Assilah : La fresque murale, plus qu’une tradition, une signature artistique pérenne
Le Moussem culturel d'Assilah célèbre l'art de la fresque murale en 2026, réunissant des artistes internationaux pour transformer la médina en musée à ciel ouvert

LA VÉRITÉ
La saison estivale 2026 à Assilah confirme une nouvelle fois son ancrage dans le paysage culturel international. Le traditionnel atelier de fresques murales, pilier du Moussem culturel depuis 1978, a investi cette semaine les ruelles de l’ancienne médina, transformant une fois de plus la cité en un musée à ciel ouvert. Une quinzaine d’artistes venus du Maroc, de Syrie, d’Espagne et de Belgique ont relevé le défi de marier modernité picturale et patrimoine architectural.
Un dialogue entre générations et héritage
Cette édition 2026 se distingue par une rencontre symbolique entre les figures historiques du Moussem et une nouvelle génération de plasticiens. Parmi les artistes présents, Abdelkrim Ouazzani, peintre et sculpteur tétouanais, a marqué cet atelier par son retour, célébrant ainsi un long parcours artistique qui sera officiellement mis à l’honneur lors de la session d’automne. Pour l’artiste, la création reste un processus instinctif : loin de tout concept préétabli, il laisse le cadre intime d’Assilah dicter le mouvement et les couleurs de ses œuvres.
La fidélité est également au rendez-vous avec des figures comme le calligraphe syrien Khaled Al-Saaïm. Acteur indissociable du Moussem depuis deux décennies, il a cette année opéré une mue chromatique, délaissant ses bleus habituels pour des tons solaires,rouge, orange, jaune, inspirés de la Tbourida et de l’art équestre marocain, illustrant par sa calligraphie la bravoure du cavalier.
L’ancrage local, au cœur de la création
Au-delà des grands noms, l’édition 2026 met en lumière le vivier local. L’artiste Chouaa El Kharraz Dickens, issue des ateliers pour enfants du Moussem, incarne cette relève. Sa fresque, située dans la célèbre rue Sidi M’Barek, est une immersion sensible dans le quotidien de la cité : le fkih, les artisans et les commerçants deviennent les sujets d’une peinture narrative, ancrée dans la mémoire émotionnelle de l’artiste.
Depuis bientôt cinquante ans, cette tradition des fresques ne se limite pas à une simple embellie urbaine ; elle constitue une véritable politique culturelle qui lie, année après année, la pierre de la médina à la création contemporaine. En pérennisant cet événement, Assilah confirme sa position de carrefour artistique où l’art mural ne sert pas seulement à décorer, mais à raconter l’âme d’une cité ouverte sur le monde.

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