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CAN 2025 : Le Maroc accueille l’Afrique

Du 21 décembre au 18 janvier, le Royaume devient le cœur battant du football africain. La Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’ouvre dans un contexte dense, exigeant, observé bien au-delà des stades. Organisation, accueil, visibilité internationale, ferveur populaire et enjeux de projection se croisent dans une compétition qui dépasse largement le cadre sportif.

Par Sanae El Amrani


Accueillir la Coupe d’Afrique des Nations en 2025 place le Maroc dans une position singulière. Pendant plusieurs semaines, le pays devient le centre de gravité du football africain, un espace où se croisent enjeux sportifs, attentes populaires, regards extérieurs et exigences organisationnelles élevées. Cette CAN ne se résume pas à une succession de matches. Elle s’inscrit dans un moment de forte exposition, où chaque détail compte, où l’accueil, la fluidité et la capacité à gérer un événement continental sont scrutés avec attention.

La CAN 2025 se joue à une période particulière, en plein cœur de l’hiver européen, avec des sélections largement composées de joueurs engagés dans les plus grands championnats du monde. Elle se déroule aussi dans un pays qui assume désormais un rôle central dans l’organisation de grandes compétitions internationales, avec en perspective l’organisation de la Coupe du monde 2030, dont le Maroc sera l’un des pays hôtes. Cette Coupe d’Afrique permet d’observer, en conditions réelles, la capacité du pays à organiser et accueillir un événement continental de grande ampleur. Organisation, infrastructures, mobilité, sécurité, services publics et outils numériques seront mis à l’épreuve sous le regard du continent et au-delà.

Mais cette CAN dira aussi autre chose. Elle racontera la manière dont un pays accueille l’Afrique dans toute sa diversité. Elle dira comment un événement continental s’insère dans le quotidien national, comment il est vécu, approprié, partagé. Le Maroc n’accueille pas seulement une compétition. Il accueille un moment africain, dans ce qu’il a de plus populaire, de plus exposé et de plus symbolique.

Accueillir l’Afrique, une histoire qui s’inscrit dans le temps

Pour la première fois depuis 1988, le Maroc accueille de nouveau la Coupe d’Afrique des Nations. Cette référence n’appelle ni nostalgie ni comparaison. Elle situe simplement l’événement dans une trajectoire longue. En près de quatre décennies, le football africain a profondément changé. Ses formats, ses exigences, son exposition médiatique et ses publics ont évolué. Le pays hôte aussi.

En 2025, accueillir la CAN ne se limite plus à ouvrir des stades. Cela suppose une organisation territoriale étendue, une coordination entre plusieurs villes, une gestion fine des flux humains et une capacité à répondre à des standards élevés en matière de sécurité, de transport, d’hébergement et de services. Le Maroc a fait le choix d’un dispositif large, assumé, réparti sur 6 villes hôtes et 9 stades, dessinant une géographie inédite pour la compétition.

L’accueil commence bien avant l’entrée dans les enceintes sportives. Il débute dès l’arrivée sur le sol marocain. Les aéroports ont été intégrés au dispositif global, avec des zones dédiées, une signalétique adaptée et des circuits pensés pour absorber des volumes importants de supporters, de délégations et de médias. Cette première impression est décisive. Elle donne le ton de l’événement et conditionne en grande partie l’expérience vécue par les visiteurs.

L’organisation repose également sur une logistique moins visible mais essentielle. Transport interurbain, circulation dans les villes hôtes, sécurité quotidienne, coordination entre autorités locales et services centraux. Ce travail de fond, discret, constitue l’ossature réelle de la compétition. Une CAN se gagne aussi sur la capacité à éviter les frictions, à anticiper les pics d’affluence et à maintenir une fluidité constante pendant plusieurs semaines.

 

Mobilité nationale : l’ONCF au cœur du dispositif

Dans cette organisation d’ensemble, la mobilité interurbaine joue un rôle déterminant. L’Office National des Chemins de Fer a mis en place un dispositif exceptionnel pour accompagner les déplacements des supporters entre les villes hôtes, avec un renforcement des fréquences, une adaptation des horaires et une mobilisation accrue des équipes sur le terrain. Le rail devient ainsi un levier structurant de l’accueil, en facilitant les flux à l’échelle nationale et en réduisant la pression sur les réseaux routiers pendant toute la durée de la compétition.

 

24 camps de base, une CAN qui se vit au quotidien

Derrière les soirées de matches et les tribunes pleines, la Coupe d’Afrique se joue aussi ailleurs. Dans les lieux où les équipes vivent, s’entraînent, récupèrent et se concentrent. Pour la CAN 2025, 24 camps de base officiels ont été mis en place, un pour chaque sélection engagée.

