Ben Gvir persona non grata en France : le tollé international de la Flottille de la liberté s’amplifie
Paris bannit Itamar Ben Gvir après le scandale des humiliations de la « Flottille pour Gaza ». De retour en Europe, les militants de la « Global Sumud » témoignent de violences et de tortures subies durant leur détention. L’OMS s’alarme parallèlement d’une situation sanitaire « catastrophique » dans une enclave privée de fournitures médicales essentielles.
LA VÉRITÉ
Le gouvernement français a annoncé, samedi 23 mai 2026, l’interdiction de territoire pour le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Cette décision diplomatique survient alors que les 430 militants de la « Flottille pour Gaza », expulsés par Israël, regagnent leurs pays respectifs en dénonçant des violences et des humiliations durant leur détention. Parallèlement, des heurts ont éclaté à l’aéroport de Bilbao lors du retour de militants espagnols, tandis que l’OMS alerte sur une situation sanitaire « catastrophique » dans l’enclave palestinienne.
Paris sanctionne Itamar Ben Gvir
La diplomatie française a franchi une étape symbolique forte ce samedi. Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie, a annoncé sur le réseau social X que le ministre israélien Itamar Ben Gvir est désormais interdit d’accès au territoire français. Cette sanction fait suite à la diffusion d’une vidéo montrant des militants de la flottille « Global Sumud » agenouillés, tête au sol et mains liées, après leur interception en mer par les forces israéliennes.
Le ministre français a qualifié ces agissements d’« inqualifiables » et a dénoncé des intimidations et des brutalités commises par un responsable public à l’encontre de citoyens français et européens. M. Barrot a également exhorté l’Union européenne à prendre des sanctions similaires, rejoignant ainsi la position de son homologue italien. En Israël, cette vidéo a même suscité des critiques au sein du gouvernement, le Premier ministre Benjamin Netanyahu jugeant ce traitement « non conforme aux valeurs » du pays.
Heurts et interpellations lors du retour des militants
Le retour des membres de la flottille, partis de Turquie pour tenter de briser le blocus de Gaza, ne se fait pas sans tensions. À l’aéroport de Bilbao, dans le nord de l’Espagne, la police régionale basque (l’Ertzaintza) a procédé samedi à quatre interpellations pour « rébellion grave » et « agression contre des agents ». Des affrontements ont éclaté lorsque des sympathisants ont tenté d’approcher six militants arrivant de Turquie. Une enquête interne a été ouverte par la police pour vérifier la conformité de l’intervention des agents, alors que des images montrent des policiers faisant usage de matraques.
À l’inverse, à l’aéroport de Barcelone, l’accueil d’une vingtaine de militants s’est déroulé en présence du ministre espagnol de la Culture, Ernest Urtasun. En France, un rassemblement de soutien a réuni plusieurs centaines de personnes place de la République à Paris. L’avocate de la branche française de la flottille a toutefois jugé la sanction contre Itamar Ben Gvir « absolument insuffisante », annonçant le dépôt d’une plainte contre l’État d’Israël pour les exactions commises en détention.
Des récits de violences et de tortures en détention
Les témoignages des militants expulsés vers la Turquie puis rapatriés se multiplient. Plusieurs Français, arrivés à l’aéroport de Roissy vendredi, ont décrit des conditions de détention éprouvantes. Meriem Hadjal, une militante de 38 ans, a rapporté avoir subi des « attouchements » et des violences physiques lors de son transfert vers le port d’Ashdod. D’autres, comme Yasmine Scola, ont dénoncé l’utilisation des menottes pendant 36 heures consécutives, qualifiant ce traitement de « torture ».
Selon les organisateurs, quatre Français sont toujours hospitalisés en Turquie pour des blessures graves, notamment une fracture des cervicales et une perte d’audition due à des coups de matraque. L’administration pénitentiaire israélienne a, de son côté, rejeté ces accusations, les qualifiant de « fausses et dénuées de tout fondement factuel ».
Gaza : un système de santé « décimé »
Pendant que la crise diplomatique s’intensifie, la situation sur le terrain à Gaza reste critique. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté vendredi sur des « pénuries critiques » de matériel médical. Actuellement, seuls 53 % des hôpitaux sont partiellement opérationnels. Israël bloque l’entrée de fournitures essentielles, comme des concentrateurs d’oxygène ou du matériel de laboratoire, en les classant comme des « biens à double usage » (civil et militaire).
Reinhilde Van de Weerdt, représentante de l’OMS, a souligné que sans ces équipements, les patients en état critique mourront et les épidémies ne pourront être détectées. Sur le plan humanitaire, les ONG Oxfam et Save the Children déplorent que le plan de paix adopté en novembre 2025 ne soit pas respecté. Le manque d’assainissement et la malnutrition aiguë touchent une population épuisée par plus de deux ans de conflit, tandis que 600 000 enfants sont privés d’école pour la troisième année consécutive.
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