Banque Islamique de Développement
Le président du groupe de la Banque Islamique de Développement (BID), Bandar Hajjar, a annoncé, mercredi à Tunis, que l’institution financière œuvre à mettre en place un nouveau modèle de développement pour relever les nouveaux défis qui s’imposent.
« Il s’agit d’un modèle de développement pilote en vertu duquel la BID se transformera en une banque de développement et de développeurs », a-t-il précisé à l’ouverture officielle des 43èmes réunions annuelles du Groupe auxquelles le Maroc est représenté par le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaid.
Dans ce sens, il a précisé que les développeurs englobent les secteurs public et privé, les institutions de la société civile, les universités et les centres de recherche, relevant que le gap de financement entre les financements disponibles auprès de la BID et les programmes augmentent.
Il a précisé que les pays membres de la banque ont un besoin annuel d’environ 700 milliards de dollars pour financer les objectifs de développement durable, ajoutant que ce gap s’élargira de plus en plus d’ici 2030, avec une augmentation de la population de 1,7 milliard habitants à 2,2 milliards habitants. Le responsable a déploré le fait que les investissements nécessaires pour financer les projets d’infrastructure et les objectifs de développement durable dans les pays membres dépassent de loin les capacités du groupe de la BID.
Ces projets exigent des partenariats avec les institutions qui disposent de fonds à moyen et à long termes et avec les banques multilatérales et les marchés financiers mondiaux, a-t-il suggéré.
Le président du Groupe de la Banque islamique de développement a par ailleurs relevé que la BID compte organiser, du 9 au 10 mai prochain à Libreville au Gabon, la 4ème édition du Forum annuel des fonds souverains des Etats membres de la Banque islamique de développement (BID).
Al Hajjar a indiqué que ces réunions visent à mettre l’accent sur le rôle du développement de ces fonds souverains dans le renforcement de la croissance des Etats membres. Il a de même souligné que ce forum constituera une occasion pour élargir les projets d’investissement entre les fonds souverains, d’investissements et de retraite, d’une part, et les secteurs public et privé dans les pays membres, d’autre part.
Pour sa part, le Chef du Gouvernement tunisien, Youssef Chahed, a indiqué que la promulgation de la loi Startup Act par la Tunisie est en conformité avec les orientations de la BID qui a lancé un nouveau fonds baptisé « Transform », doté de 500 millions de dollars pour soutenir les initiatives scientifiques, technologiques et d’innovation.
Il a rappelé que les engagements de la BID avec la Tunisie ont atteint, jusqu’à ce jour, 3,2 milliards de dollars couvrant plusieurs domaines à savoir l’énergie, l’eau, l’agriculture, la santé, l’éducation, l’emploi des jeunes et le développement du secteur privé, faisant savoir que la nouvelle stratégie de coopération avec la BID pour la période 2018/2020 sera signée au cours de ces réunions annuelles.
M. Chahed a souligné l’importance de la transition économique en Tunisie après la phase de transition politique, à travers l’adoption d’une série de réformes lancées dans le cadre d’une approche participative et du plan quinquennal de développement 2016/2020. Tout en mettant l’accent sur l’importance de la complémentarité entre les pays membres pour faire face aux défis économiques et créer une dynamique économique et sociale, il a précisé que le volume de la coopération des pays membres de la BID démontre une contribution timide au commerce international qui ne reflète pas les capacités et ressources dont disposent ces pays, appelant à la nécessité de mettre en place un climat d’investissement incitateur.
Les réunions annuelles du Groupe de la BID avaient dé- marré dimanche et se poursuivront jusqu’au jeudi 5 avril courant. Il s’agit notamment, de la 43ème Réunion annuelle du Conseil des Gouverneurs de la BID, de la 25ème Réunion annuelle du Conseil des Gouverneurs de la Société islamique d’assurance des investissements et des crédits à l’exportation (SIACE), de la 11ème Réunion annuelle du Conseil des Gouverneurs du Fonds de solidarité islamique pour le développement (FSID), de la 18ème Assemblée générale de la Société islamique pour le développement du secteur privé (SID), et de la 13ème Assemblée générale de la Société internationale islamique de financement du commerce (SIFC).
Prennent part à ces rencontres, 57 ministres de l’économie et des finances des pays membres et plus de 1000 participants venus de l’étranger et de Tunisie, représentant plusieurs institutions et organismes financiers arabes, régionaux et internationaux, ainsi que des experts de divers secteurs économiques.
L’objectif est d’offrir aux décideurs des pays membres de la BID, un cadre idéal pour se pencher sur les défis qui interpellent leurs économies et les opportunités qui leur sont offertes.
Ainsi, les thèmes abordés portent essentiellement, sur la mise en place d’entreprises stratégiques pour la promotion de l’investissement et l’emploi des jeunes, les mécanismes de partenariat permettant de renforcer la recherche et l’innovation afin d’accroître la valeur ajoutée dans les secteurs productifs, l’examen des moyens d’autonomisation des femmes et du renforcement de leurs capacités, le rôle que le numérique et les nouvelles technologies jouent sur le plan du développement durable.
Depuis sa création, la BID a financé 8195 projets de développement dans divers pays membres, soit environ 125 milliards de dollars américains, portant sur de nombreux secteurs vitaux, en particulier celui des infrastructures.
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