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Benkirane appelle à une alliance arabo-musulmane

Lors d’une allocution prononcée le 7 mars 2026 à Rabat, Abdelilah Benkirane a vivement critiqué les frappes des États-Unis contre Iran, qu’il juge dénuées de véritable prétexte de guerre. L’ancien chef du gouvernement marocain a également plaidé pour la création d’une alliance politique, économique et militaire entre pays arabo-musulmans afin de contrebalancer l’influence d'Israël dans la région et prévenir, selon lui, de nouvelles recompositions géopolitiques qui pourraient atteindre d’autres États, dont l'Égypte.

Par Yassine Andaloussi


Lors de son allocution Abdelilah Benkirane a tenu un discours à tonalité politique et géopolitique, dans lequel il s’est exprimé sur les tensions actuelles au Moyen-Orient. Devant les membres réunis pour l’assemblée générale du parti, l’ancien chef du gouvernement marocain a affiché une position clairement critique vis-à-vis de l’intervention militaire des États-Unis contre l’Iran.

Selon lui, ces frappes américaines ne reposent sur aucun motif réellement valable. Dans son intervention, Benkirane a expliqué que Washington aurait, au fil des années, tenté plusieurs approches pour justifier une confrontation directe avec Téhéran. Il a évoqué notamment les accusations liées au programme nucléaire iranien, souvent présentées comme un possible casus belli, ainsi que les tentatives de déstabilisation politique visant un changement de régime. À ses yeux, ces différentes stratégies n’ayant pas produit les résultats attendus, les États-Unis auraient fini par passer à l’action militaire sans véritable prétexte formel de guerre.

Cette lecture des événements s’inscrit dans une critique plus large de la politique américaine dans la région. Benkirane a cherché à souligner ce qu’il considère comme une logique d’escalade et de pression permanente exercée contre l’Iran. Toutefois, un élément notable de son discours réside dans ce qu’il n’a pas dit. Dans cette partie précise de son intervention, il n’a pas évoqué l’influence d’Israël dans la décision américaine. Il ne s’est pas non plus aventuré à affirmer que l’État hébreu aurait exercé une pression directe sur l’administration de Donald Trump pour pousser à une attaque contre l’Iran.

Israël est néanmoins apparu dans son discours, mais dans un autre registre. Benkirane a développé une réflexion plus large sur l’équilibre stratégique au Moyen-Orient et sur ce qu’il considère comme la montée d’une menace pour les pays arabo-musulmans. Selon lui, la réponse ne peut pas être individuelle ou fragmentée. Il a plaidé pour une forme de coordination stratégique entre plusieurs pays du monde musulman afin de peser davantage dans les rapports de force régionaux.

Dans cette perspective, il a évoqué l’idée d’une alliance arabo-musulmane qui ne serait pas uniquement militaire, mais également politique et économique. Une telle coalition permettrait, selon lui, de structurer une réponse collective capable de rééquilibrer les rapports de puissance dans la région. Benkirane a notamment mentionné l’importance d’inclure dans cette dynamique des États disposant de capacités stratégiques importantes, citant par exemple Pakistan.

Son raisonnement repose sur une hypothèse où l’avenir de la région pourrait être profondément modifié si l’Iran venait à être battue. Dans cette configuration, estime-t-il, d’autres pays pourraient se retrouver exposés à de nouvelles pressions ou à de nouvelles formes de confrontation. Il a évoqué explicitement la possibilité que l’Égypte devienne à son tour une cible stratégique dans un scénario d’élargissement territoriale.

À travers cette prise de parole, Benkirane a donc mêlé critique de la politique américaine, lecture géopolitique des tensions régionales et appel à une forme de solidarité stratégique entre pays arabo-musulmans. Son intervention reflète alors une vision du Moyen-Orient marquée par la méfiance envers les dynamiques d’Israël et par la conviction que seule une coordination plus large pourrait, selon lui, limiter les risques d’expansion et de confrontation dans la région.


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