Chaque équipe dispose d’un site d’hébergement et d’installations d’entraînement dédiées, afin de limiter les déplacements et d’offrir des conditions de préparation homogènes. Ce dispositif change profondément le quotidien des sélections. Il réduit la fatigue, sécurise les plannings et permet aux staffs de travailler dans un environnement stable, loin des contraintes permanentes de déplacement.

Ces camps de base sont répartis sur l’ensemble du territoire, en lien avec les villes hôtes. Ils mobilisent hôtels, centres sportifs, collectivités locales et services de sécurité dans une coordination continue. Pour de nombreuses équipes africaines, cette organisation représente un saut qualitatif dans l’expérience de la compétition.

C’est dans ces lieux, loin des projecteurs, que se construisent les dynamiques de groupe, que se gèrent les blessures, que se prennent les décisions humaines et tactiques qui feront la différence sur le terrain. La CAN ne se joue pas uniquement les soirs de match. Elle se joue aussi chaque jour, dans ces camps de base, au rythme des entraînements, des soins et de la concentration collective.

Billetterie, diffusion, médias : la CAN sous les projecteurs du monde

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’ouvre sous un niveau d’exposition inédit pour la compétition. Bien avant le premier coup de sifflet, les chiffres parlent d’eux-mêmes et traduisent un basculement d’échelle. La CAN n’est plus seulement un rendez-vous continental suivi par les publics africains. Elle devient un événement suivi, commenté et diffusé à l’échelle mondiale.

Premier indicateur fort, la billetterie. À plusieurs jours du début de la compétition, plus d’un million de billets ont déjà été vendus, un seuil jamais atteint aussi tôt dans l’histoire de la CAN. Fait notable, près de 40 % des ventes ont été réalisées hors du continent africain, portées notamment par les diasporas africaines en Europe et par un public international de plus en plus attentif au football africain. Cette dynamique confirme une évolution profonde du profil des spectateurs et de l’attractivité globale de la compétition.

La gestion de cette billetterie repose sur un dispositif numérique centralisé, conçu pour sécuriser les ventes, fluidifier les accès et limiter les fraudes. L’ensemble du processus est adossé à l’application Yalla, qui permet à la fois l’achat des billets et l’identification des supporters. Ce choix marque une étape importante dans la modernisation de l’organisation des grands événements sportifs en Afrique, en intégrant des outils numériques désormais incontournables à l’échelle internationale.

La visibilité de la CAN 2025 s’affirme également sur le terrain de la diffusion audiovisuelle. La compétition sera retransmise dans les 54 pays du continent africain, mais aussi dans plus de 30 pays européens. Pour la première fois, la CAN bénéficiera d’une diffusion gratuite au Royaume-Uni, en Angleterre, en Écosse et en Irlande, via Channel 4. Un signal fort, qui témoigne de l’intérêt croissant des diffuseurs européens pour le football africain et de son potentiel d’audience au-delà de ses bases traditionnelles.

Cet élargissement de la diffusion s’accompagne d’un engouement médiatique sans précédent. Plus de 5 500 demandes d’accréditation ont été enregistrées, émanant de rédactions venues du monde entier. À ce stade, près de 3 800 médias et chaînes de télévision ont déjà été accrédités, un record absolu pour la CAN. À cela s’ajoutent plus de 1 000 demandes liées aux droits de diffusion, confirmant la place centrale prise par cette édition dans le calendrier sportif international.

L’accueil des médias a fait l’objet d’un dispositif spécifique, pensé pour répondre à cette affluence exceptionnelle. Centres médias modernisés, espaces de travail dédiés dans les stades, circuits d’accès fluidifiés et coordination renforcée avec les autorités locales. L’objectif est clair : offrir des conditions de travail conformes aux standards des grandes compétitions internationales et accompagner une couverture médiatique massive, en continu, sur plusieurs semaines.

 

Droits audiovisuels : un enjeu de crédibilité internationale

Cette exposition mondiale transforme profondément la nature de l’événement. Chaque match, chaque image, chaque incident éventuel est instantanément relayé, commenté et analysé. Dans ce contexte, la question de la protection des droits audiovisuels devient centrale. À l’approche de la CAN 2025, des échanges associant autorités publiques et acteurs du secteur audiovisuel ont été organisés à Rabat autour de la lutte contre le piratage numérique. Streaming illégal, redistribution frauduleuse des images et exploitation non autorisée des contenus représentent un enjeu économique majeur pour les diffuseurs et un test de crédibilité pour les compétitions fortement exposées.

À travers cette billetterie record, cette diffusion élargie et cet afflux médiatique inédit, la Coupe d’Afrique des Nations 2025 franchit un seuil. Elle confirme l’entrée du football africain dans une nouvelle phase de visibilité et place le pays hôte au cœur d’un dispositif mondial, où l’exigence ne tolère ni approximation ni improvisation.

