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BMCI–Crédit du Maroc : Holmarcom structure un nouveau groupe bancaire et recompose le marché

Le rachat de la BMCI par Holmarcom Finance Company, officialisé fin avril, s’inscrit dans une transformation du secteur bancaire marocain. L’opération intervient dans un contexte marqué par le retrait progressif des groupes français et la consolidation du capital autour d’acteurs nationaux.

LA VÉRITÉ


La transaction porte sur la cession de 67 % du capital de la BMCI détenu par BNP Paribas. En intégrant les participations déjà contrôlées via AtlantaSanad, Holmarcom franchit un seuil de contrôle qui entraîne le lancement d’une offre publique de retrait sur les actionnaires minoritaires. Le calendrier reste lié aux validations de Bank Al Maghrib, du Conseil de la concurrence et de l’Autorité marocaine du marché des capitaux.

Cette évolution prolonge une séquence engagée depuis 2022 avec le retrait du Crédit Agricole, suivie par la cession de la filiale marocaine de Société Générale devenue Saham Bank en 2024. La sortie de BNP Paribas s’inscrit dans ce mouvement, qui a conduit les principales banques françaises à céder leurs activités de détail au Maroc au profit d’actionnaires nationaux.

Holmarcom organise son dispositif en deux étapes. La première concerne la prise de contrôle de la BMCI. La seconde repose sur le rapprochement avec le Crédit du Maroc, dont le groupe détient déjà plus de 54 % du capital. La fusion juridique des deux établissements, attendue après les autorisations réglementaires, donnera naissance à un ensemble intégré.

La BMCI conserve un positionnement sur les métiers corporate, le financement des grandes entreprises, le trade finance et les services spécialisés. Le Crédit du Maroc s’appuie sur une clientèle orientée vers le retail, les PME et les financements liés à l’économie réelle. L’organisation du futur groupe repose sur cette complémentarité.

Les données financières permettent de situer le poids du nouvel ensemble. Le produit net bancaire consolidé atteint 7,5 milliards de dirhams. Le total bilan avoisine 160 milliards de dirhams, tandis que les dépôts cumulés dépassent 111 milliards. Le résultat net agrégé se situe autour de 1,3 milliard de dirhams.

Ces niveaux positionnent le groupe au quatrième rang national par le produit net bancaire, derrière Attijariwafa Bank, la Banque Centrale Populaire et Bank of Africa. Sur le plan de la rentabilité, l’ensemble se situe au cinquième rang.

L’écart de performance entre les deux établissements met en évidence des marges d’amélioration opérationnelle. La rationalisation du réseau, la mutualisation des fonctions support et l’intégration des systèmes d’information constituent les principaux leviers identifiés.

La complémentarité commerciale ouvre également des perspectives de développement. Le Crédit du Maroc apporte une base de particuliers et de PME, tandis que la BMCI dispose d’une clientèle corporate structurée. Cette articulation permet d’élargir l’offre et de renforcer la présence sur les segments à plus forte valeur ajoutée.

Le dispositif inclut un partenariat avec BNP Paribas, qui conserve certaines activités hors périmètre cédé, notamment dans le financement des grandes entreprises et la location longue durée. Ce schéma permet d’assurer la continuité opérationnelle sur des métiers spécifiques.

Sur le marché, la recomposition des positions devient plus lisible. Le trio de tête conserve une avance significative en raison de sa dimension panafricaine. Le nouvel ensemble issu du rapprochement entre la BMCI et le Crédit du Maroc se positionne en quatrième place sur le produit net bancaire, devant CIH Bank et Saham Bank.

Sur les ressources clientèle, avec plus de 111 milliards de dirhams de dépôts cumulés, le groupe s’inscrit parmi les principaux collecteurs d’épargne du marché, tout en restant en deçà des niveaux atteints par les leaders.

Les autorités de régulation examineront les différents volets de l’opération. Bank Al Maghrib analysera les ratios prudentiels et la solidité financière du groupe. Le Conseil de la concurrence évaluera les effets sur les parts de marché. L’Autorité du marché des capitaux encadrera l’offre publique de retrait et les aspects boursiers.

Le rapprochement entre la BMCI et le Crédit du Maroc conduit à la constitution d’un groupe bancaire structuré autour d’un bilan consolidé proche de 160 milliards de dirhams, d’un produit net bancaire de 7,5 milliards et d’une présence nationale renforcée. L’ensemble s’inscrit dans une dynamique de consolidation du secteur bancaire marocain, portée par des groupes nationaux.


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