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Benkirane tente de relancer le PJD lors de son 9ᵉ congrès : entre nostalgie et perte d’ancrage

Par Yassine ANDALOUSSI


À l’approche du 9ᵉ congrès du Parti de la Justice et du Développement (PJD), Abdelilah Benkirane, son secrétaire général, tente de raviver une flamme politique affaiblie. L’ancien chef du gouvernement, connu pour son ton populiste et ses sorties médiatiques marquées, affiche une confiance intacte, affirmant que son parti est prêt à reconquérir la scène politique marocaine.

Pourtant, la réalité est plus complexe. Depuis la décision controversée du gouvernement, à laquelle le PJD a été associé, le parti a perdu une part importante de son crédit auprès de ses soutiens traditionnels. Ce geste, perçu par une partie de l’opinion, comme une trahison de ses principes fondateurs, a profondément fissuré la relation de confiance avec sa base électorale, notamment sur la question palestinienne, toujours sensible au Maroc.

Dans ce climat de défiance, Benkirane multiplie les déclarations et prépare activement le 9ᵉ congrès, prévu comme un moment clé pour tenter de relancer sa machine politique. Toutefois, beaucoup voient déjà cet événement comme le coup d’envoi officieux d’une future campagne électorale, à une période où le parti semble plus affaibli que jamais.

Le discours du leader du PJD reste fidèle à lui-même : dénonciations du pouvoir en place, critiques de l’analphabétisme, et mise en avant d’une supposée proximité avec « la majorité du peuple ». Un discours qui n’a pas vraiment évolué malgré les transformations profondes du Maroc sous l’impulsion de SM le Roi Mohammed VI. Alors que le pays avance sur des chantiers majeurs, industriels, agricoles, sociaux, le PJD paraît de plus en plus en décalage avec les réalités contemporaines.

Autre point faible : la direction du PJD reste dominée par des figures expérimentées, parfois éloignées des aspirations de la jeunesse, incapables de capter les aspirations d’une jeunesse marocaine instruite, connectée et avide de renouveau. Cette déconnexion générationnelle complique davantage la tentative de relance de Benkirane.

Par ailleurs, des rumeurs persistantes évoquent une possible alliance avec certains courants de la gauche radicale ou des mouvances islamistes plus conservatrices suscitent des inquiétudes. Une telle coalition hétéroclite pourrait plonger le pays dans un blocage institutionnel, au détriment des dynamiques de développement en cours.

À l’heure où le Maroc se prépare à de nouveaux défis internationaux et continue son processus de modernisation, la scène politique nationale semble à la croisée des chemins. Les citoyens seront bientôt appelés à faire un choix crucial entre des projets tournés vers l’avenir et des discours ancré dans le passé.


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