Villes, fan zones, aéroports : la CAN au rythme du pays

Une Coupe d’Afrique des Nations ne se joue jamais uniquement dans les stades. Elle se vit dans les villes, dans les rues, dans les lieux de passage et dans les espaces du quotidien. La CAN 2025, organisée au Maroc, assume pleinement cette dimension. Elle s’inscrit dans un tissu urbain vivant, dense, où l’événement sportif dialogue en permanence avec la vie locale.

Dès leur arrivée, supporters, délégations et journalistes entrent dans une scénographie pensée à l’échelle nationale. Les aéroports du Royaume constituent le premier point de contact. Pour la première fois, des fan zones y ont été installées, transformant les halls d’arrivée en espaces d’animation et de repérage. Écrans géants, signalétique dédiée, informations pratiques et premières immersions dans l’univers de la compétition donnent le ton. L’accueil commence ici, dans ces lieux de transit où se croisent langues, drapeaux et attentes.

Dans les villes hôtes, la CAN s’invite dans l’espace public. Huit fan zones ont été déployées à travers le pays, équipées d’écrans géants et pensées comme des lieux de rassemblement ouverts, accessibles aux familles comme aux groupes de supporters. Ces espaces ne sont pas de simples annexes des stades. Ils prolongent la compétition, permettent de suivre les matches sans billet et contribuent à diffuser la ferveur bien au-delà des enceintes sportives. Ouvertes de midi jusqu’à 1 h du matin, elles rythment les journées et les soirées, installant la CAN dans le quotidien urbain.

Cette présence massive de l’événement dans la ville a conduit à des ajustements concrets. À Rabat notamment, les horaires de fermeture des cafés et restaurants ont été prolongés jusqu’à 2 h du matin pendant toute la durée de la compétition. Une décision révélatrice de l’impact direct de la CAN sur les usages, les rythmes urbains et l’économie locale. La ville s’adapte à l’événement, accompagne la ferveur et absorbe des flux inhabituels, dans un équilibre délicat entre animation, sécurité et vie quotidienne.

La CAN devient ainsi un moteur économique ponctuel mais puissant. Hôtellerie, restauration, transport, commerce de proximité, services touristiques. L’afflux de supporters et de visiteurs génère une activité soutenue, diffuse, parfois informelle, mais bien réelle. Dans plusieurs villes, la compétition redessine temporairement les priorités, modifie les horaires, intensifie les circulations et transforme l’ambiance générale.

 

Mobilité et organisation urbaine

Cette appropriation populaire repose aussi sur une organisation fine des déplacements. En complément des dispositifs urbains, l’ONCF a renforcé les dessertes ferroviaires reliant les villes hôtes, facilitant les déplacements des supporters et sécurisant les retours tardifs après les matches. Cette articulation entre transport, animation urbaine et sécurité constitue l’un des piliers silencieux de la réussite de la CAN vécue à l’échelle du pays.

Dans ce contexte, l’équipe nationale marocaine évolue sous une attention particulière. La liste dévoilée par Walid Regragui repose sur des critères assumés de forme, d’équilibre et de complémentarité, dans une logique sportive claire, à la hauteur des attentes d’un pays hôte.

Cette immersion totale n’est pas sans exigences. Sécurité renforcée, gestion des flux, propreté, circulation, coordination entre autorités locales et services centraux. La réussite de cette CAN urbaine repose sur une organisation continue, souvent invisible pour le grand public, mais déterminante pour l’expérience vécue.

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 s’inscrit ainsi dans un pays en mouvement. Elle transforme les villes sans les figer, anime l’espace public sans le saturer, et installe le football africain au cœur de la vie quotidienne. Une CAN qui ne se contente pas d’être regardée, mais qui se vit, pleinement, au rythme du Maroc.

La liste Regragui, miroir du pays hôte

Accueillir la Coupe d’Afrique des Nations place mécaniquement la sélection nationale au centre de toutes les attentions. Pour les Lions de l’Atlas, cette CAN à domicile ne ressemble à aucune autre. Le statut de pays hôte transforme chaque choix, chaque déclaration et chaque performance en enjeu national. L’équipe n’évolue pas seulement sous le regard de ses supporters, mais sous celui du continent entier, dans un contexte où les attentes sportives se superposent aux exigences de l’organisation.

À quelques jours du coup d’envoi, Walid Regragui a dévoilé une liste qui a immédiatement nourri le débat public. Une sélection construite autour de critères assumés, revendiqués par le sélectionneur, et inscrite dans une logique de continuité plus que de rupture. Le discours est clair. La hiérarchie établie lors des dernières compétitions internationales reste la colonne vertébrale du groupe, avec des ajustements dictés par la forme physique, le temps de jeu en club et l’équilibre global de l’effectif.

