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Ballon d’Or 2025 : Dembélé sacré, Hakimi secoue le classement

Par Driss El Filali


Le verdict du Ballon d’Or 2025 est tombé et il a confirmé la tendance qui montait depuis plusieurs semaines. Ousmane Dembélé a été sacré meilleur joueur du monde, porté par une saison exceptionnelle avec le Paris Saint-Germain et par une Ligue des Champions où il a multiplié les éclats décisifs. Derrière lui, Lamine Yamal et Vitinha complètent le podium. Le PSG sort grand vainqueur de cette édition, désigné meilleur club de l’année et dominant le classement avec plusieurs joueurs dans le top dix.

Mais le résultat a aussi laissé un goût amer et relancé les débats. Achraf Hakimi, auteur d’une saison irréprochable, n’a terminé qu’à la sixième place. Pour beaucoup d’observateurs, le Marocain méritait mieux, tant sa régularité, son influence et ses performances dans les grands rendez-vous ont marqué l’année. Son classement révèle une fois encore le biais structurel d’un trophée qui privilégie les buteurs et les profils offensifs au détriment des défenseurs, pourtant indispensables aux succès collectifs.

La cérémonie a d’ailleurs montré à quel point les perceptions peuvent peser autant que les statistiques. Le père de Lamine Yamal a dénoncé une « injustice morale », soulignant que le jeune prodige espagnol avait lui aussi de quoi prétendre au trophée. Sur les réseaux sociaux, de nombreux supporters ont exprimé leur surprise de voir Hakimi si loin dans la hiérarchie, alors que son rôle au PSG a été salué par des légendes du football. Ces réactions traduisent une impression persistante : le Ballon d’Or ne couronne pas seulement des performances, il reflète aussi des logiques d’image et de notoriété.

Ce constat rejoint ce qui avait déjà nourri les polémiques avant la cérémonie. L’épisode du mail adressé à un journaliste australien pour mener une campagne de communication payante en faveur de Dembélé, rapidement dénoncé, avait déjà jeté une lumière crue sur les pratiques d’influence autour du trophée. La victoire finale du Français n’a évidemment pas besoin de ces artifices pour être légitimée, mais l’incident rappelle que le Ballon d’Or n’est pas imperméable au lobbying et à la puissance médiatique des clubs.

Et si cette sixième place n’était pas seulement la conséquence des critères sportifs ? Beaucoup s’interrogent sur l’influence que peut avoir, même de manière silencieuse, l’ombre d’une procédure judiciaire toujours en cours en France. Depuis février 2023, Hakimi fait face à une accusation de viol qu’il conteste fermement et pour laquelle la justice n’a pas encore tranché. Le parquet de Nanterre a requis son renvoi devant une cour criminelle, mais la juge d’instruction n’a pas encore décidé. Dans ce climat d’incertitude, l’image du joueur reste scrutée, disséquée, parfois fragilisée. Or, dans un prix comme le Ballon d’Or, où la notoriété, la perception et l’affect comptent autant que les statistiques, cette affaire a sans doute pesé. Hakimi demeure une fierté pour le Maroc et l’Afrique, une référence sportive incontestable, mais son classement rappelle aussi que la carrière d’un footballeur de haut niveau se joue autant sur la pelouse qu’au tribunal médiatique.


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