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Chef Kimo, une voix familière de la cuisine marocaine s’est tue

La nuit du 4 au 5 février a emporté une figure devenue familière dans les foyers marocains. Kamel Laâbi, connu du grand public sous le nom de Chef Kimo, s’est éteint subitement à l’âge de 57 ans, laissant derrière lui une profonde émotion et un sentiment de vide partagé bien au-delà du cercle des passionnés de gastronomie.

Par Kenza El Mdaghri


Né à Fès, ville de transmission et de raffinement, Chef Kimo portait en lui une relation presque instinctive à la culture marocaine. Sa cuisine s’inscrivait dans une approche lisible et chaleureuse, profondément ancrée dans le quotidien. À travers ses recettes, il racontait des gestes hérités, des saveurs de l’enfance, des plats que l’on reconnaît avant même de les goûter. Il travaillait la tradition comme une matière vivante, avec le souci constant de la rendre accessible et intelligible.

Son parcours dans la restauration lui avait donné la rigueur du métier, mais c’est dans la transmission qu’il a trouvé sa véritable place. Face caméra, avec un ton posé et une pédagogie naturelle, il s’adressait à tous sans distinction. Il expliquait, accompagnait, corrigeait, avec une attention constante portée à ceux qui le suivaient. Cette manière de faire, presque intime, a construit au fil des années une relation de confiance rare entre un chef et son public.

Cette vocation de passeur s’inscrivait dans une histoire familiale marquée par la culture et l’art. Petit-fils de Haj Abdelkrim Raïs, grande figure de la musique arabo-andalouse, Kamel Laâbi appartenait à une lignée où la transmission constituait une responsabilité autant qu’un héritage. Là où son grand-père faisait vivre la mémoire musicale, lui a choisi la cuisine comme langage, avec la même exigence et la même fidélité à l’esprit de partage.

À Rabat, son établissement incarnait cette philosophie. Le lieu prolongeait l’esprit de ses recettes, fondé sur la sincérité, la générosité, le respect du produit et l’attention portée au client. Ceux qui l’ont côtoyé évoquent un homme discret, attentif, profondément attaché à l’idée que la cuisine demeure un espace de lien social et de convivialité.

Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages se succèdent, portés par une émotion authentique. Ils disent tous la même chose, chacun avec ses mots : Chef Kimo faisait partie du paysage, de ces présences qui s’installent durablement dans le quotidien collectif et finissent par incarner une forme de continuité.

Il laisse derrière lui bien plus que des recettes. Il laisse une manière de transmettre, un rapport apaisé à la tradition, une cuisine fondée sur le sens et le partage. Une mémoire collective faite de gestes simples, de saveurs familières et d’une sincérité que beaucoup reconnaissaient comme celle de la maison.


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