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Benkirane accuse Ouahbi de fraude fiscale et exige sa démission

Accusation de fraude fiscale et appel à la démission

Par Yassine Andaloussi


L’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a relancé un débat politique majeur en publiant sur sa page Facebook un post critique. Selon Benkirane, Ouahbi aurait falsifié un document officiel présenté à la Direction Générale des Impôts (DGI) dans le cadre de l’achat d’un bien immobilier d’une superficie importante, déclaré à un prix anormalement bas de 1 000 000 de dirhams.

Le cœur de l’accusation repose sur cette sous-évaluation présumée, qui, si elle est avérée, constituerait une tentative manifeste de fraude fiscale. En effet, déclarer un prix inférieur à la valeur réelle d’un bien immobilier permettrait d’échapper à une partie substantielle des impôts dus, notamment la taxe de transfert immobilier, qui est calculée sur la base du prix déclaré. Cette pratique est interdite par la loi et passible de sanctions pénales et financières.

La superficie du bien, laisse supposer une valeur bien supérieure à un million de dirhams, ce qui attise les suspicions quant à l’authenticité du document soumis à la DGI. Ce type de manœuvre, outre son illégalité, porte atteinte à l’égalité devant l’impôt, un principe fondamental dans tout système fiscal juste et transparent.

Abdelilah Benkirane ne se limite pas à l’accusation de fraude fiscale. Il affirme que le ministre Ouahbi aurait également violé les articles 39 et 40 de la Constitution marocaine, qui encadrent strictement la responsabilité et l’éthique des membres du gouvernement.

L’article 39 impose aux ministres et aux membres du gouvernement une obligation de respect de la loi dans l’exercice de leurs fonctions. L’article 40 va plus loin en exigeant que les responsables publics agissent avec probité, intégrité et transparence, afin de maintenir la confiance des citoyens dans leurs institutions.

Ces articles incarnent le socle légal qui doit garantir la moralité et la responsabilité des acteurs politiques, essentiels pour la stabilité et la légitimité du pouvoir.

Face à ces accusations, Benkirane ne cache pas son indignation et appelle publiquement à la démission immédiate du ministre Ouahbi. Selon lui, la poursuite de cette personne au poste de ministre compromettrait gravement la crédibilité du gouvernement et affaiblirait la confiance des citoyens envers les institutions de l’État.

Cette demande intervient dans un contexte politique déjà marqué par une défiance populaire croissante à l’égard des élites et un besoin urgent de renouvellement et d’exemplarité.

À ce jour, le cabinet du ministre de la Justice et les autorités gouvernementales n’ont émis aucun communiqué ni pris position officiellement sur cette affaire. Ce silence peut être interprété de différentes manières. Un refus de s’engager publiquement avant une éventuelle enquête, ou une stratégie d’attente face à une polémique qui pourrait s’essouffler.

Toutefois, dans un pays où les réseaux sociaux amplifient rapidement les controverses, cette affaire risque de se transformer en un véritable feuilleton médiatique et politique. Les acteurs de l’opposition et la société civile pourraient intensifier leurs pressions, obligeant le gouvernement à se prononcer.

Au-delà du cas particulier du ministre Ouahbi, cette accusation met en lumière les défis structurels liés à la lutte contre la fraude fiscale au Maroc, notamment parmi les hauts responsables politiques. La perception d’impunité ou de traitement de faveur peut nourrir le mécontentement social et miner la cohésion nationale.

Elle souligne aussi l’importance d’une application rigoureuse des lois et d’une transparence accrue dans la gestion des affaires publiques, conditions indispensables pour renforcer la confiance des citoyens dans leurs institutions.

L’affaire Ouahbi-Benkirane illustre combien la question de l’intégrité des responsables politiques demeure cruciale dans le paysage marocain actuel. La gestion de cette polémique sera un véritable test pour la capacité des institutions à garantir la justice fiscale et l’éthique gouvernementale, tout en préservant la stabilité politique et la confiance populaire.

La suite des événements, notamment la réaction officielle et l’éventuelle enquête, sera suivie de près par les médias, les acteurs politiques et l’opinion publique, qui attendent des réponses claires et un respect strict de la loi.


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