Ce choix prend une autre dimension dans un tournoi organisé à domicile. La pression populaire pousse souvent à des décisions symboliques, parfois émotionnelles. Regragui, lui, assume une ligne plus rationnelle. Il rappelle que la CAN se gagne sur la durée, dans la gestion des temps forts et des moments de tension, bien plus que dans les effets d’annonce. La sélection repose ainsi sur un noyau de joueurs rompus aux grandes compétitions, habitués aux contextes hostiles, aux attentes élevées et à l’exposition médiatique permanente.

Cette liste a aussi mis en lumière les dilemmes propres à une CAN disputée en plein calendrier européen. Plusieurs cadres arrivent après des semaines intenses en club, parfois diminués physiquement. Le staff technique a dû composer avec ces contraintes, arbitrer entre expérience, fraîcheur et complémentarité. Là encore, le choix s’inscrit dans une logique de maîtrise plutôt que de séduction.

Au Maroc, le football ne se vit jamais de manière distante. Chaque match de la sélection devient un événement collectif, chaque décision un sujet de discussion nationale. Cette ferveur est une force, mais elle peut aussi devenir un poids. Le sélectionneur en est conscient. Il insiste sur la nécessité de protéger le groupe, de canaliser l’attente et de maintenir une concentration constante, loin du bruit extérieur.

Dans cette CAN organisée à domicile, les Lions de l’Atlas portent plus qu’un maillot. Ils incarnent une part de l’accueil, une image du pays projetée à travers le jeu, l’attitude et le comportement sur le terrain. Leur parcours sera observé non seulement pour ses résultats, mais pour ce qu’il dira de la capacité du pays hôte à conjuguer ambition sportive et maîtrise émotionnelle.

Le Maroc accueille l’Afrique. Sa sélection, elle, devra apprendre à jouer avec cette responsabilité supplémentaire, sans s’y perdre, sans s’y brûler, avec l’exigence froide que réclame une CAN à domicile.

 

À Hay Riad, la gare au pas du stade Moulay Abdellah

À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, Rabat ajoute une pièce stratégique à son dispositif d’accueil. La nouvelle gare de Hay Riad, récemment mise en service par l’Office National des Chemins de Fer, vient renforcer la desserte ferroviaire de la capitale dans un quartier déjà au cœur des grands rendez-vous sportifs et institutionnels du Royaume.

Implantée dans l’un des pôles urbains les plus dynamiques de Rabat, la gare de Hay Riad se distingue par sa proximité immédiate avec le Complexe sportif Prince Moulay Abdellah. Cette localisation en fait un point d’accès direct pour les supporters, les délégations et les médias appelés à converger vers le stade lors des rencontres de la CAN. L’ouverture de cette infrastructure ne relève pas d’un simple ajout au réseau existant, mais d’un choix assumé pour anticiper des flux importants, concentrés sur des plages horaires précises, notamment les soirs de match.

Conçue comme une gare-pont reliant deux axes majeurs de la ville, l’avenue Annakhil et l’avenue Hassan II, la nouvelle station s’inscrit dans la transformation progressive de la mobilité urbaine de Rabat. D’une superficie d’environ 35 000 m², elle a été pensée pour absorber des volumes élevés de voyageurs tout en améliorant la fluidité des circulations dans un secteur déjà fortement sollicité. Elle complète ainsi le dispositif existant aux côtés des gares de Rabat Ville et Rabat Agdal, dans une logique de rééquilibrage du réseau ferroviaire de la capitale.

Pour l’ONCF, cette mise en service intervient à un moment clé. La CAN 2025 impose des déplacements massifs, souvent concentrés en soirée, avec des retours tardifs après les rencontres. La gare de Hay Riad permet de rapprocher le rail des lieux de compétition et de réduire la pression sur les axes routiers, en offrant une alternative directe, lisible et sécurisée aux usagers, qu’ils soient supporters occasionnels, visiteurs étrangers ou professionnels accrédités.

Au-delà de la compétition, cette ouverture s’inscrit dans une vision durable. La gare de Hay Riad est appelée à jouer un rôle structurant dans le quotidien des habitants du quartier et des zones avoisinantes, bien après la CAN. Elle accompagne l’extension urbaine de Rabat, renforce l’interconnexion entre les différents modes de transport et participe à la montée en gamme des infrastructures publiques de la capitale.

Dans le cadre de la Coupe d’Afrique des Nations, elle rappelle que l’accueil se joue bien avant le portail du stade, dès l’arrivée en ville et dès les premiers déplacements. À Hay Riad, le train s’arrête désormais à quelques pas du football africain.


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