• Version PDF
  • Coronavirus au
    Maroc live infos

  • Cas confirmés

    930891

  • Décès

    14225

  • Guéris

    902778

  • Dernière mise à jour: 28 septembre à 16:37

    Par:  

    Mohammed Hamiddouche

  • 03 juillet 2021  à 15:50
  • Temps de lecture: 6 minutes
  • CULTUREBéni Mellal-Khénifra: Richesse patrimoniale du Jbel Rat

    Béni Mellal-Khénifra: Richesse patrimoniale du Jbel Rat
    La région recèle un patrimoine culturel, riche, varié et diversifié qui s'échelonne sur plusieurs milliers d'années depuis la préhistoire jusqu'à nos jours

    Le Conservateur régional du patrimoine de la région Béni Mellal-Khénifra, Mohamed Choukri, a accordé un entretien à la MAP dans lequel il évoque la richesse et la diversité du patrimoine historique matériel et immatériel de la région Béni Mellal-Khénifra avec un focus sur l’art rupestre de Jbel Rat et les axes d’intervention pour le sauvegarder et le valoriser.

    1- Quelles sont les caractéristiques de l’art rupestre du Haut Atlas Central?

    L’art rupestre permet d’approcher, entre autres, la culture et le milieu de vie des Hommes ayant vécu dans cette région. En fait, plusieurs foyers de cet art millénaire sont identifiés dans les hautes altitudes de l’Atlas, parmi lesquels figure celui de Jebel Rat. Cette station rupestre tire sa particularité de sa situation géographique et des thèmes des représentations gravées qui s’y trouvent, en l’occurrence, les gravures de cavaliers qui permettent de suivre quelques jalons tardifs de l’évolution de l’art rupestre, grâce notamment à l’évolution des investigations archéologiques.

    Le domaine rupestre du Jbel Rat est surtout connu pour ses nombreuses gravures de cavaliers stylisés aux boucliers ronds. C’est l’un des sites du domaine du haut-Atlas présentant des images caractéristiques de la séquence libyco-amazighe.

    Une des spécificités remarquables des sites du Jbel Rat est la présence d’une dizaine d’anthropomorphes d’un type particulier qualifié d'”idoles” et dont le corps est enfermé dans un grand cercle. On y trouve également quelques rares images de rhinocéros et de bovines caractéristiques de la période pré-bronze, des images de petits personnages caractéristiques du bronze tardif (atlasique), des remarquables disques ornés ainsi que quelques gravures d’armes métalliques (poignards, hallebardes, pointes…).

    Au cours de l’été 2015, les prospections ont permis de découvrir deux images inédites de cavaliers de grande taille. Comme à l’Oukaïmden et au Yagour, quelques inscriptions libyques ont été aussi relevées sur le site. Cependant, l’absence de corpus exhaustif ne nous permet pas de chiffrer avec précision le nombre des images rupestres, lequel dépasse probablement deux milliers. Jbel Rat s’impose donc comme le second site rupestre du Haut-Atlas après l’Oukaïmden et Yagour.

    2 – Quid des moyens de le préserver et de le valoriser?

    La préservation de ce patrimoine se confronte à plusieurs contraintes liées à l’espace et à la géographie. L’espace à préserver est très vaste et dépasse les 100 kilomètres carrés. On a commencé par la construction d’une conservation des gravures rupestres de Jbel Rat. L’installation de cette conservation de site à Tizi n-Tirghist, meublée d’une exposition dédiée à l’art rupestre, contribuera assurément à la sensibilisation des populations locales, au même titre que les élus et les différents acteurs locaux, à la nécessité de veiller, conjointement, à la protection de ce patrimoine archéologique et à sa mise en valeur, en tant que symbole d’identité et atout de développement.

    La Conservation régionale du patrimoine mène aussi un travail de sensibilisation et veille à encourager les études et l’élaboration de thèses de doctorat et de master à ce sujet dans le but d’élargir l’aire prospectée et inventoriée. Nous comptons également organiser dans deux semaines des journées portes ouvertes sur le thème de la conservation des gravures rupestres de Jbel Rat à Tizi n-Tirghist avec au menu une exposition scientifique de textes, de cartes et de photos qui expliquent l’histoire et les caractéristiques de ce patrimoine localisé à Jbel Rat.

    Cette initiative est le point de départ pour la réalisation d’un projet prometteur intitulé “le paysage culturel Rat”. Il s’agit d’un parc qui comprendra aussi bien le patrimoine archéologique qu’immatériel (arts populaires, tissages, traditions et architecture locale vernaculaire).

    3 – La région Béni Mellal-Khénifra recèle un patrimoine historique d’une grande richesse. Pourriez-vous nous donner plus de détails à ce propos?

