Boulemane : parier sur les Dinosaures pour développer le tourisme
Boulemane mobilise son patrimoine fossile et lance officiellement le chantier du Géoparc du Moyen Atlas Oriental. Un projet structurant soutenu par une expertise internationale pour décrocher la prestigieuse labellisation UNESCO. Huit collectivités territoriales s'engagent à transformer leurs richesses géologiques en levier de croissance durable.
LA VÉRITÉ
La province de Boulemane a franchi, ce lundi 19 mai 2026, une étape décisive dans la création de son futur « Géoparc du Moyen Atlas Oriental ». Ce projet d’envergure, mené en collaboration avec des experts internationaux, vise à transformer les richesses fossiles et archéologiques de la région en un levier de développement socio-économique durable, avec l’ambition affichée d’intégrer le réseau mondial de l’UNESCO.
Un projet structurant pour le Moyen Atlas
Le projet de création du « Géoparc du Moyen Atlas Oriental de Boulemane » a fait l’objet d’une seconde réunion de coordination, lundi à Boulemane. Organisée par l’Université Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, en partenariat avec le Musée d’histoire naturelle de Londres, cette rencontre a mobilisé chercheurs, élus et acteurs institutionnels. Selon les informations communiquées lors de cette séance, l’objectif est de valoriser le patrimoine géologique, écologique et culturel de la province pour en faire un moteur de croissance territoriale.
Cette réunion fait suite à une première rencontre tenue le 15 janvier 2026. Elle a permis de valider l’état d’avancement des actions engagées et de renforcer la concertation entre les différents partenaires scientifiques et touristiques.
Un patrimoine scientifique d’exception
La province de Boulemane recèle des potentialités géologiques et archéologiques qualifiées d’« exceptionnelles » par les experts présents. Les exposés techniques ont mis en lumière l’abondance de sites fossilifères et de traces de dinosaures, conférant à la région une valeur scientifique de premier plan.
Parmi les sites prioritaires identifiés pour la protection et la valorisation figurent notamment :
- Les traces de dinosaures situées à El Mers.
- Les sites riches en fossiles de Boulahfa et d’Anchrif.
Cette richesse naturelle doit permettre de structurer une offre de géotourisme et d’écotourisme responsable, appuyée sur des circuits pédagogiques adaptés.
Une gouvernance institutionnalisée pour l’UNESCO
Le gouverneur de la province de Boulemane, Allal El Baz, a souligné que ce projet s’inscrit dans une vision de développement durable pour l’ensemble de la région Fès-Meknès. Pour porter cette ambition, une structure institutionnelle solide a été mise en place. Le 10 mai 2026, une association dédiée à la gestion et à l’accompagnement du projet a officiellement été créée.
Outre cette association, le dispositif de gouvernance s’appuie sur un comité de pilotage et une entité scientifique. Cette dernière est chargée de l’encadrement technique, de la validation des données et du suivi des travaux. Le gouverneur a rappelé que l’obtention du label UNESCO exige un travail méthodique conforme aux standards internationaux, reposant sur une implication active des communautés locales.
Des retombées pour huit collectivités territoriales
Le futur Géoparc s’étend sur un périmètre couvrant huit collectivités territoriales : Imouzzer Marmoucha, Aït El Mane, Talzemt, Aït Bazza, El Mers, Skoura M’daz, Enjil et Oulad Ali Youssef. Cette approche intégrée vise à créer une dynamique territoriale bénéficiant directement aux populations locales.
Au-delà de la conservation, le projet entend favoriser :
- L’émergence d’activités liées au géotourisme.
- L’éducation environnementale.
- La valorisation des produits du terroir.
- La création d’opportunités économiques, particulièrement pour les jeunes de la région.
Vers une candidature mondiale
Le rôle de la société civile est jugé crucial dans cette stratégie. L’association du Géoparc du Moyen Atlas Oriental est appelée à mener des actions de sensibilisation et de formation pour favoriser l’adhésion des habitants à la protection des sites.
Cette nouvelle étape de coordination a permis de consolider les plans d’action et de poursuivre la préparation du dossier de candidature pour le réseau mondial des géoparcs de l’UNESCO. L’enjeu est désormais de transformer ce patrimoine fragile en une ressource pérenne, tout en assurant sa transmission aux générations futures.
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