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Transition électrique : Le défi incontournable de l’industrie automobile marocaine selon Bank Al-Maghrib

Dans son rapport 2025, Bank Al-Maghrib appelle à accélérer sa transition vers l'électrique pour préserver la compétitivité de l'industrie automobile

LA VÉRITÉ


Face aux mutations profondes de l’industrie automobile mondiale, dictées par le durcissement des normes écologiques européennes et la concurrence agressive des véhicules chinois, Bank Al-Maghrib (BAM) livre un diagnostic sans appel dans son rapport annuel 2025. Pour préserver sa place de leader africain et garantir sa compétitivité future, le Maroc doit impérativement accélérer sa transition vers l’électrification.

L’industrie automobile marocaine, qui s’est hissée au premier rang des exportations nationales en représentant 33 % du total en 2025 avec un rythme de croissance annuel moyen de 11,8 % sur la dernière décennie, se trouve aujourd’hui à un tournant critique. Les données de la Banque centrale mettent en lumière un essoufflement notable des exportations vers l’Union européenne, principal débouché du Royaume. Alors que la demande européenne s’oriente massivement vers des motorisations propres, les exportations marocaines, encore concentrées à près de 90 % sur les véhicules thermiques, affichent une décélération avec un taux annuel moyen négatif de 1,5 % sur la période 2023-2025.

Naviguer entre exigences environnementales et pressions concurrentielles

Ce repli relatif s’explique par un triple défi géostratégique et réglementaire. D’une part, la mise en œuvre du « Pacte vert pour l’Europe » et la perspective de la neutralité carbone redessinent les règles du jeu, malgré un assouplissement récent des normes d’émission. D’autre part, la déferlante des véhicules à énergie nouvelle (NEV) en provenance de Chine, couplée à la montée du protectionnisme occidental et de mesures telles que les droits compensatoires européens, bouleverse les équilibres traditionnels des chaînes d’approvisionnement.

Face à cette offensive, des pays concurrents ont su pivoter à temps, à l’instar de la Slovénie ou de la Hongrie, dont les performances s’appuient désormais sur les motorisations alternatives. Pour le Maroc, persister dans le tout-thermique risquerait de fragiliser un modèle qui fait la fierté de son économie industrielle.

L’électrification comme levier incontournable de souveraineté

Heureusement, le Royaume n’attend pas passivement. L’analyse de Bank Al-Maghrib souligne que le pays a d’ores et déjà enclenché sa mue en captant des investissements directs étrangers d’envergure dans les segments d’avenir, à l’image de la première gigafactory de batteries électriques à Kénitra et du développement de pôles de recherche et développement (R&D). Ces initiatives s’avèrent cruciales pour porter le taux d’intégration locale et sécuriser une place de choix dans la chaîne de valeur mondiale de la mobilité verte.

En somme, l’injonction de la banque centrale sonne comme une feuille de route claire : en capitalisant sur ses infrastructures portuaires de premier plan comme Tanger Med, sa stabilité institutionnelle et son audace industrielle, le Maroc dispose de tous les atouts pour réussir sa transition électrique. Le futur de l’automobile marocaine se joue dès à présent dans sa capacité à basculer résolument vers le tout-électrique, transformant ainsi les contraintes de la transition énergétique en un formidable tremplin de croissance durable.


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