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Bruxelles hausse le ton : la Commission européenne propose des sanctions contre Israël

Face aux accusations de génocide à Gaza, l’exécutif européen suggère de suspendre certains avantages commerciaux et de cibler des responsables israéliens

Par Fayçal El Amrani


La guerre à Gaza secoue désormais les fondements de la diplomatie européenne. Ce mercredi, la Commission européenne a présenté une proposition inédite : imposer des sanctions à Israël en raison de ce qu’elle qualifie de « violations graves » des droits humains dans l’enclave palestinienne.

L’initiative prévoit notamment une hausse des droits de douane sur certains produits israéliens et la suspension partielle des dispositions commerciales contenues dans l’Accord d’association entre l’Union européenne et Israël. La base juridique invoquée : l’article 2 du traité, qui conditionne ces relations au respect des droits fondamentaux.

Des mesures limitées par les divisions européennes

Bruxelles reconnaît toutefois que le chemin reste semé d’embûches. Plusieurs États membres se montrent réticents à sanctionner un partenaire stratégique. Le soutien nécessaire pour adopter la proposition n’est pas encore acquis, laissant planer l’ombre d’un compromis a minima.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, appelle de son côté à aller plus loin. Elle plaide pour sanctionner directement les colons violents en Cisjordanie, deux ministres d’extrême droite du gouvernement Netanyahu, mais aussi des dirigeants du Hamas.

Gaza au cœur de la décision

Dans son communiqué, la Commission justifie sa démarche par le « rapide détérioration » de la situation humanitaire. Elle évoque le blocus imposé par Israël, les entraves à l’aide internationale, la menace de famine et l’intensification des frappes militaires. Elle rappelle également les projets de colonisation en Cisjordanie, dénoncés comme contraires au droit international.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, n’a pas mâché ses mots : la situation à Gaza est « horrible ». Elle réclame « un cessez-le-feu immédiat, un accès sans restrictions pour l’aide humanitaire et la libération de tous les otages détenus par le Hamas ».

En pratique, les sanctions proposées visent à suspendre certaines concessions commerciales, à geler le soutien bilatéral à Israël, tout en maintenant les financements destinés à la société civile. Un équilibre délicat, qui reflète la volonté de Bruxelles de sanctionner le gouvernement israélien sans rompre totalement les liens avec la population.

Reste à savoir si l’Union européenne saura dépasser ses divisions internes pour adopter une position ferme. Pour l’heure, la proposition ouvre un débat qui pourrait redéfinir la place d’Israël dans les relations euro-méditerranéennes et tester, une fois encore, la cohérence des valeurs que l’Europe revendique.


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