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CAN 2025: La marge se réduit

Par Driss El Filali


À partir des quarts de finale, la CAN change de nature. Le jeu se resserre, les espaces disparaissent et les équipes ne cherchent plus à convaincre, mais à tenir. Les phases de possession se raccourcissent, les fautes tactiques se multiplient et les bancs deviennent aussi importants que les titulaires. Ce n’est plus un tournoi de démonstration, mais un tournoi de contrôle. Ceux qui restent en course ne sont pas nécessairement les plus brillants, mais ceux qui ont su éviter les erreurs grossières, limiter les temps de déséquilibre et accepter des séquences entières sans initiative.

 

Maroc–Cameroun : imposer son rythme ou subir celui de l’autre

Le Maroc aborde ce quart avec une structure claire et une attente immense. L’équipe sait où elle va quand elle a le ballon, mais le vrai test arrive quand elle le perd. Le Cameroun ne cherche pas à confisquer le jeu. Il cherche à le casser. Accélérations soudaines, ballons directs, duels répétés, fautes intelligentes pour hacher le tempo. Ce match ne se gagnera pas sur une séquence brillante, mais sur la capacité du Maroc à rester fidèle à son plan sans s’énerver. Le danger n’est pas technique. Il est mental. Forcer une passe, précipiter un centre, sortir de son couloir pour régler seul un problème collectif. Si le Maroc reste patient, il prend l’ascendant. S’il se laisse entraîner dans un match d’impact, il entre dans un terrain familier au Cameroun.

 

Algérie–Nigeria : tenir la ligne

Ce quart oppose deux équipes qui avancent sans avoir encore été réellement déstabilisées. L’Algérie s’appuie sur une organisation lisible, avec des lignes rapprochées et une capacité à fermer l’axe. Le Nigeria, lui, vit de ses ruptures. Peu de passes, beaucoup de projection, une intensité qui oblige l’adversaire à défendre en reculant. Le match se jouera sur un point précis. La capacité de l’Algérie à rester compacte quand le Nigeria accélère, et la capacité du Nigeria à ne pas se désunir s’il ne marque pas vite. C’est un duel où le premier qui allonge ses lignes se met en danger. Pas un choc spectaculaire. Un bras de fer tactique.

 

Côte d’Ivoire–Égypte : jouer sans se découvrir

Championne en titre, la Côte d’Ivoire a montré qu’elle savait gérer les temps forts. Elle n’a pas encore montré comment elle gère la frustration. Face à l’Égypte, ce sera central. Les Égyptiens ne cherchent pas à séduire. Ils attendent l’erreur, souvent dans la relance, parfois sur coup de pied arrêté. Plus la Côte d’Ivoire attaquera haut, plus elle devra accepter le risque derrière. Ce quart est une question de mesure. Trop de prudence, et l’équipe se neutralise. Trop d’ambition, et elle s’expose. L’Égypte vit précisément dans cet entre-deux. Elle y est à l’aise depuis des années.

 

Mali–Sénégal : durer

C’est peut-être le quart le plus trompeur. Le Sénégal paraît supérieur, plus complet, plus armé offensivement. Le Mali, lui, a construit son parcours sur la résistance. Peu de déchets, peu d’espaces concédés, beaucoup de duels gagnés au milieu. Le Sénégal devra accepter que le match ne se débloque pas vite. S’il s’impatiente, s’il commence à multiplier les ballons forcés, il offre exactement ce que le Mali attend. Ce quart ne se gagne pas en dominant. Il se gagne en restant solide plus longtemps que l’autre.


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