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Femmes et numérique, deux leviers pour propulser la croissance marocaine

LA VÉRITÉ


Dans son dernier Rapport de suivi de la situation économique au Maroc (été 2026), la Banque mondiale dresse un bilan contrasté : malgré une croissance robuste du PIB de 4,9 % en 2025, la plus forte depuis plus d’une décennie, le Royaume doit surmonter des freins structurels pour libérer tout son potentiel de développement.

Portée par des fondamentaux macroéconomiques solides, marqués par une inflation ramenée à 0,8 %, un déficit public réduit à 3,5 % du PIB et une note souveraine rehaussée en catégorie « Investment Grade » par Standard & Poor’s, l’économie marocaine dispose d’atouts indéniables. Toutefois, l’institution internationale insiste sur la nécessité de transformer cette dynamique quantitative en une performance qualitative et inclusive, articulée autour de deux leviers prioritaires.

L’inclusion des femmes : mobiliser un potentiel inexploité

Le rapport pointe du doigt la sous-utilisation persistante de la main-d’œuvre, dont le taux d’activité global se situe à 22,5 %. La faible participation des femmes au marché du travail est ainsi identifiée comme l’un des principaux obstacles au développement économique national. Pour la Banque mondiale, lever les barrières à l’insertion professionnelle féminine constitue une impérieuse nécessité pour accroître la productivité globale et dynamiser la création de richesse de manière inclusive.

La transformation numérique : accélérer le virage technologique

Dans la continuité de ses analyses sur le tissu productif, l’institution met en lumière le retard pris dans l’adoption des technologies avancées. Alors que les entreprises marocaines ont bien intégré les outils numériques de base, moins d’une structure sur cinq recourt de manière intensive aux technologies de pointe (systèmes de gestion intégrée, solutions CRM ou commerce électronique).

Pourtant, les retombées d’une digitalisation approfondie sont considérables:

Gains de productivité : Jusqu’à 70 % de hausse pour les entreprises les plus sophistiquées. Création d’emplois : Une croissance de l’emploi supérieure de 10 %. Revenus salariaux : Des salaires moyens bonifiés de 27 %.

Selon les estimations de la Banque mondiale, combler ce fossé numérique et aligner le Maroc sur les standards de pays comparables permettrait de rehausser la productivité globale de l’économie de 10 à 15 %. En combinant l’émancipation du capital humain féminin et la modernisation numérique des entreprises, le Royaume se doterait ainsi des clés indispensables pour pérenniser sa trajectoire de croissance et consolider son leadership régional.


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