    La région recèle un patrimoine culturel, riche, varié et diversifié qui s’échelonne sur plusieurs milliers d’années depuis la préhistoire jusqu’à nos jours. La région regorge de lieux de mémoire depuis les gravures rupestres jusqu’au patrimoine architectural vernaculaire et colonial. Le patrimoine immatériel de la région se caractérise aussi par sa richesse et sa densité. Pour gérer ce large patrimoine et investir dans le sens de l’intégrer dans un processus de développement économique, la Conservation régionale du patrimoine de Béni Mellal-Khénifra encourage l’élaboration des études et de travaux de recherche sur ce sujet comme elle participe à la restauration et à la sauvegarde de ce patrimoine architectural vernaculaire et de ses monuments avec la présentation de dossiers pour le classement patrimoine national et même patrimoine universel.

    Une convention a été signée entre le ministère de la Culture et la région Béni Mellal-Khnéifra pour la restauration de plusieurs Kasbahs ainsi qu’un bon nombre de greniers collectifs et d’unités d’architecture vernaculaire qui fleurissent au niveau des flancs de la montagne dans plusieurs localités comme Aït Bouguemez, Aït Bouli, Zaouiat Ahansal et la vallée d’Anergui.

    Pour ce qui est du patrimoine immatériel, la Conservation régionale planche déjà sur des dossiers de classement patrimoine universel du tissage Bzioui, le langage sifflé dans le grand Atlas Central et le chant du Boughanime.

    4 – La conservation de cet important patrimoine historique représente un véritable défi. Quels sont les axes d’intervention de la Conservation régionale du patrimoine pour le sauvegarder ?

    Notre stratégie vise à faire connaître le patrimoine culturel de la région à travers des institutions scientifiques et muséales qui mettent en valeur notre identité et notre authenticité. Pour valoriser ce patrimoine et l’intégrer dans un programme de développement durable et bien pensé, il est impératif de commencer par l’inventorier, le répertorier, le recenser, l’étudier et le présenter aux visiteurs. La région dispose d’un patrimoine culturel d’une valeur inestimable qui reste toutefois peu exploité et mis au service du développement local. Il est nécessaire de redresser cette situation. C’est pour cela que nous avons créé la conservation des gravures rupestres à Jbel Rat. Nous allons créer aussi un centre d’interprétation du patrimoine archéologique de Fazaz à Khénifra, sachant qu’un centre d’interprétation du patrimoine culturel est en cours de construction à Ain Asserdoune et qu’un centre d’interprétation du patrimoine minier est déjà construit sur le site de Jbel Aouam dans la province de Khénifra.

    Les derniers articles

  • Industrie: Le programme “Tatwir – Startup” entame sa première étape

    Industrie: Le programme “Tatwir – Startup” entame sa première étape

    Le programme “Tatwir – Startup”, qui vise à développer des projets innovants, industriels et de services à forte valeur ajoutée portés par des startups, a...

  • Milan: Coup d’envoi du sommet climatique “Youth4Climate: Driving Ambition” avec la participation du Maroc

    Milan: Coup d’envoi du sommet climatique “Youth4Climate: Driving Ambition” avec la participation du Maroc

    Le coup d’envoi du sommet climatique “Youth4Climate : Driving Ambition” a été donné, mardi à Milan, avec la participation de 400 jeunes provenant de 197...

  • Maroc-France: Bourita juge Injustifiée la décision de la France de durcir les conditions d’octroi de visas aux Marocains

    Maroc-France: Bourita juge Injustifiée la décision de la France de durcir les conditions d’octroi de visas aux Marocains

    La décision de la France de durcir les conditions d’octroi des visas pour les citoyens marocains est injustifiée et ne reflète pas la réalité de la coopération...

  • Pologne: renfoncement de la destination Maroc par le lancement de nouvelles liaisons aériennes vers Agadir

    Pologne: renfoncement de la destination Maroc par le lancement de nouvelles liaisons aériennes vers Agadir

    28 septembre 2021  à 18:38
  • L’université Hassan II de Casablanca ambitionne de faire du “bachelor” une révolution dans l’enseignement supérieur

    L’université Hassan II de Casablanca ambitionne de faire du “bachelor” une révolution dans l’enseignement supérieur

    28 septembre 2021  à 15:36
  • La Maison de la poésie de Marrakech fête ses cinq ans d’existence

    La Maison de la poésie de Marrakech fête ses cinq ans d’existence

    28 septembre 2021  à 15:35
  • La réforme de l’Administration: Un projet phare sur la table du nouveau gouvernement

    La réforme de l’Administration: Un projet phare sur la table du nouveau gouvernement

    28 septembre 2021  à 15:33
  • Expo 2020 Dubaï: Le Pavillon Maroc annonce les grandes lignes de sa programmation

    Expo 2020 Dubaï: Le Pavillon Maroc annonce les grandes lignes de sa programmation

    28 septembre 2021  à 15:31
  • Majer et Burj Finance rejoignent le réseau international Baker Tilly

    Majer et Burj Finance rejoignent le réseau international Baker Tilly

    28 septembre 2021  à 15:29