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CERF : Guterres renouvelle le Groupe consultatif pour répondre aux urgences humanitaires

Douze nouveaux experts nommés pour guider le fonds d'urgence des Nations Unies

LA VÉRITÉ


Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a annoncé vendredi la nomination de douze nouveaux membres au Groupe consultatif du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF). Cette réorganisation intervient alors que les crises humanitaires s’intensifient à travers le monde, avec 339 millions de personnes nécessitant une aide d’urgence en 2025 selon l’ONU.

Un mécanisme d’urgence essentiel

Créé en 2005 par l’Assemblée générale de l’ONU, le CERF permet une réponse rapide aux catastrophes, contrairement aux canaux traditionnels souvent ralentis par la bureaucratie. Depuis sa création, il a déployé plus de 9,2 milliards de dollars dans plus de 110 pays et territoires, avec 143 contributeurs étatiques et non-étatiques.

Au premier semestre 2025, le CERF a alloué 214 millions de dollars dans 24 pays, notamment en Afghanistan pour anticiper les sécheresses et répondre aux retours de réfugiés depuis l’Iran. Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, souligne que « le CERF est plus crucial que jamais : un outil fiable permettant des réponses rapides et efficaces aux crises dans le monde entier ».

Le Groupe consultatif, composé de 23 membres pour un mandat unique de trois ans, conseille le Secrétaire général sur l’utilisation des ressources du CERF. Parmi les nouveaux membres figurent des spécialistes en gestion des catastrophes et résilience climatique.

Leur mission consiste à analyser les menaces émergentes et recommander des interventions ciblées. « Le CERF n’est pas un fonds comme les autres. Son avantage réside dans sa capacité à anticiper plutôt qu’à réagir », explique un diplomate sous couvert d’anonymat.

Priorité à la résilience climatique

En 2025, le CERF a accru son engagement dans la résilience climatique avec 4 millions de dollars débloqués pour anticiper les sécheresses dans huit pays. Cette orientation répond à une réalité alarmante : selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement, 70 % des crises humanitaires majeures sont désormais liées au changement climatique.

« Le CERF joue un rôle croissant dans la transition d’une approche réactive à une approche proactive », observe Dr. Amina Diallo, experte en politiques humanitaires.

Le CERF fonctionne sur un principe innovant : les contributions sont volontaires mais les fonds sont communs. Ce mécanisme a permis de maintenir un consensus autour de l’impératif humanitaire malgré les tensions géopolitiques.

« Quand un enfant meurt de faim ou qu’une famille est déplacée, les idéologies s’effacent devant l’urgence », explique un haut fonctionnaire des Nations Unies.

Défis persistants

Malgré ses réalisations, le CERF fait face à des défis croissants. Les besoins humanitaires ont augmenté de 40 % par rapport à 2020, tandis que les financements restent insuffisants. En 2025, le CERF a reçu 500 millions de dollars de contributions, bien en dessous des 1,5 milliard de dollars nécessaires.

L’accessibilité aux zones de crise devient également problématique dans des conflits comme en Syrie, au Yémen ou en Ukraine, où les travailleurs humanitaires sont régulièrement empêchés d’accéder aux populations.

Les nouveaux membres du Groupe consultatif devront améliorer la coordination avec d’autres mécanismes d’urgence et intégrer des outils comme l’intelligence artificielle pour anticiper les crises.


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