Chambre des représentants : qui sont les 395 députés de la législature ?

La Vérité
Les résultats des législatives marocaines ont désormais des noms et des visages. La Chambre des représentants a publié, jeudi 1er octobre, la liste officielle des 395 députées et députés proclamés élus à l’issue du scrutin du 23 septembre 2026.
Le document, reçu du Chef du gouvernement, constitue la référence institutionnelle permettant d’identifier les membres appelés à siéger dans la nouvelle Chambre. Il complète les résultats définitifs annoncés auparavant par le ministère de l’Intérieur.
La publication présente un intérêt qui dépasse la simple confirmation des scores des partis : elle permet désormais de suivre individuellement les représentants des différentes circonscriptions et de reconstruire plus précisément le profil politique, territorial et démographique de la nouvelle législature.
Le PAM premier groupe issu des urnes
Les résultats définitifs donnent 97 sièges au Parti Authenticité et Modernité, qui constitue la première force issue du scrutin.
Le Rassemblement national des indépendants obtient 66 sièges, devant l’Istiqlal avec 65 et le Parti de la justice et du développement avec 54. Viennent ensuite le Mouvement populaire avec 29 députés, l’USFP avec 26, le PPS avec 19 et l’Union constitutionnelle avec 17.
Le MDS et l’Alliance de la gauche disposent chacun de huit sièges. Le FFD et le Parti de l’Équité en comptent deux chacun, tandis que le Parti des Néo-Démocrates et le Parti de l’Unité et de la Démocratie obtiennent chacun un élu.
Cette composition fixe les rapports de force parlementaires issus des urnes. Elle ne préjuge pas, à elle seule, de la répartition entre future majorité et opposition, qui dépend des choix politiques effectués lors de la formation du gouvernement.
107 femmes dans la nouvelle Chambre
Les données électorales permettent également de mieux mesurer la représentation féminine.
La nouvelle Chambre compte 107 femmes sur 395 députés, soit 27,09 % de l’effectif. Elles étaient 96 après les législatives de 2021.
La progression provient entièrement des circonscriptions locales. Les 90 sièges attribués par les listes régionales sont occupés par des femmes, comme le prévoit le dispositif électoral de 2026. À ces 90 élues s’ajoutent 17 femmes ayant remporté directement un siège dans une circonscription locale, contre six en 2021.
Cela signifie néanmoins que 90 des 107 députées, soit environ 84 %, accèdent encore à la Chambre par les listes régionales réservées aux femmes. Dans les 305 circonscriptions locales, les femmes ne représentent que 17 élus, contre 288 hommes.
Une Chambre où les moins de 35 ans restent minoritaires
L’âge constitue un autre indicateur révélateur.
Selon les données publiées par le ministère de l’Intérieur et compilées région par région par Le Matin, 37 députés ont moins de 35 ans, soit 9,37 % de la Chambre.
Ils sont 59 entre 35 et 45 ans, 130 entre 45 et 55 ans et 169 ont plus de 55 ans, ce qui fait de cette dernière catégorie la tranche d’âge la plus nombreuse.
Là encore, les listes régionales jouent un rôle majeur : 29 des 37 députés de moins de 35 ans sont des femmes élues par ce mécanisme. Seulement huit élus de moins de 35 ans proviennent des circonscriptions locales.
La comparaison montre donc deux réalités différentes au sein du même Hémicycle : les listes régionales favorisent une représentation plus jeune et féminine, tandis que les circonscriptions locales restent très majoritairement masculines et plus âgées.
Des réalités régionales très différentes
La représentation varie également selon les territoires.
Casablanca-Settat dispose de 69 députés, ce qui en fait la délégation régionale la plus importante. Elle compte six élus de moins de 35 ans et 36 âgés de plus de 55 ans. Rabat-Salé-Kénitra compte 49 représentants, mais un seul député de moins de 35 ans, contre 22 dépassant 55 ans.
À l’inverse, certaines régions présentent une part plus élevée de jeunes élus. Guelmim-Oued Noun compte quatre députés de moins de 35 ans parmi ses 13 représentants, tandis que Drâa-Tafilalet en compte cinq sur 23.
Ces différences montrent que la composition de la Chambre ne se réduit pas aux équilibres nationaux entre partis.
Une base désormais exploitable pour suivre chaque député
La mise en ligne de la liste officielle ouvre surtout une nouvelle phase de suivi parlementaire.
Il devient possible d’identifier les élus circonscription par circonscription, de comparer leur parcours avec celui de la précédente législature et, à terme, de mesurer le taux réel de renouvellement de la Chambre.
Ce dernier indicateur demande toutefois encore un travail de comparaison nominative avec les députés sortants. Il serait prématuré de publier un taux de renouvellement sans reconstituer cette base individuellement.
La même prudence s’impose pour d’autres analyses fines, notamment les professions, les diplômes ou les parcours locaux des élus.
La publication du 1er octobre fournit désormais la matière première institutionnelle pour effectuer ce travail.
Après le temps des résultats globaux vient donc celui de l’identification individuelle : 395 sièges, 395 parcours et autant de mandats à suivre pendant la nouvelle législature.

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