Par ailleurs, ils possèdent 25 bureaux de représentation dans 14 pays, situés principalement en Europe, en Asie et en Amérique. En Afrique, l’implantation est particulièrement forte avec 45 filiales et 4 succursales. Celles-ci se trouvent dans 10 pays d’Afrique de l’Ouest (dont 8 dans la zone UEMOA), 6 pays d’Afrique Centrale, 6 en Afrique de l’Est, 3 en Afrique du Nord et 2 pays en Afrique Australe. Pour le reste du monde, les banques marocaines sont implantées en Europe avec 6 filiales et 16 succursales dans 7 pays, et en Asie avec 2 succursales dans 2 pays.
En conclusion, le 21ème rapport annuel sur la supervision bancaire de Bank Al-Maghrib pour l’exercice 2024 dépeint un secteur financier marocain non seulement résilient et solide, mais aussi en pleine transformation. Les chiffres de croissance du crédit et des dépôts, la stabilité des créances en souffrance, et la progression remarquable des résultats des banques conventionnelles confirment cette vigueur. Grâce aux initiatives de régulation axées sur les risques climatiques, la digitalisation, la protection des consommateurs, et la gestion des crises, Bank Al-Maghrib façonne un avenir bancaire sécurisé et moderne. Nabil Badr a souligné que ces avancées « confortent la solidité et la résilience du secteur bancaire ». Ces efforts, conjugués à une présence internationale grandissante, positionnent le Maroc comme un acteur financier de premier plan.
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