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Paiements par carte : Bank Al-Maghrib réduit les frais d’interchange

Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence abaissent le plafond des frais d’interchange. Une baisse tarifaire pour booster le paiement électronique

LA VÉRITÉ


Ce vendredi 10 juillet, Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence ont mis fin au suspense en annonçant, d’une seule voix, une baisse significative des frais d’interchange sur les paiements par carte bancaire. À compter du 1er octobre prochain, ce plafond passera de 0,65 % à 0,50 % pour le régime général. Plus surprenant encore, les autorités ont instauré une mesure de faveur pour les transactions publiques et le commerce de proximité, où le plafond sera drastiquement réduit à 0,15 %.

Derrière cette décision technique se cache l’aboutissement d’un immense chantier de restructuration du marché monétique. Il y a encore peu de temps, le Centre monétique interbancaire (CMI) régnait en maître absolu en tant qu’acquéreur unique. Mais c’était sans compter sur la vigilance du Conseil de la concurrence. Dès octobre 2024, le régulateur avait imposé un changement de cap radical, interdisant au CMI de démarcher de nouveaux clients et exigeant la cession de son portefeuille de contrats, une opération qui a dû être bouclée entre janvier et avril 2026. Aujourd’hui, le CMI a changé de visage : il n’est plus qu’une plateforme technique au service d’un marché désormais ouvert à une multitude d’établissements de paiement.

Cette mue s’est faite sous l’œil attentif de Bank Al-Maghrib, qui a guidé les nouveaux acteurs agréés tout en veillant à la sécurité et à la continuité des services durant cette transition périlleuse vers un modèle multi-acquéreurs. Pour les deux institutions, le pari est réussi : l’ouverture du marché a non seulement élargi l’éventail des services proposés, mais elle a surtout permis de réduire les commissions que les commerçants devaient supporter jusqu’ici.

Cette nouvelle baisse des frais, adoptée formellement le 6 juillet dernier, s’inscrit dans la continuité de cette stratégie de libéralisation. En réservant des tarifs préférentiels aux petits commerces et aux services gouvernementaux, le régulateur cherche explicitement à démocratiser le paiement électronique. Bank Al-Maghrib et le Conseil de la concurrence ne comptent d’ailleurs pas s’arrêter là. Ils ont d’ores et déjà prévenu qu’ils maintiendraient une surveillance étroite du marché, avec une ambition claire : faire en sorte que les solutions électroniques deviennent, pour chaque Marocain, non seulement un réflexe sécurisé, mais aussi une option financièrement compétitive.


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